Le Mouvement Réformateur entend la colère du personnel soignant. Rappelons l’aide essentielle que ces travailleurs et travailleuses ont fourni au pays durant la crise. Il faut, pour le président du parti Georges-Louis Bouchez, comprendre et répondre à cette colère.

Les discussions sur la réforme de l’organisation du travail de ces professions commencent ce 20 mai. Pour Georges-Louis Bouchez, Maggie De Block devra être très à l’écoute des demandes du personnel. En effet, ces professions devront être revalorisées, mais pas uniquement sur le plan salarial. Le personnel attend en effet que l’on prenne en compte la charge de travail, les horaires et le besoin en personnel.

Sur le plan salarial, en plus des impacts bénéfiques du plan de relance détaillé plus loin, le MR estime que la clé réside dans la répartition des salaires entre catégories. Les salaires sont aujourd’hui conçus dans des accords « médico-mut ». Les mutualités et médecins s’y mettent d’accord sur les prestations. Les infirmières et infirmiers sont absents de ces discussions. Ils doivent absolument être présents dans ces négociations à l’avenir. Cette revalorisation de la profession doit d’ailleurs être actée sans attendre un nouveau Gouvernement.

Concernant l’arrêté royal de réquisition du personnel soignant, il avait été pris dans le contexte du pic épidémique. Les autres partis avaient d’ailleurs donné leur accord. Dans la situation actuelle, cet arrêté n’est plus utile. Le MR demande donc son retrait, ainsi que celui permettant à du personnel non-infirmier d’assurer des soins infirmiers.

Le plan de relance comme cœur de l’accord gouvernemental

Georges-Louis Bouchez n’est pas contre le travail actuel de Paul Magnette et Conner Rousseau. Le président du MR considère qu’ils prennent la température politique. Il faudrait toutefois commencer à négocier concrètement. Pour ce faire, Monsieur Bouchez entend partir d’un noyau de départ. Celui-ci serait constitué des plus grands partis démocratiques du pays. En clair, il faut que le duo PS-N-VA négocie au moins avec le CD&V, le VLD et le MR. Les autres partis peuvent également joindre les discussions s’ils le souhaitent. L’enjeu est de tomber d’accord. Il est logiquement plus difficile d’avoir des vues convergentes à dix qu’à cinq.

Pour le président du MR, le plan de relance du pays sera le cœur de l’accord de gouvernement. Cet accord nécessite une solidarité gouvernementale parce que les mesures à prendre seront difficiles. Elles seront parfois même impopulaires.

Le MR entend bien inscrire trois éléments dans ce plan. Premièrement, un choc fiscal. Celui-ci se matérialiserait sous forme de baisse des impôts sur les petits et moyens revenus. C’est ainsi que le politique relancera l’économie. En effet, plus il y a de personnes qui travaillent, mieux l’Etat se porte. Si l’Etat se porte bien, le Gouvernement peut baisser les impôts, CQFD. Cela crée aussi un cercle vertueux susceptible d’augmenter le taux d’emploi que Georges-Louis Bouchez souhaite remonter à 75%. Ensuite Georges-Louis Bouchez explique qu’il n’est pas favorable à une taxe sur la fortune. Il préfère ne pas surcharger la classe moyenne. Le président du MR avance plus volontiers l’idée de taxes sur les revenus du capital.

Deuxièmement, le MR propose de fondre en un seul support les écochèques, les chèques-repas, les chèques-livres, etc. Leur nouveau nom : chèque Be-cash. Ils permettraient d’ouvrir le spectre des dépenses aux secteurs suivants : horeca, culture, commerces. Ces chèques permettraient dès lors aux citoyens de dépenser et consommer belge.

Troisièmement, le MR doit être le parti du progrès sur le plan technologique. La résolution du problème environnemental doit, en effet, passer par l’investissement dans la technologie. Les voitures autonomes sans propriétaire, par exemple, permettraient de diviser le nombre de voitures en circulation par 3. Ce type de système doit évidemment s’accompagner d’une carte unique pour tous les transports en commun.

Pour le MR, le noyau de départ doit négocier et déposer un plan de relance à la Chambre. Ceux qui le votent monteront au Gouvernement.

Toutes ces discussions doivent se faire sans déstabiliser le Gouvernement actuel. La crise sanitaire n’est pas terminée. Les deux actions doivent donc se faire en parallèle. Les présidents de partis ont jusqu’à fin juin pour aboutir à un plan de relance. Faute de plan, c’est le Roi qui devra reprendra la main.

Même si aucun président de parti n’a la réelle légitimité de former une coalition, passer par la case royale serait cependant un échec de la classe politique, conclut Georges-Louis Bouchez.