La santé mentale n’a pas été suffisamment été prise en compte dans la gestion de la crise sanitaire. Une prise en charge globale de la santé, tant physique que mentale, est pourtant indispensable. Le MR souhaite que cette problématique devienne une cause nationale avec une attention pour les jeunes, les indépendants et les familles plus précaires, particulièrement touchés par la crise.

La 3e vague pourrait être psychologique

Jeudi soir, le MR consacrait un Facebook Live à la santé mentale, grande oubliée de la lutte contre la pandémie. Le président du MR Georges-Louis Bouchez a d’abord rappelé que la 3e vague pourrait être psychologique. Il importe donc d’anticiper, et de tenir compte du mal-être des jeunes, qui n’adhèrent plus aux mesures et pour lesquels la bulle sociale d’une personne n’est pas adaptée, des familles, alors que la violence intrafamiliale a touché une famille sur trois pendant le confinement, et des indépendants, dont l’activité professionnelle est d’abord et avant tout un projet de vie.

Durant la précédente législature, le Gouvernement Michel avait déjà décidé de mieux rembourser les consultations de psychologie (dans un premier temps, remboursement de 8 séances pour les 18-65 ans /depuis 2020, extension de ce remboursement pour les moins de 18 ans et les plus de 65 ans, sur prescription d’un médecin généraliste ou d’un psychiatre). Par ailleurs le gouvernement a reconnu les professions des soins de santé mentale : la psychothérapie est désormais définie comme étant une forme de traitement réservée aux psychologues cliniciens, aux orthopédagogues cliniciens et médecins, ce qui garantit la qualité de la thérapie.

Quant au gouvernement fédéral actuel, il a prévu de dégager chaque année et de manière structurelle 200 millions € supplémentaires en faveur de la santé mentale. L’engagement de 1.500 professionnels supplémentaires est prévu pour augmenter l’offre de psychologues de 1ère ligne. Cette augmentation peut à court terme fournir une réponse aux médecins généralistes qui dénoncent depuis longtemps la saturation des débouchés en matière de santé mentale.

En cours de soirée, Manu Henrard, coach pour chefs d’entreprises, a expliqué que beaucoup d’indépendants ne déclaraient pas spontanément leurs problèmes de santé mentale. Ils sont préoccupés par l’urgence : payer les salaires, faire face à leurs charges. Ils n’osent pas se plaindre, alors qu’on ne peut pas séparer performance et équilibre psychique. Pour ce coach, il faut distinguer la force de l’intention et la force de l’attention. C’est-à-dire d’une part clarifier ce qui est important pour eux aujourd’hui et d’autre part ne pas se laisser distraire par ce sur quoi ils n’ont pas d’impact.

Catherine De Geynst, psychologue systémique spécialisée dans la jeunesse, a expliqué que les jeunes vivaient des difficultés particulières car ils sont dans un moment de transition, qui doit leur permettre d’acquérir leur propre identité tout en prenant de l’autonomie par rapport à leur famille. Or, les mesures sanitaires les contraignent dans le milieu familial et les privent de moments partagés entre amis.

Stéphane Ronlez, coach en parentalité, souligne l’explosion du nombre de burn-out parental. En temps normal, les parents parviennent à trouver un équilibre entre la joie d’être parent et les préoccupations que cela suscite. Mais aujourd’hui la balance est déséquilibrée.  Les sources de stress explosent alors que les loisirs, les possibilités de confier ses enfants à ses parents ou les activités extra-scolaires se raréfient. Cela renforce l’épuisement parental.

Reconnaître ses difficultés

De manière générale, ces experts soulignent que reconnaître ses difficultés est déjà un premier pas. Le site www.trouvezdusoutien.be regroupe les institutions utiles et les psychologues indépendants remboursés sur prescription médicale. Il ne faut pas avoir peur de parler de ses difficultés à ses proches ou d’appeler les lignes d’écoute 107 et 103. Tous estiment également que pour susciter l’adhésion aux mesures, il faut responsabiliser la population et travailler sur la communication proactivement.

Pour le député bruxellois David Weytsman, l’ensemble des mesures sanitaires doivent être évaluées à l’aune de la santé mentale. Le MR souhaite également porter des propositions à tous les niveaux de pouvoir. Aux côtés de David Weytsman, les députées Diana Nikolic (Fédération Wallonie-Bruxelles) et Caroline Taquin (parlement fédéral) incarneront ce combat. Cette préoccupation est bien sûr sociale, mais également économique car les problèmes de santé mentale freinent le potentiel de croissance de notre économie (burn out, soins de santé…). Enfin, pour le MR, le lien social est un pilier de l’épanouissement de l’individu.

Découvrez nos propositions : www.mr.be/santementale