Le MR est surpris de découvrir par voie de presse le projet de réforme des pensions de la ministre Karine Lalieux. Pour Georges-Louis Bouchez, cette réforme ressemble à tract du Parti Socialiste. Elle doit être revue.

Georges-Louis Bouchez, président du MR, a découvert dans la presse le projet de réforme des pensions élaboré par la ministre Karine Lalieux. Il y voit donc d’abord un problème de méthode puisque le projet est divulgué au grand public avant même que le Conseil des ministres n’en prenne connaissance. Ce n’est pas très sérieux.

Le MR constate également de nombreux problèmes sur le fond. Tout d’abord, la réforme annoncée ne tient pas compte des tableaux budgétaires élaborés lors de la constitution du gouvernement Vivaldi. La ministre parle d’une injection de 1,2 milliard d’euros, mais lors la formation du gouvernement, un montant de 300 à 400 millions d’euros avait été évoqué. Ensuite, ce projet manque d’ambition et ne permet pas de rencontrer les grands objectifs du MR, à savoir assurer la pérennité de notre système des pensions, le rendre plus soutenable et équitable. Aucune proposition par exemple en matière de convergence des statuts (les différences sont énormes entre les salariés, les indépendants et les fonctionnaires alors que les métiers sont parfois identiques, par exemple dans le cas d’une infirmière) ou en matière de reconnaissance de la pénibilité du travail.

Elément fondamental pour le MR : les balises par rapport au travail effectif pour bénéficier d’une pension minimum ne sont pas suffisantes. Il n’y a pas assez de différence entre les périodes travaillées et les périodes dites assimilées, comme le chômage. Karine Lalieux parle de 10 ans de travail pour pouvoir accéder à son modèle de pension minimum. C’est très insuffisant. Nous, libéraux, nous voulons 20 ans effectifs, c’est un minimum. Car le travail doit être reconnu et récompensé. Le bonus pension doit également être bien davantage lié à des périodes travaillées. La pension ne sert pas à corriger les inégalités engendrées par le marché du travail. C’est d’abord au niveau de l’emploi qu’il faut agir, pour favoriser l’emploi féminin notamment. Les personnes qui ont peu d’années de travail effectives ont bien évidemment droit à une pension digne, mais il faut que celui qui travaille reçoive une pension plus élevée que celui qui n’a pas travaillé.

C’est donc une déception car le MR attendait beaucoup de ce projet, qui est une des réformes structurelles majeures auxquelles le gouvernement d’Alexander De Croo a prévu de s’atteler. Les négociations à venir au sein du gouvernement fédéral devront déboucher sur une modification profonde de cette proposition.

LN24 – Réforme des pensions: “C’est plutôt un tract du Parti Socialiste” (ln24.be)

Le Soir – Georges-Louis Bouchez tacle la réforme des pensions de Karine Lalieux: «On est loin des objectifs»