Face aux interrogations sur une éventuelle réforme du tax shelter, le chef de groupe MR à la Chambre Benoit Piedboeuf appelle à ne pas fragiliser un mécanisme qui génère emplois, recettes fiscales et rayonnement international pour la Belgique.
« Toucher au tax shelter, c’est prendre le risque de fragiliser tout un écosystème économique performant », avertit d’emblée Benoit Piedboeuf, alors que l’on évoque au sein du gouvernement une possible révision du dispositif.
Le Festival de Cannes vient de se terminer et toute la Belgique y a encore rayonné. C’est en grande partie grâce au tax shelter, un outil devenu essentiel pour le cinéma et qui permet à notre pays d’exister sur la scène internationale.
Les chiffres le prouvent : selon une étude Deloitte (2024), le secteur audiovisuel francophone représente à lui seul 4.137 emplois et a généré 579 millions d’euros de production brute en 2022. Il a également contribué à hauteur de 76 millions d’euros en recettes fiscales directes. « Ce mécanisme ne coûte pas à l’État : il rapporte. Et il rapporte massivement », insiste Benoit Piedboeuf.
Le tax shelter constitue aujourd’hui 71% du financement de la production audiovisuelle indépendante en Belgique francophone, avec 93,9 millions d’euros levés en 2022. « Supprimer ou affaiblir ce levier, c’est assécher la principale source de financement du cinéma belge, » souligne-t-il.
Au-delà des montants, l’effet levier est exceptionnel : chaque euro public investi génère 4,4 euros de production et 2,02 euros de valeur ajoutée pour l’économie. « Peu de politiques publiques peuvent se targuer d’un tel rendement. Dans l’audiovisuel, 1 million d’euros investis, ce sont 31 emplois créés, soit presque le double de la moyenne des autres secteurs. »
Le dispositif permet également d’attirer des investissements étrangers. En 2025, les coproductions minoritaires ont généré 230 millions d’euros de dépenses en Belgique, dont 115 millions issus directement de financements étrangers. « Sans le tax shelter, ces montants partiraient ailleurs, vers des pays qui, eux, renforcent leurs dispositifs de soutien », met en garde Benoit Piedboeuf. « Nous sommes ouverts à améliorer le système, notamment pour renforcer la sécurité juridique. Mais remettre en cause son principe serait une erreur stratégique majeure. Au moment des discussions budgétaires qui approchent , il faut se garder de faire de mauvais choix qui casseraient un secteur économique entier. En effet, le tax shelter n’est pas un simple subside, c’est un véritable instrument financier qui soutient toute une économie, tant en Flandre qu’en Wallonie, et génère des recettes pour le budget fédéral. Il attire aussi des capitaux étrangers, notamment via des productions internationales et des plateformes comme Netflix. »
Sans tax shelter, c’est l’ensemble des secteurs de l’audiovisuel et des arts de la scène qui s’effondrent, et celui du jeu vidéo qui repart à zéro. De plus, on l’oublie souvent, mais ce mécanisme a permis une professionnalisation remarquable du secteur, avec des producteurs belges aujourd’hui pleinement reconnus sur la scène internationale.
Pour conclure, le chef de groupe MR appelle à la cohérence : « On ne peut pas vouloir récupérer les recettes fiscales générées par le secteur au niveau fédéral et, dans le même temps, fragiliser l’outil qui les rend possibles. Le tax shelter est un succès belge, reconnu et envié. Préservons-le, renforçons-le, mais ne le détruisons pas », conclut Benoit Piedboeuf.



