Sur proposition du Ministre de l’Economie Willy BORSUS, le Gouvernement de Wallonie a renouvelé le Plan d’aides aux modes de transport alternatifs pour la période 2021-2025, le précédent arrivant à échéance. Le Plan est entré en vigueur le 1er janvier 2021 (avec effet rétroactif) pour un budget annuel de 4 millions € pendant 5 ans.

Willy BORSUS : « Il est primordial d’inciter les entreprises industrielles et logistiques à charger davantage de marchandises sur le rail ou la voie d’eau en Wallonie, à développer le transport fluvial de conteneurs et à moderniser la flotte wallonne de navigation intérieure. Rappelons que la navigation intérieure émet deux à trois fois moins de CO2 par tonne transportée que le transport routier. »

Avec ce nouveau Plan, le Gouvernement répond à plusieurs préoccupations, notamment économique et environnementale, en favorisant l’investissement des entreprises wallonnes dans le développement et l’usage des modes de transport les plus respectueux de l’environnement.

D’un point de vue économique, la circulation optimale des marchandises est une condition sine qua non de la vitalité des entreprises, voire de la pérennité de très nombreuses activités économiques. Cette vitalité a une implication directe sur le nombre d’emplois et la création de valeur ajoutée dans notre Région. Ce lien fort et direct entre qualité du système de transport et création d’emplois, ainsi que de valeur doit être entretenu et amélioré afin de maintenir et développer les entreprises présentes sur notre territoire et attirer de nouveaux investisseurs. En outre, la Wallonie est au cœur des réseaux de transport européens et du plus grand bassin industriel et de consommation d’Europe (60 millions de consommateurs sont joignables en seulement 3 heures de route).

Depuis plusieurs années, la Wallonie consacre un budget important à la modernisation de son réseau fluvial avec des aménagements majeurs comme sur le Haut Escaut, sur la Lys mitoyenne, au niveau du canal Pommeroeul-Condé.

Avec l’ambition constante d’ancrer des investissements structurants dans le tissu économique wallon, le nouveau « Plan wallon 2021-2025 » permettra d’inciter les entreprises à charger davantage de marchandises sur le rail ou sur la voie d’eau, grâce à l’octroi de primes à l’investissement sur l’achat d’équipements de manutention performants. Ceci contribuera à diminuer la part modale de la route pour le transport de marchandises en Wallonie et permettra de valoriser les investissements réalisés sur notre réseau fluvial. Cela permettra également de diminuer le coût de la rupture de charge pour les investissements présents sur les plateformes multimodales et d’améliorer ainsi leur attractivité.

En ce qui concerne la préoccupation environnementale, on sait en effet que le secteur du transport représente environ 30% des émissions européennes de gaz à effet de serre et qu’il est le seul secteur à voir celles-ci croître. Le transport de marchandises contribue pour un tiers des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports dans son ensemble.

Afin d’assurer une bonne rentabilité et une utilisation efficace du transport fluvial, une certaine « massification » des marchandises est nécessaire. Une organisation minutieuse doit donc se mettre en œuvre en amont du transport afin de garantir un volume suffisant de marchandises.

La Wallonie veut soutenir les modes de transport alternatifs à la route et de cette façon lutter contre l’engorgement des routes, la pollution du sol et des eaux, les nuisances sonores, les émissions de CO2 et autres gaz polluants, l’usure des infrastructures, le taux élevé d’accidents, l’occupation du territoire…

Pour ce faire, 3 incitants ont été mis en place :

  • Une prime au transport fluvial de conteneurs. Favoriser spécifiquement le transport de conteneurs par voie navigable doit également faire partie des priorités dans le cadre d’un programme de soutien aux modes de transport alternatifs.
    Aujourd’hui, 5 terminaux wallons utilisent une navette fluviale régulière pour transporter des conteneurs entre la Wallonie et Anvers ou Rotterdam. Le transport fluvial de conteneurs a permis d’éviter un charroi routier de quelque 100.000 conteneurs entre la Wallonie et les ports maritimes d’Anvers et de Rotterdam en 2018. L’un des objectifs est de créer de la valeur ajoutée et de l’emploi en Wallonie : développer une activité à haute valeur ajoutée (stockage, emballage, empotage, dédouanement, etc.) dans le domaine de la logistique sur les terminaux multimodaux wallons.
  • Une prime aux investissements relatifs à l’acquisition d’équipements de transbordement de marchandises (« prime au mode de transport alternatif »).
    Au cours de l’année 2018, 5,5 millions de tonnes supplémentaire ont été chargées ou déchargées sur le réseau fluvial wallon par les entreprises bénéficiaires de la mesure de soutien à l’équipement en matériel de transbordement du « Plan » actuel. Ceci représente une économie d’environ 000 camions en 2018 sur notre réseau routier. La même année, on a pu compter 40.000 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère, par rapport à un transport routier équivalent.
  • Une prime à l’adaptation technique de la flotte wallonne de navigation intérieure : elle cible les aspects liés au verdissement, au développement et à la spécialisation de la flotte (prime pour les motorisations neuves, les solutions de verdissement innovantes installées à l’intérieur du bateau afin de limiter la consommation énergétique, les équipements logistiques neufs et innovants, l’achat d’un premier bateau neuf ou d’occasion dans le cadre de la prime à l’installation)