A l’initiative du Ministre de l’Economie Willy BORSUS, le Gouvernement de Wallonie a adopté son Plan Horizon Proximité qui doit permettre de redynamiser les centres de nos Villes et de nos villages. Un budget de 23 millions a été mobilisé pour ce Plan.

La problématique des cellules vides et du lent déclin commercial des centres-villes touche la Wallonie depuis plusieurs années. On estimait en 2019 que la Wallonie comptait 3.332 commerces de moins que 10 ans auparavant, soit 22.700 points de vente. D’autre part, il y a 7.123 cellules vides. Ainsi, le nombre de cellules vides a augmenté de 13,6% entre 2014 et 2019 dans notre Région. Certaines agglomérations atteignent plus de 20% de vacances commerciales. Des chiffres interpellants compte tenu des 154.000 emplois concernés par ce secteur.

La situation a par ailleurs encore été aggravée par la crise sanitaire qui a incontestablement impacté l’activité commerciale notamment dans les centralités.

Il était donc urgent et nécessaire de prendre des mesures fortes et efficaces.

Pour Willy BORSUS : « L’heure est à l’action. Certains centres-villes souffraient déjà, avant la crise, d’un phénomène d’abandon des commerces. Nous devons réagir dès maintenant. Les commerces de détail, les artisans, ou encore l’horeca, sont en souffrance. De plus, tous ces commerces nous ont terriblement manqué durant les fermetures liées à la crise. Il me paraît dès lors indispensable de relancer de l’activité commerciale dans nos centralités. Par l’ensemble de ces mesures, nous voulons créer un effet d’entraînement et voir de nouveaux commerces s’implanter dans nos Villes, dans nos communes et dans nos villages. »

En lien avec les objectifs du Plan de relance de la Wallonie, le Gouvernement de Wallonie a donc posé les jalons d’un plan répondant aux besoins criants de ce secteur qui propose des mesures solides destinées à redynamiser les centralités et à les rendre à nouveau attractives.

Cette vision est regroupée en cinq axes intrinsèquement liés : l’Economie, l’Aménagement du Territoire, la Formation, le Numérique et le Tourisme.

Economie

Parmi les mesures qui seront mises en œuvre, on citera par exemples :

  • L’appel à projets « Je m’installe, je me développe, je me réinvente ». On connaissait antérieurement le mécanisme CREASHOP. Le nouveau modèle va permettre d’intégrer une nouvelle catégorie composée des candidats qui souhaitent repositionner significativement ou faire évoluer leurs commerces.
  • La checklist relance et le diagnostic résilience : il s’agit, au départ de la SOWALFIN et de son réseau d’opérateurs d’accompagnement, de permettre aux commerçants de bénéficier d’un conseil de qualité face aux enjeux de la reprise, d’être accompagnés dans le changement de leur business model et d’avoir accès à des moyens de trésorerie et de capital complémentaires pour renforcer leur situation financière. Le pack relance prévoira également des outils d’accompagnement pour les commerçants tels que le « diagnostic-relance », permettant au commerçant de challenger son business model face aux nouveaux enjeux de son environnement ainsi que de réaliser un plan d’action concret.
  • Mettre en place un matching de l’offre et de la demande de colocation commerciale : certaines cellules vides peuvent s’avérer trop grandes ou trop coûteuses pour permettre à un commerçant de lancer son affaire. Les frais fixes nécessaires au fonctionnement d’un commerce peuvent représenter un frein important. Une colocation commerciale permet d’atténuer ces charges fixes et variables. Une plateforme permettra de réaliser un matching de l’offre et de la demande en matière de colocation.
  • Favoriser la transmission des commerces existants : il est capital d’anticiper suffisamment tôt le processus de transmission. Il est proposé à cet effet de s’appuyer sur le dispositif de la SOWALFIN et de sa filiale dédiée à la transmission, la SOWACCESS et plus particulièrement sur les « Agents de Stimulation à la transmission d’entreprise » (ASTE) dont l’objectif est de sensibiliser et orienter les entrepreneurs dans le cadre de la remise de leurs activités, en accordant une attention particulière aux commerces de proximité mais également sur les structures locales d’accompagnement (Opérateurs d’accompagnement économique, gestions Centre-Ville, échevinats du Commerce, Associations de commerçants, …) afin de proposer une information de première ligne auprès de son public commerçant. La plateforme « Affaires à suivre » de la SOWALFIN (SOWACCESS) dédiée exclusivement à l’achat et à la vente de petites entreprises sera également mise en lumière afin de permettre spécifiquement de mettre en relation les commerçants désirant vendre leur commerce et les acheteurs intéressés.

Numérique

Ce plan compte également sur le développement et le déploiement du numérique comme levier de la redynamisation des centralités. La crise l’a démontré, le recours à l’e-commerce a permis à de nombreux commerçants de maintenir leur chiffre d’affaires malgré la pandémie.

On citera notamment les actions :

  • Développer et déployer un diagnostic des besoins, une stratégie digitale et les outils nécessaires pour une transition numérique efficiente : l’objectif de la mesure sera d’accompagner dans leur relance, et plus particulièrement au niveau de leur évolution numérique, les commerçants en les accompagnant et finançant pour le diagnostic de leurs besoins, la conception de leur stratégie digitale et le développement ou l’amélioration de sites web ou de boutiques de vente en ligne, y compris leur sécurisation (cybersécurité).
  • Digital Commerce : des webinaires au bénéfice des commerçants, axés autour de différentes thématiques : la visibilité web et l’usage professionnel des réseaux sociaux, l’e-commerce, le site web, mais également d’autres thématiques qui rencontreront les besoins des commerçants.
  • Smart Commerce : les commerçants doivent plus que jamais offrir un « parcours fluide » aux clients qui se déplacent en centre-ville pour pouvoir concurrencer l’e-commerce. L’enjeu du projet « Smart Commerce » est d’aider les Villes et Communes à utiliser les données dont elles disposent et à recourir à des outils mutualisés que seul un pouvoir public peut initier pour créer ce parcours fluide jusqu’aux commerçants de proximité. Il faut aider les communes à créer un territoire « commerce friendly ». Le projet 2021 prévoit une phase-pilote avec 6 communes. Le projet sera ensuite développé de façon plus large par l’intégration de davantage de communes, tenant compte de l’expérience acquise lors de la phase pilote.
  • Initiatives en e-commerce et logistique associée : le consommateur actuel est à la recherche d’une expérience personnalisée innovante qui tienne compte de tendances et évolutions technologiques diverses mais qui intègre également et surtout de l’agilité dans l’expédition pour optimiser les livraisons. Un appel à projets sera lancé afin d’encourager et favoriser le développement de projets alliant les aspects de commerce en ligne et prise en compte d’aspects logistiques dans l’objectif de proposer aux clients une nouvelle expérience « phygitale ». Les circuits-courts, au travers des produits locaux, ne font pas exception à cet intérêt marqué des consommateurs. Un focus particulier leur sera accordé. De plus, les initiatives collaboratrices portées par des associations commerçantes ou impliquant fortement celles-ci seront privilégiées.
  • Mettre en lumière les tiers-lieux susceptibles de drainer des publics différents (fablabs, espaces de coworking, …) : les tiers-lieux sont des espaces ouverts et hybrides (entre le domicile et le travail) ayant pour principale vocation de faciliter la rencontre entre différents acteurs. Ce phénomène est en pleine croissance. Ces espaces permettent de repenser et relocaliser la création d’activités au sein des territoires. En créant de la valeur économique, sociale, éducative…, de quelque nature que ce soit, ces espaces offrent une réponse à la désertification des villes, à la transition numérique et écologique, à la recherche de nouvelles façons de travailler.

Formation

La redynamisation des centralités et des commerces passera également par le développement des compétences et la formation des commerçants. C’est pourquoi le Gouvernement a choisi de travailler également sur cet axe en adoptant les mesures suivantes :

  • Renforcer l’offre de formations adaptées aux besoins des acteurs du commerce de proximité : un plan de formation actualisé et connecté aux autres mesures du Plan Horizon Proximité sera défini en 2021 par l’IFAPME, le Forem et le réseau des Centres de Compétence, en collaboration avec l’Agence du Numérique et les représentants du commerce de détail. Ce plan visera la formation continue des commerçants et des travailleurs du secteur du commerce de proximité et également, la formation qualifiante des jeunes et des adultes aux métiers du commerce.
  • Une nouvelle offre de formation visant à soutenir l’action des relais locaux et des communes dans le déploiement du commerce tant dans les grandes villes que dans les zones rurales sera proposée.
  • Soutenir l’artisanat via la formation en alternance et le transfert du savoir-faire dans le cadre d’un projet commercial de proximité. A ce jour, plus de 1100 artisans ont obtenu cette reconnaissance légale auprès la Commission Artisans du SPF Economie. L’objectif est de pérenniser et d’amplifier le dispositif « artisan » mit en place par l’IFAPME en soutien aux activités artisanales de proximité et à leur commercialisation. Il s’agit entre autres d’accentuer la démarche artisan-commerçant et d’intégrer les nouvelles formes de circuits courts de distribution.
  • Déployer les compétences entrepreneuriales des personnes qui souhaitent créer ou relancer un commerce de proximité :  il s’agit de déployer un parcours progressif, modulaire et séquentiel pour acquérir les compétences indispensables à tout futur entrepreneur, depuis la conception du Business Model jusqu’au lancement de l’activité ou jusqu’à la reprise d’activité. Ce parcours sera proposé aux candidats chef d’entreprise, en articulation avec les opérateurs de l’animation économique.

Aménagement du territoire

Notons également qu’en matière d’Aménagement du Territoire, la stratégie profitera à l’attractivité des centralités. Le Plan Horizon Proximité prévoit de faciliter la reconquête des centres-villes au travers de ce levier. Citons notamment :

  • Intégrer les pratiques de réhabilitation des friches dans un aménagement repensé des centralités et de leur territoire : dans le cadre du Plan de relance de la Wallonie, un appel à projets sera lancé, soutenant la reconquête de 12 centralités permettant de redonner vie, sur base d’un programme multifonctionnel, à autant de sites délaissés et biens situés dans ou à proximité immédiate des centres denses de polarités urbaines et rurales. Ce programme permettra la reconquête d’une cinquantaine d’hectares, portant sur 2.000 logements et 50.000 m² de fonctions autres (environnementales, sociales, économiques et commerciales). Trois projets de reconquête des centralités seront accompagnés dans chacune des quatre catégories de communes suivantes : plus de 50.000 habitants ; entre 30.000 et 49.999 habitants ; entre 15.000 et 29.999 habitants ; 14.999 habitants et moins.
  • Fixer une stratégie de développement communale : la mise en place d’une stratégie de développement permet de fixer des objectifs territoriaux tout en assurant un développement durable visant à renforcer les centralités urbaines et rurales. Les villes et communes seront encouragées à élaborer des schémas de développement communaux (SDC) incluant un volet « commerces ». L’objectif est de disposer d’un seul document indicatif de référence sur l’ensemble du territoire communal. En effet, le SDC a l’avantage, outre son subventionnement, d’avoir une vision plus transversale en regroupant les différentes thématiques et contribue ainsi à simplifier les documents stratégiques à l’échelle communale. Une révision des législations (décret sur les implantations commerciales, et CoDT) sera étudiée afin de permettre la fusion des 2 outils communaux. Aujourd’hui une subvention est octroyée à concurrence de maximum soixante pour cent du montant des honoraires pour l’élaboration ou la révision totale d’un SDC. Il sera proposé, de remonter ce plafond à 75 % du montant des honoraires avec un maximum de 75.000€.
  • Assurer une meilleure coordination et une vision à l’échelle régionale dans le cadre de l’implantation ou l’extension de surfaces commerciales d’une surface commerciale nette supérieure ou égale à 1.500m² : afin d’avoir une vision commerciale plus cohérente à l’échelle régionale, il est proposé, lors des demandes de permis pour tout projet d’implantation commerciale dont la surface commerciale nette est supérieure ou égale à 1.500m², que l’autorité compétente soit régionale. Complémentairement, afin d’accompagner ces projets commerciaux (SCN est supérieure ou égale à 1.500m²) en amont du dépôt de permis, il sera également proposé de prévoir une réunion de projet obligatoire (organisée par l’autorité compétente). Le décret sur les implantations commerciales sera évalué afin d’examiner, notamment, l’opportunité de fusionner le dispositif du permis d’implantation commerciale avec celui du permis d’urbanisme/permis unique.

Tourisme

Enfin, la redynamisation des centralités ne peut s’envisager sans intégrer l’aspect touristique. Pour cette raison, un axe combinant le tourisme et le commerce est proposé dans le Plan.

Pour la Ministre du Tourisme, Valérie DE BUE : « Le Plan Horizon Proximité propose de combiner tourisme et commerce.  Pour cela, il faudra bâtir des ponts, dans une logique de projets intégrés afin de créer une dynamique locale multicanale. En combinant différentes compétences (tourisme, commerces de proximité, culture et patrimoine) et en créant des synergies au sein du Plan de Relance de la Wallonie, la mise en place de cet axe permettra la revitalisation des centres-villes pour les rendre plus attractifs. Le Tourisme doit jouer son rôle moteur de l’économie. Tant les touristes que les citoyens et l’économie locale bénéficieront de cette logique d’intégration. »

Pour rappel, le Plan Horizon Proximité a connu ses prémices en février dernier avec les Jeudis du commerce aux cours desquels le Ministre a invité les organismes publics, les organisations intersectorielles et les représentants des 262 Villes et Communes wallonnes à une série de consultations permettant de mettre en place un plan ambitieux, innovant et efficient.

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