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Agriculture : versement des primes européennes aux agriculteurs retardé ?

Par 18 septembre 2015 Pas de commentaire

Un nouveau coup dur à attendre pour les agriculteurs wallons

François Bellot (MR) : « Le Gouvernement wallon plongera les agriculteurs wallons dans la dèche s’il ne peut verser les primes européennes aux agriculteurs pour  le 16 octobre »

Nouveau coup dur pour les agriculteurs wallons. La Région wallonne ne serait pas en mesure de verser anticipativement les aides prévues par l’Europe (PAC) pour le 16 octobre prochain ! Or, ces versements des primes européennes sont indispensables à la survie de toute une série d’exploitations agricoles. En effet, la fin de l’année coïncide généralement avec le paiement des fermages et le remboursement des emprunts.

François Bellot, président MR de la Commission agriculture au Parlement wallon s’interroge. Il s’exprime comme suit : « Le Gouvernement wallon a-t-il pris conscience de la mutation profonde qu’engendrerait la mise en œuvre de la nouvelle Politique Agricole Commune ? C’est une question que l’on est légitimement en droit de se poser. Nul besoin de rappeler la crise laitière et porcine qui sévissent actuellement. Les marges extrêmement faibles dégagées par les éleveurs de bovins peuvent aussi être évoquées. Pour la plupart des agriculteurs, le versement de ces primes à temps et à heure est pratiquement une condition de survie. Si les aides anticipatives ne peuvent être mises en place, il est indispensable que le Ministre René Collin prenne ses responsabilités. Ainsi, les paiements seraient honorés le plus rapidement possible voire le 1er décembre au plus tard ».

Paradoxalement, la Belgique a plaidé en faveur, ce lundi au Conseil européen, du versement anticipé des aides PAC. Cela est survenu suite à une concertation entre la Région wallonne, la Région flamande et le Fédéral. Or, comble de l’incohérence, il semblerait que la Région wallonne ne soit pas à même de verser anticipativement ces primes européennes ! A moins que l’Europe ne permette un  allègement dans les vérifications des conditions d’admissibilité.

Pour le MR, les mesures à prendre sans tarder sont :

–    Adjoindre du personnel administratif en suffisance afin de résorber le retard dans la gestion des dossiers PAC

–    Qu’une information précise et détaillée soit rapidement envoyée à chaque exploitant agricole. Celle-ci doit leur détailler les diverses échéances auxquelles ils recevront les primes PAC ainsi que les montants précis. En effet, à l’heure actuelle, des agriculteurs ne savent toujours pas le montant global de la prime qui leur revient… Et comme l’a récemment souligné la banque Crelan, l’impact négatif financier de la nouvelle PAC a été estimé  en moyenne à 11.000€/exploitation.

–    Selon certaines sources, la mise à jour informatique au sein des services administratifs va prendre une semaine… Cette mise à jour aura un impact sur le traitement des dossiers. Cette mise à jour n’aurait-elle pu être anticipée ? Il est essentiel d’accélérer les procédures et de perdre le moins de temps possible…

–    La simplification administrative prônée de longue date par tous les opérateurs du secteur agricole s’est muée en complexification administrative ! Il est indispensable, une fois la crise (car il s’agit bien d’une crise) dans la gestion du versement des aides PAC passée, qu’une réflexion aboutisse à de profondes simplifications. Tant pour les acteurs du secteur que pour le personnel administratif.

Il y va de la survie de tout un secteur

Le MR souligne l’importance de respecter les échéances liées au versement des aides PAC. Il faut également profiter de l’autorisation européenne de verser anticipativement les sommes dues aux agriculteurs. Il y va de la survie de tout un secteur. En effet, les mots sont lourds de sens. Certains exploitants ne pourront honorer leurs traites fin d’année faute de trésorerie si le Gouvernement wallon ne prend pas ses responsabilités !

Gouverner c’est prévoir. La réforme de la PAC, extrêmement complexe, nécessitait des moyens humains et informatiques « extraordinaires ». Enfin, François Bellot conclut : « Nous déplorons la situation extrême dans laquelle se trouve l’administration et les répercussions financières et humaines au sein du monde agricole ».