Les mesures prises en matière de pension sont positives, notamment pour les femmes, soulignent le Bureau Fédéral du Plan et le Comité d’Etude sur le Vieillissement (CEV). Daniel Bacquelaine, ministre fédéral des Pensions, a augmenté de manière drastique la pension des femmes.

Une forte augmentation pour la pension des salariées et des indépendantes

Pour rappel, les droits en matière de pension sont calculés de la même façon pour les femmes que pour les hommes.

De 2014 à 2017, la pension moyenne mensuelle des hommes salariés et indépendants a augmenté de 6%. Quant aux salariées et aux indépendantes, elle a augmenté respectivement de 14% et 24,6%.

Un éventuel écart de pension est lié à des facteurs hors genre

Une pension est toujours le résultat de la carrière professionnelle accomplie. S’il existe un écart entre la pension des femmes et celle des hommes, il est la conséquence de différences au niveau de la carrière.

Outre l’écart salarial, on peut faire référence à une série de choix faits par les femmes lors de leur carrière professionnelle. Il peut s’agir de temps partiels, de secteurs moins bien rémunérés, de secteurs sans pension complémentaire, … Ces choix ont une influence directe ou indirecte sur le montant de leur pension.

Le fait que les femmes s’occupent généralement plus de leurs enfants et interrompent leur carrière (à temps partiel) produit cet écart. En effet, le congé parental, le congé pour assistance, les crédits-temps et le congé de maternité (et de paternité) sont assimilés pour la pension.

Périodes assimilées: des proportions presque identiques entre femmes et hommes

La réforme des périodes assimilées concerne uniquement la deuxième période de chômage et les périodes de prépension. Les chiffres de l’ONEM prouvent que, en ce qui concerne les périodes de RCC, la proportion d’hommes est plus importante que la proportion de femmes. Dès lors, cette réforme n’a pas d’influence sur les plus petites pensions. En effet, la carrière des femmes compte proportionnellement plus de périodes assimilées que celles des hommes (37% contre 30%).

Par contre, si l’on regarde les chiffes absolus, la carrière des hommes compte plus d’années assimilées que celle des femmes. Ils ont en moyenne 14 années assimilées contre 11 pour les femmes.

Finalement, un élément se dégage si l’on prend en compte la composition des périodes assimilées et les périodes de chômage et de prépension. Ces périodes concernent 47% des périodes assimilées chez les hommes et 49% chez les femmes. Les proportions sont quasiment identiques.

Suppression et réduction de la cotisation de solidarité

La cotisation de solidarité va diminuer. Pour rappel, il s’agit d’une retenue sociale progressive sur le montant brut total des pensions, des rentes et de certains avantages complémentaires. Elle varie de 0 à 2% selon l’importance du montant brut total et la « qualité » du pensionné (avec charge de famille ou non).

Ensuite, cette mesure vise à relever les seuils mensuels bruts, reprenant la pension légale et la pension complémentaire. Le seuil actuel d’un pensionné isolé est de 2358€ et sera porté à 2594€. Un pensionné avec charge de famille verra son seuil passé de 2726€ à 2999€.

Aujourd’hui, 490.000 personnes paient la cotisation de solidarité. Dès le 1er janvier 2019, 91.187 pensionnés ne devront plus du tout la payer et 100.333 verront leurs cotisations réduites. Seules les pensions plus élevées gardent cette retenue.

Augmentation des pensions minimums

Pour la 5e fois en 5 ans, le Gouvernement augmente les pensions minimums. Les retraités ayant une carrière complète bénéficient, dès janvier 2019, d’une augmentation de 0,7% de leur pension.

Dorénavant, la pension minimum pour carrière complète des salariés et des indépendants s’élèvera à 1.253,95€ brut par mois pour le taux isolé et 1.566,94€ brut par mois pour le taux ménage.

Depuis 2014, le montant des pensions minimums a augmenté de 130€ pour les salariés et de 190€ pour les indépendants. Soit, une augmentation respective de 11,6% et 18,19%.

La réforme des pensions a un impact positif

Le CEV et le Bureau Fédéral du Plan affirment que la réforme des pensions a un effet positif en termes budgétaires et sociales. Leurs rapports prouvent que ces mesures vont diminuer le taux de pauvreté des personnes retraitées.

La réforme permet également de percevoir des pensions en moyenne plus élevée. En outre, elle réduit les inégalités entre hommes et femmes puisque ce sont prioritairement les pensions les plus faibles qui augmenteront le plus fortement. La réforme des pensions poursuit l’effort du Gouvernement de vouloir augmenter le pouvoir d’achat.

Selon le BFP, la pension à point est surtout avantageuse pour les individus dont la carrière est courte et située à un jeune âge. Elle l’est également pour les personnes à carrière longue mais dont la croissance salariale au cours de la carrière aura été faible. Dès lors, les femmes, les peu qualifiés et les allocataires sociaux sont les groupes bénéficiaires de la pension à point.

Enfin, d’autres mesures vont voir le jour. Il est question de moderniser la dimension familiale du système des pensions et d’analyser la possibilité d’un partage des droits de pension. La réforme prévoit également de mieux informer les citoyens des conséquences des choix de carrière via un outil de simulation intégré dans le site mypension.be.

 

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