Sur proposition de Valérie Glatigny, Ministre de l’Enseignement supérieur, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé en deuxième lecture l’avant-projet de décret modifiant le décret du 7 novembre 2013 définissant le paysage de l’enseignement supérieur et l’organisation académique des études (« Décret Paysage »).

« Le système actuel rallonge la durée des études sans pour autant augmenter le nombre de diplômés. De plus, il accentue les inégalités, puisqu’il est difficile, pour les étudiants provenant de familles moins aisées, de financer un nombre d’années plus élevé dans l’enseignement supérieur. Trop d’étudiants passent un nombre élevé d’années dans l’enseignement supérieur sans obtenir un diplôme à la fin de leur parcours. L’absence de balises claires pénalise particulièrement les plus fragiles », souligne d’emblée Valérie Glatigny.

« Or, on connait l’importance d’un diplôme dans l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Des changements étaient donc nécessaires. La réforme adoptée aujourd’hui soutient les étudiants, les accompagne dans leur réussite et vers l’obtention d’un diplôme », ajoute Valérie Glatigny.

Le texte adopté aujourd’hui intègre des adaptations consécutives à l’avis rendu par l’ARES et par des acteurs de terrain, tout en conservant les éléments structurants de la réforme, à savoir :

  1. Mieux structurer le début du parcours des étudiants.

La réforme doit permettre aux étudiants d’acquérir, dès le début de leurs parcours, des bases pédagogiques solides, et de pouvoir remédier à d’éventuelles lacunes.

« Pour pouvoir construire une maison stable, il faut que ses fondations soient solides. C’est pourquoi les étudiants devront dorénavant réussir l’ensemble des 60 premiers crédits d’un cursus avant d’être inscrits en poursuite d’études », souligne Valérie Glatigny.

Dans ces conditions, une attention particulière a été apportée à l’entrée dans les études du supérieur. Voici les différents cas de figure dans lesquels l’étudiant pourrait se trouver à l’issue de sa première année d’études :

  • 60 crédits réussis : l’étudiant réussit son bloc 1 et passe en poursuite d’étude.
  • De 45 à 59 crédits réussis: l’étudiant pourra anticiper des crédits de la poursuite d’études mais il reste inscrit en bloc 1. Il devra inscrire à son programme annuel les crédits non acquis du bloc 1, et pourra y ajouter des crédits de la poursuite d’études pour lesquels il a les prérequis, pour atteindre un programme de maximum 60 crédits au total. Si un étudiant a réussi entre 55 et 59 crédits, il pourra, sur accord du jury, constituer un programme de maximum 65 crédits.
  • De 30 à 44 crédits réussis: l’étudiant reste inscrit en bloc 1. Il devra inscrire à son programme annuel les crédits non acquis du bloc 1. Sur accord du jury, il pourra y ajouter des crédits de la poursuite d’études pour lesquels il a les prérequis, sans que son programme ne dépasse 60 crédits.
  • Moins de 30 crédits réussis : l’étudiant devra inscrire à son programme annuel les crédits non acquis du bloc 1 et devra compléter son programme par des activités de remédiations.
  • L’étudiant devra réussir au moins une unité d’enseignement pour pouvoir se réinscrire dans le même cursus.

Le passage de bachelier en master sera aussi mieux balisé. Ainsi, les étudiants à qui il restera maximum 15 crédits de bachelier à acquérir pourront anticiper des crédits de master pour lesquels ils disposent des prérequis. Ils seront cependant toujours bien inscrits en bachelier, et leur programme ne pourra pas excéder un total de 60 crédits. L’objectif est de les encourager à décrocher un diplôme de bachelier, important pour leur insertion professionnelle, avant d’entamer des crédits de master.

  1. Des conditions de finançabilité (droit de se réinscrire dans un établissement) plus lisibles.

L’étudiant(e) disposera de 5 années pour obtenir son diplôme de bachelier, avec les balises suivantes :

  • 2 années maximum pour réussir les 60 crédits du bloc 1. Le jury pourra décider de permettre à un étudiant de rester finançable s’il réussit 60 crédits et au moins 50 crédits du bloc 1 au terme de ces deux années. Mais les crédits de bloc 1 restants devront impérativement être réussis au terme de sa troisième inscription. Par ailleurs, le jury pourra permettre à un étudiant qui aurait réussi moins de 30 crédits lors de sa première inscription mais au moins 50 crédits au terme de sa deuxième inscription de rester finançable. Les crédits de Bloc 1 restants devront impérativement être réussis au terme de sa troisième inscription.
  • 4 années maximum pour atteindre les 120 premiers crédits.

Les étudiants qui se sont réorientés bénéficieront, au cours du cycle, d’une année supplémentaire, ce qui portera leur total d’années pour réussir un bachelier à 6 ans.

Un étudiant qui se serait réorienté après deux années passées en BAC1 pourra, s’il réussit au moins 50 crédits au terme de sa 3ème inscription, rester finançable. Il devra impérativement réussir les 10 crédits de bloc 1 restant lors de l’inscription suivante – suivant la logique de l’acquisition prioritaire des 60 premiers crédits.

Pour le master, l’étudiant disposera de maximum 2 ans pour réussir 60 crédits, de maximum 4 ans pour réussir 120 crédits, et de maximum 6 ans pour réussir 180 crédits.

Le Gouvernement a aussi voulu prévoir un dispositif supplémentaire permettant aux étudiants de recouvrer leur finançabilité perdue. Ainsi, un étudiant en situation de non-finançabilité pourrait être considéré comme à nouveau finançable pour autant qu’il réussisse l’entièreté des crédits composant son programme annuel – qui devra être composé d’un minimum de 45 crédits.

  1. Renforcer les activités d’aides à la réussite.

« Les aides à la réussite ont un rôle crucial à jouer pour soutenir les étudiants qui se retrouveraient en difficultés. C’est pourquoi les moyens financiers dédiés seront renforcés », déclare Valérie Glatigny.

83 millions d’euros sont déjà alloués annuellement par la Fédération Wallonie-Bruxelles aux établissements pour mettre en place des mécanismes d’aide à la réussite. Ces moyens seront renforcés – 6 millions d’euros du refinancement structurel progressif y seront dorénavant consacrés chaque année.

Par ailleurs, les établissements devront, avant le début de chaque année académique, établir un plan stratégique d’aide à la réussite listant les activités de remédiation qu’ils mettent en place, et les moyens financiers qui y seront alloués. Une attention particulière devra être portée aux étudiants qui éprouvent des difficultés à réussir les 60 premiers crédits de leur Bachelier.

« À l’heure actuelle, les mécanismes d’aide à la réussite sont souvent utilisés par les étudiants qui en ont le moins besoin. Ceux-ci devront dorénavant être dirigés en priorité vers les étudiants qui rencontrent des difficultés, afin de les guider vers la réussite et la diplomation », conclut Valérie Glatigny.

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