Ces derniers jours, la taxe d’embarquement et la réaction de Ryanair ont suscité de nombreux commentaires. Notre ligne est pourtant très simple : défendre l’intérêt économique wallon, agir de manière responsable et obtenir des résultats concrets.

Au départ, certains partis au sein du gouvernement fédéral envisageaient de porter uniformément la taxe d’embarquement de 5 à 10 euros par billet à partir de 2027. Une telle mesure aurait lourdement pesé sur l’aéroport de Charleroi, dont l’activité repose très largement sur des vols européens de courte et moyenne distance. Nous avons donc plaidé pour une solution plus équilibrée. Je tiens à saluer le dialogue mené avec le Premier ministre Bart De Wever et le Vice-Premier ministre David Clarinval, qui a permis de revoir la trajectoire : pour les vols internationaux compris entre 500 et 3.500 kilomètres, la taxe, comme initialement envisagée à 10 euros, est limitée à 7 euros.

Il fallait aussi agir au niveau local, face à la volonté de la Ville de Charleroi d’instaurer une taxe supplémentaire. Pour le Gouvernement wallon, cette taxe de « facilité » sur un outil économique majeur était inacceptable. Nous avons donc travaillé sur les deux fronts : casser la dynamique de la « taxe Dermine » et obtenir une correction au niveau fédéral.

Au total, ce sont près de 30 millions d’euros de charge fiscale qui ont été évités pour l’aéroport de Charleroi : 15 millions d’euros au niveau communal et 15 millions d’euros au niveau fédéral. Dans le contexte budgétaire actuel, prétendre que l’on pourrait encore aller beaucoup plus loin serait irréaliste.

Protéger l’aéroport, c’est protéger un outil économique majeur pour la Wallonie, des milliers d’emplois directs et indirects, une connectivité essentielle pour nos entreprises et un levier de développement pour tout un territoire.

Une contribution doit rester proportionnée. Gouverner, ce n’est pas additionner les taxes sans en mesurer les conséquences.

Concernant Ryanair, les choix de la compagnie lui appartiennent. Notre responsabilité est de veiller à ce que les charges pesant sur l’aéroport ne compromettent pas son développement, indépendamment des décisions d’un opérateur. Nous assumons donc les nôtres.

Quant aux leçons données aujourd’hui par certains, elles manquent singulièrement de cohérence. Alors qu’il y a quelques mois encore, le PS voulait imposer une taxe communale supplémentaire de 3 euros par passager à Charleroi ; aujourd’hui, le MR fait réduire la taxe fédérale. Avec le MR, les réductions de taxe, ce n’est pas juste un slogan.

Notre ligne reste claire : défendre l’emploi, préserver nos outils stratégiques et agir avec sérieux. Sur ce dossier, nous avons travaillé avec méthode, sans effets de manche inutiles, mais avec la détermination nécessaire. Nous avons rempli notre part du contrat, c’est à Ryanair désormais de jouer le jeu et de prendre ses responsabilités.

Adrien Dolimont