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Hongrie : des avancées majeures et un rythme soutenu de réformes sur l’État de droit

29/10/2026
En bref

Une délégation du Parlement européen, représentant sept groupes politiques et conduite par Sophie Wilmès, présidente du groupe de suivi de la démocratie, de l’État de droit et des droits fondamentaux (DRFMG), constitué au sein de la commission LIBE, a achevé ce mercredi une visite de trois jours en Hongrie, dix-huit mois après sa précédente mission, en avril 2025.

Aux côtés de Sophie Wilmès (Renew Europe), la délégation était composée de Michał Wawrykiewicz (PPE), Alessandro Zan (S&D), András László (PfE), Sebastian Tynkkynen (ECR), Tineke Strik (Verts/ALE) et Milan Uhrík (ESN).

Cette visite a permis aux députés européens de constater une transformation profonde du paysage politique et institutionnel hongrois, marquée par un rythme de réformes impressionnant depuis l’entrée en fonction du nouveau gouvernement.

En quelques mois à peine, des avancées particulièrement significatives ont été réalisées pour répondre aux préoccupations de longue date concernant la démocratie, l’État de droit et les droits fondamentaux. La fin du gouvernement par décret dans le cadre de l’état d’urgence, la suppression de l’Office de protection de la souveraineté, d’importantes réformes en matière de justice et de lutte contre la corruption, l’adhésion de la Hongrie au Parquet européen, l’adoption de nouvelles garanties en faveur de l’indépendance des médias ainsi que l’abrogation de plusieurs dispositions discriminatoires de la loi sur la protection de l’enfance visant les personnes LGBTIQ+ figurent parmi les évolutions les plus notables.

Ces progrès commencent également à être reconnus au niveau européen, comme en témoigne la récente décision du Conseil de lever les mesures de conditionnalité budgétaire visant la Hongrie.

Sophie Wilmès salue de ces évolutions : « Le contraste avec notre visite de 2025 est saisissant. L’ampleur et le rythme des réformes engagées en quelques mois seulement sont impressionnants. De nombreuses préoccupations soulevées par le passé ont déjà trouvé une réponse et les premiers résultats concrets sont désormais visibles. Ces avancées doivent et méritent d’être pleinement reconnues. »

Des défis importants subsistent néanmoins, notamment en ce qui concerne l’indépendance de la justice, l’efficacité des enquêtes et des poursuites dans les affaires de corruption à haut niveau, la concentration des médias et les restrictions qui continuent de peser sur les droits des personnes LGBTIQ+. Le processus de réforme est donc loin d’être achevé.

De nouvelles mesures ont d’ores et déjà été annoncées, parmi lesquelles une réforme en profondeur du secteur des médias, destinée à remédier à des problèmes structurels tels que la transparence de leur propriété et la publicité institutionnelle financée par l’État, une réforme de la législation électorale visant à favoriser une démocratie plus pluraliste, ainsi que l’élaboration d’une nouvelle Constitution dans le cadre d’un vaste processus de consultation publique. D’autres réformes seront également nécessaires pour garantir un accès effectif aux procédures d’asile et assurer le respect des normes juridiques européennes.

Il sera essentiel de veiller à ce que ces réformes soient effectivement mises en œuvre, dans le cadre de processus inclusifs et en s’appuyant sur des garanties démocratiques durables.

Au-delà de la situation hongroise, Sophie Wilmès a également souligné les questions plus larges que soulève ce processus : « L’Union européenne s’est dotée d’outils pour réagir lorsque l’État de droit se dégrade. Mais sommes-nous aussi bien équipés pour accompagner les initiatives qui visent à le rétablir ? Reconstruire des institutions démocratiques prend du temps et nécessite parfois des transformations profondes. Nous devons réfléchir à la manière de reconnaître les progrès accomplis, de définir des priorités et de laisser la marge de manœuvre nécessaire aux réformes, sans jamais transiger sur nos principes fondamentaux. Une chose est certaine : la poursuite du dialogue et un suivi attentif resteront indispensables. »

Au-delà des progrès dont témoigne le déblocage des fonds européens, le rapport du Parlement européen au titre de l’article 7 couvre des enjeux plus larges, pour lesquels des avancées sont également attendues : réforme constitutionnelle, législation électorale, droits fondamentaux et égalité, y compris les droits des personnes LGBTIQ+ et des Roms, asile et droits économiques et sociaux.

La délégation va désormais consolider les conclusions de sa mission et en rendre compte à la commission LIBE.

À ce stade, aucune conclusion n’a été tirée quant à l’avenir de la procédure engagée au titre de l’article 7.

Un débat en séance plénière ainsi que l’adoption d’une résolution sur la Hongrie sont prévus lors des prochaines sessions du Parlement européen.