A l’annonce de la prolongation du congé de Toussaint, le secteur de l’ATL (Accueil Temps Libre) a fait entendre certaines de ses revendications. Cette décision concerne en effet directement les travailleurs.ses de l’ATL, puisqu’ils devront suppléer les enseignants pour accueillir et encadrer les enfants.
L’ATL est un des moyens de réduire les inégalités sociales, mais aussi un enjeu important en termes de vie familiale (équilibre vie familiale/vie professionnelle), de préoccupation des parents (notamment familles monoparentales) et d’égalité hommes-femmes. C’est aussi un des moyens d’accompagnement des enfants vers la citoyenneté, sans discrimination. Il est donc essentiel, pour le MR, de travailler sur un véritable renforcement de la qualité et de l’accessibilité du secteur de l’ATL.

Une réforme de l’ATL est en cours de réflexion depuis plusieurs années au sein de l’ONE et le MR s’en réjouit, mais il souhaite soutenir plus avant cette initiative et le travail du gouvernement, en mettant sur la table quelques pistes/propositions pour enrichir ce débat.

A l’initiative de députés MR en pointe dans ce dossier (Véronique Durenne, Stéphanie Cortisse, Diana Nikolic, Caroline Cassart-Mailleux, Manu Douette et Rachel Sobry), le MR a lancé un Groupe de travail consacré au secteur de l’ATL, afin d’affiner, d’étoffer, de partager sa vision de l’ATL et ce, avec les travailleurs.ses mêmes du secteur qui sont d’ores et déjà invités à participer aux travaux de ce Groupe de travail.

Les propositions

  1. La crise covid et les situations d’urgence rencontrées dans de nombreuses écoles fondamentales ont mis en exergue le besoin de développer/renforcer les pratiques collaboratives entre l’enseignement et l’ATL. A titre d’exemple, la prise en main par le secteur ATL de la période de prolongation des congés d’automne démontre la complémentarité entre les équipes enseignantes et les équipes d’accueillants.tes.
    Une réflexion sur un continuum entre le temps scolaire, le temps extrascolaire, le temps de midi, le temps des vacances et le temps familial est indispensable. Ce besoin de concertation et de continuité est également indispensable tout au long de l’année scolaire, afin d’assurer un encadrement et une prise en charge des enfants de qualité par l’ensemble des acteurs.

Le MR propose de créer des ponts entre les équipes éducatives et les équipes d’accueillants.tes.

Les missions des accueillants.tes extrascolaires doivent être mieux définies afin d’y assurer un angle éducatif.

La question de l’encadrement du temps de midi, par le secteur de l’enseignement (temps scolaire) ou de l’enfance (extrascolaire), mais envisagé comme un vrai moment de qualité pour l’enfant sans en laisser tout le poids aux PO, doit être réglée.

  1. Les initiatives de l’accueil extrascolaire sont portées par des communes, des ASBL, des maisons de quartier, des AMO, des organisations de jeunesse, des structures d’éducation permanente (agréées et/ou subventionnées par la FWB pour les cinq dernières catégories). Les communes ont la particularité de développer un réseau et un maillage avec une équipe d’accueillants.tes venant d’horizons différents. Toutefois, les statuts des accueillantes sont aujourd’hui hétérogènes et une multitude de possibilités existent : emplois APE, recours à du personnel ALE, recours aux contrats associatifs, aux contrats bénévolat, prime à l’embauche de jeunes de moins de 26 ans, etc. Une telle variété de contrats a pour avantage de permettre une plus grande flexibilité pour les pouvoirs locaux, mais entraine également de nombreuses questions et inquiétudes : quid de l’avenir des contrats associatifs ? Que faire lorsque l’accueillant.te a atteint son maximum d’heures de bénévolat ? Les rythmes de travail (tôt le matin, un peu le midi, et plus tard le soir) rendent également difficile le recrutement de main d’œuvre qualifiée et disponible ; il y a par conséquent un turn-over important qui ne permet pas un accueil de qualité des enfants.

Le MR souhaite la mise en place d’un véritable statut pour les accueillants.tes extrascolaires, adapté au secteur, à ses besoins et en inter-réseaux ; ainsi que la mutualisation au sein de 2 ou plusieurs établissements.

  1. Les inégalités sociales tendent à se renforcer durant les moments passés par les enfants hors de l’enceinte scolaire. C’est pourquoi, nous sommes convaincus que des efforts supplémentaires doivent pouvoir non seulement être réalisés pour le développement des écoles des devoirs (EDD) ; celles-ci doivent être démultipliées et couvrir davantage d’entités communales. Leur accès doit également être favorisé.

Le MR propose :

    • D’encourager la mise à disposition de locaux scolaires ou non scolaires mais dédicacés à l’organisation des EDD et/ou de moments de remédiation ;
    • Que les EDD puissent également compter sur une collaboration à définir avec les équipes éducatives afin de favoriser la continuité des apprentissages ;
    • De mobiliser l’ensemble des forces vives et, dès lors, d’envisager l’implication des enseignants stagiaires en cours de formation dans l’organisation des EDD et/ou des moments de remédiation;
    • De mener une réflexion sur les missions des EDD ;
    • De tendre vers une généralisation de ces EDD, suivant une programmation par zones prioritaires, sur base d’un cadastre et d’une évaluation des besoins ;
    • D’envisager un véritable et nécessaire rapprochement entre les EDD et le secteur de l’alphabétisation.
  1. Si l’ATL est aujourd’hui coordonné par les communes, de nombreux acteurs/associations publiques et privés participent à l’offre d’activités extrascolaires. Public et privé doivent collaborer et s’inscrire dans une démarche de complémentarité au bénéfice des enfants. C’est pourquoi, il est important de laisser un espace suffisamment large au secteur privé pour l’organisation d’activités extrascolaires.

Le MR souhaite encourager les partenariats publics-écoles-privés + les infrastructures dédiées à l’ATL doivent être revues, aussi en collaboration avec les Régions et Pouvoirs locaux.

  1. Le MR souhaite améliorer l’accès à l’information pour les familles, via un renforcement de la digitalisation des supports de communication. Dans ce cadre, l’ONE doit être un acteur central de la mise en place d’un outil de communication efficace et facile d’utilisation pour les coordinateurs ATL. La récole d’informations sur l’ATL et l’accès aux données doivent également être rendus plus transparents, afin d’aider les pouvoirs publics et les décideurs politiques dans l’accompagnement de la future réforme de l’ATL.