Ce jeudi, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a définitivement adopté trois décrets portés par la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny. Ces textes traduisent une même volonté : apporter des réponses concrètes aux besoins exprimés par les acteurs de terrain de l’enseignement, simplifier le quotidien des équipes éducatives pour davantage se concentrer sur l’accompagnement des élèves, qu’ils soient dans l’enseignement ordinaire ou spécialisé. Ces décrets portent respectivement sur l’enseignement spécialisé, la lutte contre le décrochage scolaire et les exclusions définitives, ainsi que sur plusieurs mesures positives lors de l’ajustement budgétaire 2026.

Adapter davantage l’enseignement spécialisé aux besoins des élèves

Le premier décret apporte une série d’adaptations concrètes attendues par les acteurs de terrain afin de mieux répondre aux besoins des élèves en situation de handicap ou à besoins spécifiques. Il permettra notamment de développer plus facilement l’offre d’enseignement spécialisé dans les zones où elle est insuffisante, afin de réduire les longs trajets que doivent encore effectuer certaines familles pour trouver une place adaptée.

Le texte facilite également la création de nouvelles places, en particulier pour les élèves présentant des troubles du spectre de l’autisme, crée deux nouvelles fonctions paramédicales (orthopédagogue clinicien et aide-soignant) pour renforcer l’accompagnement des élèves, développe les possibilités de classes à visée inclusive (CLAVI) dès l’enseignement maternel et pérennise les classes bilingues français-langue des signes.

Enfin, le décret simplifie de nombreuses procédures administratives, notamment en matière de dérogations, afin de permettre aux équipes éducatives de consacrer davantage de temps à leurs élèves plutôt qu’aux démarches administratives.

Mieux prévenir le décrochage scolaire et limiter les ruptures de parcours

Le deuxième décret améliore la mise en œuvre des réformes adoptées en 2024 en matière de décrochage scolaire et d’exclusions définitives, à la suite des concertations menées avec les acteurs de terrain.

L’objectif est de permettre une intervention plus rapide auprès des élèves en difficulté tout en simplifiant le travail des directions, des enseignants et des centres PMS. Les nouvelles dispositions prévoient notamment un outil unique de gestion des absences, alimenté automatiquement avec le DAccE (dossier d’accompagnement de l’élève) afin d’éviter les doubles encodages, ainsi qu’une détection plus précoce des situations à risque grâce à des données accessibles en temps réel.

Le texte améliore également la procédure d’exclusion définitive en raccourcissant certains délais administratifs et en élargissant les possibilités de réinscription des élèves lorsque toutes les solutions habituelles ont été épuisées (notamment dans un autre réseau d’enseignement), afin de limiter autant que possible les périodes de déscolarisation d’un élève.

Des investissements concrets pour accompagner les écoles et les enseignants

Le troisième décret, adopté dans le cadre de l’ajustement budgétaire 2026, prévoit deux mesures concrètes.

Tout d’abord, plus de 8 millions d’euros seront investis, en 2026, dans de l’équipement numérique pour les écoles, comme pour les élèves. Ainsi, le Gouvernement maintient intégralement le dispositif déjà existant “Mes outils numériques”, qui permet aux familles de bénéficier d’un bon d’achat de 150 euros pour l’acquisition de matériel informatique et soutient les écoles via un fonds de solidarité destiné à renforcer leur équipement numérique.

Enfin, chaque école bénéficiera d’abord d’un montant forfaitaire de 1.000 euros, complété par une part variable calculée en fonction de sa population scolaire.

Cette mesure accompagne directement l’arrivée, dès la rentrée prochaine, des deux périodes hebdomadaires de numérique en première secondaire dans le cadre du cours de FMTTN (Formation manuelle, technique, technologique et numérique).

Par ailleurs, le décret-programme apporte également une réponse à une situation particulière concernant certains enseignants nommés qui effectuent déjà aujourd’hui, sur base volontaire, un dépassement de leur charge horaire, soit 21 périodes au lieu de 20 en secondaire supérieur, pour un salaire supérieur.

À la suite de l’augmentation de la charge à 22 périodes dans le secondaire supérieur, l’application des règles existantes aurait pu conduire certains d’entre eux à subir une légère diminution de leur rémunération.

Le Gouvernement a donc choisi de corriger cette situation. Concrètement, les enseignants concernés actuellement pourront, s’ils le souhaitent, continuer à effectuer une période supplémentaire, soit prester 23 périodes, afin de maintenir leur salaire supérieur actuel. Cette possibilité reste strictement volontaire.