Chaque semaine, un nouvel invité prend place dans la Tijdcapsule et nous parle de son passé, de son présent, de son futur et de l’éternel. Cette semaine, le président du Mouvement Réformateur Georges-Louis Bouchez a été le premier homme politique à paraître dans cette nouvelle série du journal De Tijd.

Mardi 20 avril 2021

Chaque semaine, un nouvel invité prend place dans la Tijdcapsule et nous parle de son passé, de son présent, de son futur et de l’éternel. Aujourd’hui, le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, nous parle de son passé.

Quel est votre premier souvenir?

“Assez ironiquement, cela a trait à l’alcool. Mes parents avaient invité des amis à la maison. Lorsque ces gens sont partis, j’ai grimpé sur la table et ai bu tous les fonds de verres de vin. Je devais être à cet instant sur une autre planète. Peut-être que le fait que je ne boive pas d’alcool vient de là.

Que vouliez-vous devenir quand vous étiez enfant ?

“Pilote de formule 1 ou Premier Ministre. J’ai su dès le plus âge ce que je voulais faire. C’est un cadeau car de cette manière j’ai pu adapter en conséquences les choix importants que j’ai fait dans ma vie. Quand précisément est-ce que j’ai été mordu par le virus de la politique ? Mes parents, bien qu’ils ne s’y intéressaient pas vraiment, regardaient chaque dimanche soir l’émission « 7 sur 7 » sur TF1. Dès mon plus âge, je regardais avec eux, sans réellement comprendre de quoi il s’agissait. La première campagne électorale que j’ai suivie de manière intense, c’était celle de Jacques Chirac en 1995. »

Si vous pouviez effacer un moment, lequel serait-il et qu’est-ce que vous feriez autrement ?

Lorsque j’étais en troisième année secondaire, j’ai dit quelque chose de très méchant et blessant à une fille qui s’intéressait à moi. J’espère qu’elle ne l’a jamais pris au sérieux. Mais je m’en veux énormément. J’aimerais vraiment la revoir pour lui présenter mes excuses.

Si vous pouviez revivre un moment inoubliable, quel serait-il ?

Le Grand Prix de Belgique 1997. Les tickets pour la formule 1 sont très chers mais mon papa avait quand même réussi à acheter deux tickets pour lui et moi. Nous avions analysé tout le circuit et nous savions exactement à quel endroit nous pourrions être positionnés pour avoir la meilleure vue possible. Afin d’être les premiers à entrer dans l’enceinte, nous avions attendus toute la nuit devant l’entrée. A 5 heures du matin, les portes se sont ouvertes. Je me souviens de mon papa assis sur une chaise de camping et moi sur le frigobox. J’avais aussi une casquette de mon coureur préféré, Jacques Villeneuve. Une de couleur bleue, car leur sponsor à l’époque était encore la marque de cigarette Rothmans. Cette casquette est tombée sur le sol et il y avait un peu de terre dessus. Je n’ai jamais laissé personne laver cette casquette, c’était pour moi une petite partie du circuit que je pouvais reprendre à la maison. »

Quand est-ce que vous avez eu pour la dernière fois la gorge serrée ?

Pendant les négociations qui ont porté sur les derniers durcissements des mesures corona. Je suis fils d’indépendants et ça a été très difficile pour moi. Quand des mesures qui ne vous paraissent pas parfaites sont prises, c’est difficile. »

 

Mercredi 21 avril 2021

Chaque semaine, un nouvel invité prend place dans la Tijdcapsule et nous parle de son passé, de son présent, de son futur et de l’éternel. Aujourd’hui, le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, nous parle du présent.

A quel moment de la journée êtes-vous le moins agréable ? Ca se manifeste comment ?

“Le matin. Et ça se voit sur mon visage. En temps normal, je ris beaucoup, mais le matin je suis plus sec et un peu plus franc que d’habitude. Je suis un véritable oiseau de nuit. Le soir et la nuit, que ce soit dans les cafés, les restaurants et les boites de nuit, je suis beaucoup plus agréable. »

Qu’est ce qui, en dépit de votre expérience, vous rend encore nerveux ?

« Les arguments irréfléchis et irrationnels. À Noël, nous n’avons pas agrandi la bulle de 1 personne parce que « nous savions déjà que les gens n’allaient pas respecter les règles. » Ca m’a rendu fou. Je ne voudrais jamais mettre le MR dans une mauvaise posture ou lui faire de l’ombre. Mais je ne veux aussi pas perdre ma propre spontanéité et ma spécificité. C’est un équilibre auquel je pense souvent. »

Qu’est-ce que vous faites lorsque vous voulez vous échapper de la frénésie quotidienne ?

“Pendant le weekend, j’aime aller faire du karting, ou rouler sur circuits. Je recherche l’adrénaline. Il y a quelques semaines, j’ai participé à une course et mon GSM est resté toute la journée sur le siège arrière. C’est là que tu remarques en tant que politique que nous ne vivons pas dans le « vrai monde ». Les gens normaux n’en ont rien à faire de ce que peut dire un parlementaire sur Twitter ou de ce qu’un journaliste a écrit. »

Combien d’emails non-lus avez-vous ?

« 10.657. Tous ne revêtent pas la même importance. Je pense qu’il y en a entre 400 et 500 qui doivent urgemment être traités. Et il s’agit seulement de ma boite de réception personnelle. Il y aussi la boite de réception officielle du président du MR et celle du parti. Heureusement, il y a une bonne fonction de recherche. »

Quel livre se trouve en ce moment sur votre table de nuit ?

Une grosse biographie de Churchill. Mais je n’ai pas beaucoup de temps pour lire. Les livres que je lis ont trait à des figures politiques, des évènements historiques ou à la formule 1. Je ne lis jamais de fiction, je considère que c’est une perte de temps. Un certain nombre d’intellectuels trouveront cela scandaleux mais je trouve quand même ça triste de lire quelque chose qui ne t’apprend rien sur le vrai monde. Pourquoi lire l’histoire fictive de la vie d’Hadrien quand tu peux approfondir la vraie histoire de Barack Obama ? Mes amis le savent également s’ils doivent me conseiller quelque chose. Ma première question est toujours : « est-ce que c’est vraiment arrivé ou pas ? »

Le Président du MR Georges-Louis Bouchez : « Pourquoi, quand tu es premier ministre, devrais-tu faire quelque chose qui irait à l’encontre de tes convictions ? »

 

Jeudi 22 avril 2021

Chaque semaine, un nouvel invité prend place dans la Tijdcapsule et nous parle de son passé, de son présent, de son futur et de l’éternel. Aujourd’hui, le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, se projette dans le futur.

Quels bons conseils devez-vous urgemment suivre ?

“Je reçois énormément d’avis en matière de communication. Mais j’essaie un maximum dans ces matières de rester moi-même. La plupart des gens se lancent en politique afin de d’obtenir une position de pouvoir et d’essayer de cette façon de réaliser leurs idéaux. En tant que président de parti, j’ai la chance de bénéficier d’une des positions les plus impactantes. Cela vient avec énormément de responsabilités, mais il faut faire attention à ne pas perdre son identité. Je pense souvent à Elio Di Rupo (PS). Lorsqu’il était Premier Ministre, des coupes ont été effectuées dans les allocations de chômage. Il a dit à ce moment-là qu’il ne soutenait pas ce choix, mais qu’en tant que Premier ministre, il n’avait pas d’autre choix. Je ne comprends pas. Quand tu es premier ministre, pourquoi devrais-tu faire quelque chose qui irait à l’encontre de tes convictions ? »

A quel concert souhaitez-vous encore assister ?

“J’ai par bonheur déjà vu Justin Timberlake en live. Mais il y a tellement de concerts auxquels j’aimerais assister dès que possible. Ce sont surtout les festivals qui me manquent. Je viens de la région de Dour, mais je vais plus volontiers à Tomorrowland et à Rock Werchter. L’ambiance à Werchter, pendant l’été, avec autant d’excellents artistes qui s’y produisent, c’est incomparable. »

Quel livre voulez-vous absolument encore lire ?

“Pas celui de Conner Rousseau. (rit fort). C’est une blague. J’ai des piles de livres que je dois encore commencer. Mais l’autobiographie de Barack Obama se trouve tout au-dessus. Je le trouve très inspirant en tant que personne. »

Qu’est ce qui doit être inventé urgemment afin de rendre votre vie meilleure ?

“Quelque chose qui m’aiderait à cuisiner plus rapidement et mieux. Une sorte de machine dans laquelle tu peux simplement mettre les ingrédients et de laquelle sort un bon plat. Au supermarché, je suis souvent submergé. Je ne sais pas comment transformer tous ces produits différents en un bon plat. »

A quoi ressemblera le monde dans 200 ans ?

“Je crois que beaucoup de jobs « ennuyeux » ou moins inspirants disparaîtront du fait de l’automatisation. On aura davantage de temps pour les arts, le développement personnel et pour solutionner les problèmes de pollution et les problèmes climatiques. Mais il y a une condition importante à cela. Un changement de mentalité doit avoir lieu. En Belgique, parfois trop souvent du côté francophone, nous mettons en avant le côté négatif de manière un peu défaitiste. Nous devons adopter une attitude davantage positive.

 

Vendredi 23 avril 2021

Chaque semaine, un nouvel invité prend place dans la Tijdcapsule et nous parle de son passé, de son présent, de son futur et de l’éternel. Aujourd’hui, le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, nous parle de l’au-delà.

Nous vous mettons dans une capsule à remonter le temps, avec quelle personne, vivante ou décédée, voudriez-vous partager un repas ?

“Churchill, pour lui demander s’il a lui-même prononcé toutes les punchlines qu’on lui attribue. C’était le meilleur dans le domaine. Et si c’est vraiment le cas, ce serait alors certainement une super soirée. Je pense aussi à Nicolas Sarkozy. Il est peut-être davantage accessible, et peut-être qu’il lit d’ailleurs cette capsule. Depuis, il a été condamné, mais cela ne signifie pas qu’il est soudainement devenu mauvais. Il a une vitalité qui me plait énormément.

A quelle question voulez-vous une réponse avant de mourir ?

« Pourquoi est-ce que le débat public porte si souvent sur des émotions plutôt que sur des arguments rationnels ? Souvent, des mauvaises décisions sont prises, parce que l’opinion publique veut qu’il en soit ainsi. Ma région, le Hainaut, est gérée depuis plus de 100 ans par le PS et elle reste pauvre. J’aimerais comprendre comment c’est possible. »

Avez-vous déjà regardé la mort dans les yeux ?

« J’aime faire de la course automobile et je recherche souvent le danger. Je n’ai pas peur de la mort. C’est plutôt ennuyeux pour les gens qui resteront après moi. Si je mourais, je ne crois pas que ça aurait un grand impact. Je ne suis pas aussi prétentieux. J’aimerais cependant bien voir comment se déroulent les 10 jours après ma mort. Simplement pour lire ce que les journaux diraient de moi. Certains journalistes seraient peut-être obligés de cette façon d’écrire quelque chose de sympa à mon égard. »

Comment voudriez-vous partir ?

“Avec un bang. Pendant que je suis au volant d’un véhicule de course, ou au milieu d’un discours politique. Ca doit être un peu shakespearien. Une mort sur scène. »

Est-ce qu’il y a des gens qui ne pourront pas venir à vos funérailles ?

“Ce serait prétentieux de dire que certains ne pourraient pas. Tout le monde est le bienvenu. Je ne devrai de toute façon pas payer le café, ni les sandwiches. »

Est-ce que des gens danseront sur votre tombe ?

En tout état de cause, la moitié des dirigeants de parti et beaucoup de parlementaires. Ils devraient placer une nouvelle tombe extra-large. Mais c’est possible, et ça pourrait même être agréable. »

Quelle musique pourront-ils jouer à vos funérailles ?

(réfléchit). “Le mal aimé” de Claude François. Au sujet d’homme peu aimé, car personne ne le comprend ou ne veut le comprendre. Je peux me retrouver là-dedans. »

 


Georges-Louis Bouchez in De Tijdcapsule

Elke week neemt iemand nieuw plaats in De Tijdcapsule, vanwaar hij of zij elke dag vertelt over het verleden, de tegenwoordige, de toekomstige en de oneindige tijd. De afgelopen week was MR-voorzitter Georges-Louis Bouchez als eerste politicus aan de beurt in de krant De Tijd.

Dinsdag 20 april 2021
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