Jean-Luc Crucke est Ministre wallon du Budget. Il est intervenu ce matin sur les ondes de La Première. M. Crucke a principalement abordé l’état des finances wallonnes. Il s’est également exprimé sur la nécessité pressante d’un Gouvernement fédéral et d’un plan de relance. De plus, il a évoqué la succession de Robert Vertenueil à la tête de la FGTB.

Jean-Luc Crucke, Ministre wallon du Budget, se dit serein pour le budget wallon. Aujourd’hui, par rapport aux besoins connus et aux pertes de recettes, le Gouvernement wallon a acquis 85% du financement. La Wallonie a pour cela été chercher des fonds étrangers. 2 milliards d’euros ont été levés à ce titre. Aujourd’hui, il reste encore 15% à trouver. Le Ministre wallon met toutefois en garde : cet argent ne sera pas facile à trouver. Jean-Luc Crucke aura une réunion avec Elio Di Rupo ce 9 juin pour travailler sur la suite.

Les recettes dont la Wallonie a besoin proviennent donc du marché et d’un appel à l’épargne privée. Jean-Luc Crucke est très clair, il ne veut pas revivre l’expérience de la caisse d’investissement de Wallonie. C’est pourquoi le recours à l’épargne privée ne peut être activé que sur base volontaire ou en coparticipation. Les projets doivent être vertueux en termes d’investissement.

Suite à la question du journaliste, le libéral commente la décision prise par la Flandre de mobiliser l’épargne des citoyens. Il commence par rappeler qu’il était un des premiers à proposer l’idée. La boîte à outils wallonne est prête. Le Gouvernement déterminera quel est le meilleur outil à utiliser. Néanmoins, Jean-Luc Crucke explique que la Flandre propose un taux de 2,5%. Il se félicite, a contrario, d’avoir pu emprunter un milliard d’euros à 0,06%, à rembourser en cinq ans. Le Ministre du Budget rappelle que lorsque qu’on rembourse une dette, c’est l’ensemble des citoyens qui paie ce remboursement. Il souhaite à ce titre rendre des comptes à la population.

En cette période de crise, il y a deux phénomènes économiques. Tout d’abord, une budgétarisation de la crise. Le but est de réinjecter des fonds dans le circuit. Ensuite, il y a une monétarisation. La Banque centrale européenne entre en jeu. Là, il y a une possibilité de créer des espaces qu’on n’avait pas avant. C’est dans ce dernier point que réside la force de l’Union européenne sur le plan économique.

Jean-Luc Crucke ne souhaite pas augmenter les impôts. En effet, lever des impôts casserait aujourd’hui la dynamique de prise de risque des entreprises. Si les entreprises qui prennent des risques réussissent, de nouvelles recettes liées au rebond de l’activité économique seront créées.

M. Crucke demande aux ministres de se réorienter sur l’essentiel dans leur propre budget. Le Ministre du Budget demande en effet de réduire les dépenses ministérielles de 20%. Ce signe est capital, il a donné confiance aux marchés. Dans un second temps, les ministres pourront faire de nouvelles dépenses, qui sont nécessaires. Le libéral rappelle qu’il y a des dépenses immunisées en termes d’emplois et réglementaires.

Le Ministre du Budget explique les trois piliers essentiels du plan de relance Get Up Wallonia. A savoir l’économie, la solidarité sociale et le climat. Ces trois valeurs sont en réalité identiques à celles du Green Deal de la Commission européenne. Le Ministre wallon est fier que la Wallonie ait écrit ce plan avant la sortie du Green Deal. Cela montre, pour lui, une avancée dans la bonne direction.

Un Gouvernement fédéral et un plan de relance le plus rapidement possible

Pour Jean-Luc Crucke, la Belgique doit former un gouvernement et lancer un plan de relance dans les plus brefs délais. Si cela ne se fait pas, notre pays ratera un tournant clef. Le libéral sait que la situation est difficile mais la crise économique presse.

Au niveau du Gouvernement fédéral, que le PS se mette à table avec la N-VA et les partis démocratiques pour avancer, est une bonne chose pour le Ministre wallon. M. Crucke propose de retrouver les deux grandes familles politiques dans le gouvernement : socialistes et libéraux. Ainsi que le plus grand parti de chaque Région : PS et N-VA. L’objectif est d’avancer en prenant des mesures utiles pour la population.

Jean-Luc Crucke pense très amèrement à l’idée d’élections. Il ajoute que celles-ci seraient un échec complet du monde politique.

Réorganisation de la FGTB

Le Ministre libéral ne souhaite pas se mêler du management interne à la FGTB. Il ajoute qu’il ne sait pas si la décision d’écarter Robert Verteneuil est liée à la rencontre avec Georges-Louis Bouchez. Toutefois, il trouve qu’il y a une forme d’intolérance dans cet acte. En cette période de crise, les planètes doivent tenter de s’aligner. Une décision si radicale est, à ses yeux, glaçante.

Le Ministre wallon du Budget souligne néanmoins que lorsqu’il rencontre la FGTB, les discussions se passent généralement bien.