En vigueur du 1er novembre au 31 mars, le Plan Grand Froid prend tout son sens cette semaine. Adapté cette année à la situation sanitaire, il permet d’augmenter la capacité d’accueil pour les sans-abris. Mais le MR s’engage aussi pour des solutions à long terme.

Le Plan Grand Froid offre un accueil permanent 7/7 jours et 24/24h aux personnes en situation de grande précarité. Cette année, des moyens conséquents ont été dégagés par les gouvernements régionaux pour permettre aux Relais Sociaux de s’adapter, vu les besoins en termes de personnel ou de matériel de protection sanitaire (gants, masques, blouses…). Les dortoirs sont plus larges pour permettre la distanciation sociale.

En Région bruxelloise, le plan Grand Froid a été renforcé cette semaine. A Etterbeek par exemple, le bourgmestre Vincent De Wolf a mis en place un centre d’hébergement d’urgence, qui s’ajoute au chauffoir de nuit existant, Vincent De Wolf a également fait adopter des mesures spéciales de protection. Toute personne sans-abri présente sur le territoire etterbeekois est ainsi dans l’obligation de trouver refuge au sein du dispositif déployé par la commune afin d’y être protégée. A défaut de respecter cette obligation, les personnes pourront y être emmenées indépendamment de leur consentement, en raison du risque lié aux conditions climatiques actuelles pour leur sécurité et leur santé. Cette ordonnance de police s’applique entre 20h00 et 7h00, jusqu’au 15 février. Des maraudes ont lieu toute la journée, et des employés du service de prévention s’occupent d’indiquer aux personnes sans-abris les possibilités d’accueil de la commune.

Pour le MR, le soutien aux personnes sans-abris ne doit bien sûr pas se limiter à la période hivernale. Nous encourageons le développement de solutions de réinsertion à long terme, comme par exemple « housing first » (mettre d’abord un logement à disposition de la personne sans-abri, avant de commencer l’accompagnement vers la réinsertion sociale) ou les capteurs logement (qui identifient des logements vides pouvant être mis à disposition de personnes sans-abris à un prix avantageux). En Wallonie, le gouvernement dont fait partie le MR prévoit également de renforcer son soutien envers les services d’accueil et services sociaux spécifiques.

Mais en cette période de grand froid, il ne faudrait pas oublier celles et ceux qui ont un toit, mais n’ont pas les moyens de se chauffer. On estime que 21 % des ménages souffriraient de précarité énergétique (chiffres 2016). Les isolés, et particulièrement les femmes seules et âgées de plus de 65 ans ainsi que les familles monoparentales (84,2 % de mères avec enfants), sont particulièrement à risque de précarité énergétique, ainsi que les ménages sans revenus du travail.

Le gasoil de chauffage fait indéniablement partie des postes qui grèvent le budget des ménages. Afin d’aider les familles en difficulté, le gouvernement fédéral a créé un fonds social qui intervient dans le paiement de leur facture de mazout (le Fonds social mazout). Par ailleurs, le Fonds gaz et électricité permet d’octroyer des moyens aux CPAS pour l’accompagnement et l’aide sociale financière en matière d’énergie. Les CPAS peuvent ainsi aider les usagers en difficulté de paiement en apurant les factures en souffrance ou en prenant des mesures dans le cadre d’une politique sociale préventive.

En Wallonie, afin de renforcer l’accès à l’énergie, le gouvernement étudie la possibilité d’instaurer une fourniture de base en gaz et électricité pour les consommateurs résidentiels. Au niveau fédéral, il est question d’une extension du groupe cible du tarif social à tous ceux qui ont droit à l’intervention majorée, conformément à la réglementation européenne. Pour le MR, cette extension ne pourra pas avoir d’impact sur les autres consommateurs (les citoyens et les entreprises). Le MR prône par ailleurs l’installation de compteurs individuels dans tous les types de logement.