Fort des conclusions du groupe d’experts mandaté en début d’année, le Gouvernement oriente son action autour de deux priorités : lever les obstacles réglementaires et accélérer le déploiement de solutions concrètes sur le terrain. Il franchit ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie visant à accroître l’accès au réseau sur le territoire.
Les demandes de raccordement au réseau électrique se multiplient partout en Wallonie. Dans plusieurs zones, les capacités actuellement disponibles ne permettent plus de répondre immédiatement à l’ensemble des demandes.
Si les gestionnaires de réseaux poursuivent d’importants plans d’investissements pour renforcer les infrastructures, ces chantiers requerront plusieurs années avant de produire pleinement leurs effets. C’est pourquoi le Gouvernement wallon a enclenché, sans tarder, l’ensemble des leviers permettant d’augmenter la capacité d’accueil. Au-delà de l’introduction de contrats de raccordement flexibles, un groupe d’experts a notamment été chargé d’identifier les solutions techniques les plus pertinentes et d’en analyser les conditions de déploiement.
Parmi celles-ci on peut citer :
- le développement de moyens de production locale, éventuellement couplés à des batteries, pour réduire les appels de puissance ;
- la mobilisation de mécanismes de flexibilité commerciale, permettant à des acteurs de marché de moduler leur consommation ou leur production pour contribuer à la gestion des contraintes du réseau, dont certains dispositifs font actuellement l’objet de projets pilotes ;
- le raccordement de tiers au réseau de traction ferroviaire d’Infrabel, lorsque des capacités sont disponibles, ce qui suppose de préciser les conditions techniques, réglementaires et organisationnelles permettant de tels raccordements ;
- des optimisations ciblées du réseau, telles qu’une évolution du niveau de tension sur certains tronçons, qui devront être évaluées au cas par cas avec les gestionnaires de réseaux.
Le recours aux réseaux fermés professionnels, aux lignes directes et aux communautés d’énergie, dont le potentiel reste aujourd’hui partiellement inexploité en raison de contraintes réglementaires ou administratives, fait aussi partie des solutions étudiées par le cabinet. La question du partage contractuel de capacité est également en réflexion. Ce mécanisme permet une mise en commun de capacité lorsque plusieurs utilisateurs présentent des profils de consommation complémentaires. Plutôt que de réserver chacun de la puissance, les grands consommateurs partagent une enveloppe collective, qu’ils se répartissent librement.
Certaines solutions nécessitent des adaptations réglementaires ou tarifaires. D’autres peuvent être mises en œuvre sans attendre, à condition de réunir les différents acteurs concernés autour de solutions adaptées aux réalités locales.
Pleinement mobilisé sur la question, Gouvernement a pris acte de ces conclusions et a enclenché, ce jeudi, une nouvelle phase de travail tournée désormais vers leur mise en œuvre.
Plusieurs évolutions réglementaires seront poursuivies, tel le développement des mécanismes de flexibilité pour lesquels un avant-projet de décret a récemment été adopté en 1ère lecture, ou engagées.
En parallèle, plusieurs postes électriques, en cours de définition, feront l’objet d’un accompagnement spécifique afin de concrétiser les solutions retenues.
Enfin, dans l’idée d’assurer un suivi permanent des travaux et d’accélérer leur mise en œuvre, ces groupes d’utilisateurs seront désormais intégrés à un nouvel espace d’échange : le « Forum de l’Énergie ». Ce Forum structurera la concertation entre acteurs publics et privés autour des enjeux liés à l’accès à la puissance. Une première réunion est prévue en septembre.
Cécile Neven, Ministre de l’Énergie : « Les conclusions des experts démontrent une chose essentielle : il n’existe pas une solution miracle, mais bien une combinaison de leviers qui peuvent, ensemble, libérer de nouvelles capacités sur notre réseau. Certaines réponses sont prêtes à être déployées, d’autres nécessitent encore des adaptations réglementaires. Notre responsabilité est de continuer à lever les freins et de mobiliser tous les outils disponibles. Chaque raccordement que nous parvenons à débloquer, c’est un investissement qui peut se concrétiser, une entreprise qui peut se développer et des emplois qui peuvent être créés, ici, en Wallonie. Les renforcements du réseau restent indispensables et se poursuivent, mais nous devons mobiliser toutes les solutions concrètes pour agir dès aujourd’hui. »




