Le Ministre fédéral des Pensions répond positivement à l’appel de la Fédération nationale des Infirmières de Belgique quant à la reconnaissance de pénibilité de leur profession. Daniel Bacquelaine souhaite même aller plus loin, en se penchant sur les barèmes et l’attractivité du métier.

La Fédération nationale des Infirmières de Belgique a récemment adressé un courrier au ministre des Pensions Daniel Bacquelaine, afin de demander la reconnaissance de la pénibilité du métier infirmier. Cette demande s’articule autour de quatre critères : la pénibilité des circonstances de travail, la pénibilité de l’organisation du travail, la pénibilité en raison des risques élevés de sécurité et la pénibilité émotionnelle ou mentale.

Le Ministre Daniel Bacquelaine leur a répondu qu’il a toujours été en faveur de la reconnaissance de pénibilité pour les métiers d’infirmière, d’infirmier et d’aide-soignant. Le Ministre souligne la légitimité de la demande. Ce dernier ajoute que le Gouvernement souhaite avancer en ce sens.

Le travail continuera à la Chambre

Le Ministre des Pensions rappelle qu’il avait élaboré un projet de loi lors de la dernière législature. Ce texte prévoyait que tous les travailleurs ayant exercé une fonction pénible puissent soit anticiper leur départ à la retraite, soit continuer à travailler. L’avantage de la seconde option réside dans le fait que le travailleur pouvait alors bénéficier d’une pension plus élevée.

Ce projet n’a pas pu aboutir en raison de la chute du Gouvernement fin 2018. Toutefois, le MR a ensuite déposé ce texte à la Chambre, sous forme de proposition de loi. Le Ministre explique ainsi qu’il est possible d’adopter rapidement ce texte à la Chambre pour le secteur public. Daniel Bacquelaine souhaite étendre cette reconnaissance pour des fonctions similaires du secteur privé. Un débat a déjà eu lieu sur la pénibilité dans le secteur privé. Débat qui n’avait, à l’époque, débouché sur aucun accord entre les partenaires sociaux.

Oui mais concrètement ?

Concrètement, le Ministre souhaite qu’une année de carrière dans un métier pénible compte pour plus qu’un an d’expérience. Dès lors, à titre d’exemple, une année d’infirmier.ère compterait pour 1,15 année de carrière.

Un infirmier de 60 ans ayant commencé à travailler à 22 ans se retrouverait, après 38 ans effectifs de carrière, avec 43,7 années de carrière. Le calcul est simple :  38 x 1,15 = 43,7. Deux choix s’offriraient alors à cette personne. Soit elle opte pour la pension anticipée, qui est accessible après 43 années de carrière. Soit elle continue de travailler et recevra un complément de pension, sous forme de bonus de pénibilité mensuel.

Il faut aller plus loin

Daniel Bacquelaine conclut que la reconnaissance de pénibilité ne suffira pas. Le Ministre estime qu’il faudra également travailler sur d’autres enjeux afin de répondre aux revendications légitimes du personnel soignant. Le ministre évoque notamment le dossier des barèmes et de l’attractivité de la fonction.