Marcela Gori est vice-présidente du Foyer Anderlechtois depuis juin 2025. Elle est la première a avoir dénoncé publiquement des dysfonctionnements qu’elle estime graves au sein de la société de logement social. Ses signalements et ses prises de position ont largement contribué à mettre en lumière des pratiques aujourd’hui visées par plusieurs enquêtes, faisant d’elle l’une des principales lanceuses d’alerte dans ce dossier.
Que révèle selon vous l’affaire du Foyer Anderlechtois ?
Cette affaire révèle avant tout un grave problème de gouvernance. Les révélations successives, les témoignages, les enquêtes administratives et judiciaires montrent qu’il ne s’agit pas d’un simple incident ou d’une erreur ponctuelle. C’est toute une culture de gestion qui est aujourd’hui remise en question. Lorsqu’un organisme public gère des milliers de demandes de logements sociaux, la moindre suspicion d’intervention politique est inacceptable. Les citoyens doivent pouvoir être certains que chacun est traité de manière égale, sans passe-droit ni favoritisme.
Qu’avez-vous personnellement dénoncé ces derniers mois ?
Depuis plusieurs mois, j’alerte sur des dysfonctionnements importants au sein du Foyer Anderlechtois. J’ai dénoncé des interventions de son Président (Lofti Mostefa (PS) qui ne me semblaient pas compatibles avec une gestion saine et transparente d’une société de logement social. J’ai également dénoncé un manque de transparence vis-à-vis du Conseil d’Administration et des difficultés à exercer correctement notre mission de contrôle. Aujourd’hui, les faits révélés publiquement montrent que ces inquiétudes n’étaient malheureusement pas infondées. Je regrette que certains aient préféré minimiser les problèmes plutôt que de les affronter.
Il y a quelques jours, le journal 7sur7 a parlé de « système maffieux ». Je peux vous dire que depuis des mois je subis des intimidations, des menaces et des attaques personnelles à mon encontre.
Que doit-il se passer maintenant ?
La priorité est que toute la vérité soit établie. Les enquêtes doivent pouvoir se dérouler sereinement et sans aucune pression. Je suis avocate, je sais que ça prend du temps, qu’il y a la présomption d’innocence et que les jugements ne doivent pas se faire sur les médias sociaux. Mais il y a aussi une exigence politique. Lorsqu’une institution est à ce point fragilisée par les soupçons, ses dirigeants doivent prendre leurs responsabilités. L’intérêt de l’institution doit passer avant les intérêts individuels, raison pour laquelle, nous demandons au président du foyer de faire un pas de côté, le temps de l’enquête. Il faut restaurer la confiance des locataires, des candidats locataires et du personnel. Cela passera par davantage de transparence, des contrôles renforcés et une gouvernance profondément renouvelée. Ceux qui gèrent un patrimoine public ont un devoir d’exemplarité absolue. Le logement social n’appartient ni à un parti ni à un élu. Il appartient aux citoyens.



