Hôtel de Ville de Bruxelles – 14 juin 2021

 


 

Mesdames et messieurs, chers amis,

Il me revient une lourde tâche, celle de passer derrière deux libéraux convaincus et de ne pas redire la même chose. Cela ne va pas être simple mais je vais relever le défi en soulignant d’abord la présence d’Eva De Bleeker et de Vincent Van Quickenborne, que je salue pour l’amitié qu’ils me font d’être présents. On le sait, Sophie Wilmès et Alexander De Croo sont retenus dans le cadre du sommet de l’OTAN et je voudrais particulièrement et chaleureusement remercier Charles Michel qui nous fait l’immense honneur de sa présence, après un week-end très animé au niveau du G7 et des heures à venir qui ne seront pas nécessairement beaucoup plus calmes.

Quel honneur d’être devant vous, pour vous souhaiter un joyeux anniversaire puisque c’est également votre anniversaire à titre personnel, mais quel honneur surtout d’être à la tête d’une formation politique qui a un tel passé : la plus vieille formation politique d’Europe continentale, qui a donc vu le jour dans cette pièce.

En réfléchissant à la façon dont nous allions présenter les choses aujourd’hui, j’ai tout d’abord relu la Charte de Constitution de notre parti politique, du parti libéral. Cette Charte se trouve d’ailleurs dans mon bureau et j’ai souhaité qu’on l’installe dès mon arrivée au Mouvement Réformateur car elle résume déjà l’ensemble des principes que nous défendons aujourd’hui.

“L’une des premières forces du projet libéral : il correspond intrinsèquement à l’identité des individus. (…)”

“Parce que finalement, l’objectif de la politique, c’est de permettre les conditions du bonheur pour chaque individu”

Je pense que c’est une des premières forces du projet libéral : c’est un projet qui correspond intrinsèquement à l’identité des individus. Si le libéralisme est la seule philosophie politique qui amène plus de bien-être, plus de démocratie, une économie plus forte et des richesses mieux partagées, ainsi qu’un niveau d’éducation plus élevé partout où cette philosophie est appliquée, c’est parce que fondamentalement, il correspond intrinsèquement à ce que c’est l’individu. L’individu par sa singularité, sa volonté de mener sa vie comme il l’entend. L’individu aussi dans sa capacité à se reconnaître en l’autre et à être solidaire avec lui. La différence entre le libéralisme et bon nombre de philosophies politiques est qu’elle ne vous expliquera jamais ce que vous devez faire et ne vous dira jamais ce qu’est le bonheur. Parce que finalement, l’objectif de la politique – c’est peut-être là son essence, que nous oublions trop souvent – c’est de permettre les conditions du bonheur pour chaque individu.

“Le premier outil de la liberté, c’est le savoir, ce sont les compétences. C’est la capacité que l’on a tout au long de la vie de se poser les bonnes questions et d’y apporter les réponses que l’on estime être justes.”

Nous n’avons pas à vous indiquer ce qu’est le bonheur, nous n’avons pas à vous dire les combats que vous devez mener, mais l’Etat doit vous permettre de pouvoir choisir votre vie et également vous donner la liberté de pouvoir en changer. Cela se matérialise et se caractérise par diverses politiques. La plus importante à nos yeux est la politique d’éducation, d’enseignement, de formation  tout au long de la vie. On ne peut pas affirmer qu’un individu est libre si on ne lui donne pas les outils de sa liberté. Le premier outil de la liberté, c’est le savoir, ce sont les compétences. C’est la capacité que l’on a tout au long de la vie de se poser les bonnes questions et d’y apporter les réponses que l’on estime être justes.

“j’aime à le rappeler, nous ne vivons pas dans une démocratie, mais bien dans une démocratie libérale”

Aujourd’hui, beaucoup remettent en cause le progrès technologique. On connaît le débat autour de la 5G, on connaît ce scepticisme à l’égard des vaccins, on voit dans quelle mesure à chaque fois qu’un progrès technologique voit le jour, il est abordé par une part non négligeable de la classe politique comme une menace, comme un risque. Imaginez si nous avions eu cette mentalité, cet état d’esprit durant les décennies qui nous ont précédés ? On aurait pu considérer effectivement que l’invention du chemin de fer allait faire perdre un emploi aux conducteurs de diligence, ou que la création d’un réseau d’eau courante distribuée dans les domiciles des uns et des autres pouvait entraîner des pertes d’emplois pour ceux qui creusaient les puits ou les porteurs d’eau. A chaque fois qu’une évolution technologique a vu le jour, elle n’a pas détruit de l’emploi, elle n’a pas détruit de l’activité : elle a, si elle est encadrée correctement, créé plus de bien-être, plus de richesse, plus d’activité et elle a surtout libéré quelque chose qui est fondamental pour chacun d’entre nous, c’est du temps. Du temps pour réfléchir, pour mener des activités qui ne sont pas contraintes, mais choisies, pour développer la culture, l’économie, votre emploi ou tout autre projet de société. Cela permet à notre monde aujourd’hui – et aux démocraties libérales car, j’aime à le rappeler, nous ne vivons pas dans une démocratie, mais bien dans une démocratie libérale – de pouvoir augmenter le niveau de vie et surtout, le plus important, le niveau de bien-être et de richesse partagée. Pourquoi vous dis-je tout cela ? Pour vous affirmer la première de nos valeurs, qui est la liberté. La liberté d’innover, la liberté de créer, la liberté de pouvoir choisir son existence.

“Pour un libéral les droits fondamentaux ne s’appliquent pas à la carte. Les droits fondamentaux s’appliquent dans leur globalité et l’ensemble du projet doit être appliqué pour l’ensemble des individus.”

Le projet libéral est un projet pour la Belgique. Il est tout aussi moderne que notre Constitution, qui était la plus moderne à l’époque de sa rédaction et qui l’est tout autant aujourd’hui. Mais nous devons résister à plusieurs périls, à plusieurs dangers. Le premier d’entre eux, c’est celui qu’on appelle pudiquement celui des populismes, et que l’on peut également nommer celui des extrémismes, que ce soit les extrémismes de gauche ou l’extrémisme de droite. Souvent, dans le monde médiatique, dans le débat public, il y a dans nos pays une approche différente de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche. Une réponse qui nous est formulée est que l’extrême-gauche serait moins grave car elle n’est pas raciste. Cette réflexion démontre une profonde méconnaissance de ce que sont les droits fondamentaux et surtout démontre à quel point les Libéraux diffèrent des autres. Pour un libéral les droits fondamentaux ne s’appliquent pas à la carte. Les droits fondamentaux s’appliquent dans leur globalité et l’ensemble du projet doit être appliqué pour l’ensemble des individus. A ce titre, considérer que le racisme serait une atteinte plus grave aux droits fondamentaux que n’importe quelle autre consiste à positionner l’égalité au-dessus de tous les autres droits. Pour nous l’égalité est bien sûr fondamentale mais elle va de pair avec le projet libéral. Une fois encore, on ne peut vouloir la liberté pour les individus si on ne leur donne pas les mêmes chances au départ de pouvoir exercer cette liberté. Mais l’égalité n’est pas au-dessus de la liberté d’expression. L’égalité n’est pas au-dessus de la liberté religieuse. L’égalité n’est pas au-dessus de la liberté d’entreprendre. Toutes ces libertés sont essentielles, toutes ces libertés sont fondamentales, et donc lorsque l’extrême-droite remet en cause l’égalité, au nom de certains principes populistes et racistes, nous les combattons avec autant de force que ceux qui veulent remettre en cause la liberté d’expression ou la libre propriété, que ceux qui veulent remettre en cause la capacité de chaque individu de pouvoir choisir sa vie. Le  combat contre les populismes et les extrémismes est notre première priorité et la responsabilité historique et morale des Libéraux. C’est pourquoi aujourd’hui nos adversaires en Belgique sont très bien établis, quel que soit le côté de la frontière linguistique.

“L’Union européenne aujourd’hui est le projet le plus positif, le plus enthousiasmant de l’histoire contemporaine.”

Je l’ai dit, le projet libéral est un projet pour la Belgique, mais les libéraux ont aussi toujours été profondément attachés à l’idéal européen. La présence de Charles Michel en témoigne, ainsi qu’en témoignent nos représentants à travers l’histoire, à commencer par Jean Rey qui fut le premier président de la Commission Européenne telle que nous la connaissons. Cela démontre l’engagement de tous les instants des Libéraux pour l’Union européenne. Pourquoi ? L’Union européenne aujourd’hui est le projet le plus positif, le plus enthousiasmant de l’histoire contemporaine. Il est celui qui permet l’ouverture des frontières, et l’échange entre les peuples, échange intellectuel via Erasmus ou échange économique avec toutes une série de projets comme la monnaie unique. Je voudrais aujourd’hui insister sur la nécessité d’un projet industriel que nous appelons de tous nos vœux. L’Europe a plus que jamais besoin d’un nouveau projet industriel. Le Green Deal atteste de cette volonté. Nous devons pouvoir le concrétiser avec des projets qui nous permettent d’envisager un autre monde. On voit toute une série de progrès technologiques, par exemple en matière de mobilité (voitures autonomes, hyperloop), on voit également des projets en matière d’intelligence artificielle. On voit aussi des projets en matière de protection de l’environnement avec par exemple toute une série de capacités en matière d’énergie renouvelable. L’Union européenne doit être au rendez-vous, la volonté des Libéraux est de pouvoir s’engager pour rendre les projets enthousiasmant, pour une Europe des peuples, une Europe positive et tournée vers l’avenir.

“Pourquoi tournée vers l’avenir ? Parce que plus que jamais, le projet libéral est le projet que les jeunes générations attendent.”

La crise du Covid a montré à quel point la chose à laquelle nous tenions le plus, c’est notre liberté. Nos libertés sont menacées par les populismes mais aussi par toute une série d’autres risques : le risque terroriste, et aujourd’hui l’enjeu sanitaire. Plus que jamais, les Libéraux doivent être les défenseurs, les gardiens de ces libertés et doivent surtout être en capacité de s’adresser à la jeunesse. Une jeunesse qui trop souvent est désabusée, une jeunesse qui est trop souvent fataliste, une jeunesse qui a trop longtemps vécu dans une idée selon laquelle le libéralisme serait la cause de tous les maux alors qu’il est la réponse à de nombreux problèmes. Egbert Lachaert et moi-même avons pris l’initiative d’adresser un courrier à la jeunesse. Il s’agit d’une lettre ouverte à un nouveau-né dans nos entourages respectifs, pour lui expliquer à quel point notre parti est ancien mais aussi à quel point son projet est moderne. C’est fondamental car plus que jamais, nous avons le besoin de remobiliser nos talents, nos forces, au niveau de nos Régions respectives, au niveau de notre pays, au niveau de l’Union européenne. Et nous avons une certitude : c’est que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Cette confiance est le moteur du progrès. Un moteur trop souvent remis en cause alors que la confiance donne envie de profiter cette liberté et d’en jouir utilement.

Aujourd’hui, je vous dis simplement à titre personnel un très joyeux anniversaire. Plus collectivement, je voudrais vous dire ceci. Pour les Libéraux, le plus important est que, au terme de votre existence, vous puissiez vous retourner et vous dire que vous avez fait quelque chose de juste et d’utile de votre vie, pour vous ou pour les autres. Plus que jamais, soyez fiers d’être libéraux, soyez fiers de défendre a seule philosophie politique qui a fonctionné dans l’histoire de l’Humanité !