Les mouvements de grève dans l’enseignement traduisent un mécontentement réel, qu’il faut entendre, mais derrière les débats du moment, une question de fond se pose : quelle école voulons-nous pour demain ? Une école à l’arrêt, incapable d’investir à nouveau ? Ou une école qui retrouve les moyens de son ambition ?

Le cap porté par Valérie Glatigny est clair : prendre les décisions nécessaires aujourd’hui pour renforcer durablement notre enseignement demain. Car gouverner, c’est aussi regarder la réalité en face et ne plus cacher la poussière sous le tapis.

Aujourd’hui, la Fédération Wallonie-Bruxelles fait face à une situation budgétaire particulièrement préoccupante. Avec 15 milliards d’euros de dépenses pour 13,5 milliards de recettes, nous devons agir sans reporter le problème sur les générations futures. Concrètement, cela signifie qu’un salaire d’enseignant sur cinq est actuellement financé par de l’emprunt. Pendant ce temps, des centaines de millions d’euros partent dans les banques en remboursement des intérêts sur notre dette plutôt que dans nos écoles.

Dans ce contexte, le Gouvernement a pris ses responsabilités pour retrouver la maitrise de notre déficit. Nous ne faisons pas des économies pour le plaisir. Notre objectif est une école qui soutient mieux ses enseignants, qui accompagne davantage les élèves en difficulté, qui assume l’exigence de la réussite et qui retrouve une vraie capacité de réinvestissement.

Pour ce faire, nous avons examiné une série de pistes d’économies proposées par un comité d’experts économistes indépendants, et avons fait des choix qui préservent nos priorités politiques (qualité des apprentissages des élèves, attractivité du métier). Ainsi, nous avons rejeté certaines pistes, il n’a pas été question de toucher aux salaires des enseignants, de supprimer les DPPR (départ à la pension anticipée), d’augmenter la taille des classes ou de diminuer le nombre d’heures de cours. Les décisions prises visent précisément à préserver l’encadrement des élèves et à lutter contre la pénurie d’enseignants.

Nous soutenons une meilleure attractivité du métier d’enseignant, avec des débuts de carrière plus stables et mieux soutenus. Nous voulons aussi un accompagnement renforcé des élèves, des exigences plus claires en matière d’apprentissage et une volonté assumée de relever le niveau en calcul, lecture et écriture.

Dès 2027, plusieurs investissements concrets sont d’ailleurs prévus :

  • une augmentation salariale de 5% pour les jeunes enseignants désormais formés en 4 ans ;
  • une revalorisation des directions (tension barémique de 25% avec un enseignant) ;
  • un allègement de deux périodes face-classe pour les enseignants dans leur première année d’enseignement ;
  • le même allègement pour les enseignants de 60 ans et plus ;
  • un renforcement de l’accompagnement personnalisé des élèves en primaire et secondaire (25 millions d’euros).

Le décret-programme qui sera adopté dans les prochains jours comporte des mesures d’économies, mais aussi des réinvestissements.

Par ailleurs, contrairement à ce qui est parfois affirmé, il y a bien eu concertations sur le décret-programme. Plusieurs cycles d’échanges avec les syndicats et les fédérations de pouvoirs organisateurs ont permis d’adapter certaines mesures. Un désaccord demeure sur certains points, et c’est le propre du dialogue social. Mais une question reste entière : quelles alternatives crédibles permettraient à la fois de redresser les finances de la Fédération, de préserver la qualité de l’enseignement et de réinvestir dans l’école ?

Défendre l’école, ce n’est pas entretenir des illusions confortables, ou continuer à se mettre la tête dans le sable. C’est avoir le courage de faire des choix quand ils sont nécessaires pour assurer l’avenir de nos jeunes.

Retrouvez le passage de Valérie Glatigny au JT de RTL