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Economie et fiscalité : On met de l’ordre, que la Wallonie le fasse aussi

Ce lundi 21 septembre, le ministre du Budget, Hervé Jamar accorde une interview au journal L’avenir. L’occasion de faire le point sur la situation présente et à venir du budget de l’Etat.

Récemment, André Antoine (CDh) évoquait un manque de loyauté du gouvernement fédéral à l’égard des régions,. Il évoquait notamment des mesures qui affecteraient les finances des entités fédérées. Pour Hervé Jamar, ce raisonnement est incorrect. Le Ministre estime que : « Si on tient ce raisonnement, il n’y avait pas besoin de réclamer une réforme fiscale. Pour rappel, la 6e réforme de l’État a été votée par tout le monde sauf le FDF et la N-VA lors de négociations présidées par Elio Di Rupo. Bref, puisqu’autonomie fiscale on a voulu, que chacun y bosse à son niveau. Et on ne va pas inviter à Val Duchesse Paul Magnette pour voir s’il est d’accord si on abaisse les cotisations patronales. »

Poursuivant son analyse, le ministre du Budget s’étonne des contradictions dans le discours du gouvernement wallon. « Cela fait quand même dix ans qu’en Wallonie on attend une administration fiscale. On ne peut pas en même temps dire que notre tax shift, c’est peanuts et, d’autre part, dire “attention !, ce que vous faites c’est important, on va perdre 300 millions”. Il y a là un paradoxe intellectuel. Je ne remets pas en cause l’intelligence de ceux qui travaillent à l’Institut Vandervelde. Mais il faudrait quand même être conséquent dans la réflexion qui est menée…»

La Wallonie doit remettre de l’ordre

Pour le bourgmestre empêché de Hannut, il est temps que de l’ordre soit remis en Wallonie : « Je n’ai pas envie de dire au gouvernement wallon qu’il n’a qu’à relever les additionnels, j’insiste. Mais il lui appartient plutôt de mettre de l’ordre en Wallonie comme nous essayons de le faire au fédéral. Mais ça, comme les optiques politiques ne sont pas forcément partagées, chacun travaille à sa manière … » a-t-il conclu.

Niveau fédéral, bonne nouvelle : la fameuse enveloppe dite de sécurité, destinée à épurer une grosse partie des arriérés de justice d’un montant de 100 millions d’euros, vient d’être jugée acceptable par l’Institut des comptes nationaux. Les 101,6 millions prévus pour épurer ces arriérés de frais de justice, « dont certains remontent à plusieurs années », devraient être libérés le plus rapidement possible, affirme Hervé Jamar. « Il s’agit de quelque 40 000 factures, essentiellement pour de petits indépendants (des interprètes, experts, traducteur…) mais aussi de grosses factures pour Belgacom, Mobistar ou Base pour les tables d’écoute. L’État doit montrer l’exemple. On paie des intérêts sur ces arriérés, des clauses pénales, etc. Il faut donner des signaux forts au citoyen comme quoi on remet de l’ordre progressivement. Les créanciers auront de moins en moins à se plaindre. »

Enfin, Hervé Jamar a souligné la bonne progression du budget de l’Etat : « Globalement, on devrait tendre vers les objectifs de départ, avec le déficit structurel que l’on s’était assigné de l’ordre de 0,6 % par an, qui devrait être atteint. Il y a un an et demi d’ici, la Belgique se trouvait en procédure de déficit excessif. On nous demande d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2018. Ça, c’est mon job. »