Pour le vice-premier ministre David Clarinval (MR), la maîtrise des dépenses constitue le principal moyen de remettre le budget sur les rails.
«Je me sens bien dans ce gouvernement, même si je regrette qu’il soit plus à gauche que ce que nous avions anticipé. Vooruit et Les Engagés sont des partis résolument à gauche.» C’est ce que déclare le vice-premier ministre et ministre de l’Emploi David Clarinval (MR) dans un entretien accordé à nos confrères du Tijd. Il estime que ce n’est pas à lui de juger du positionnement des autres partis de la majorité, mais il livre néanmoins son analyse. «Au Parlement, Vooruit et Les Engagés subissent le feu nourri du PS et d’Ecolo, donc je comprends leur volonté de prouver qu’ils ne sont pas une copie du MR. Si cela complique le travail au sein du gouvernement, l’ambiance demeure néanmoins constructive et positive.» Reste à voir si cet état d’esprit sera maintenu lorsqu’il s’agira de trouver 10 milliards d’euros à l’automne prochain afin de réduire au moins en partie le déficit budgétaire. «Ce sera une autre paire de manches, car 10 milliards représentent une somme considérable. Ce montant s’ajoute aux milliards que nous avons déjà économisés grâce à des réformes difficiles. La conjoncture économique – avec la guerre en Iran, le dumping chinois et les droits de douane américains – n’est pas favorable. Et pourtant, nous devons réussir. À défaut, nous risquons de perdre la maîtrise de nos finances publiques.»
Se concentrer sur les dépenses
Vooruit et Les Engagés ont ouvert les hostilités en ciblant les sociétés de management, les flexi-jobs et le souhait d’une taxe sur les grands patrimoines. Clarinval pare l’attaque en rappelant quelques chiffres évocateurs. «La gauche veut toujours tout résoudre par de nouveaux impôts, mais il faut examiner les chiffres objectivement. Les retraites coutaient 48 milliards d’euros en 2019; aujourd’hui, on est à 72 milliards. Depuis 2019, les dépenses de santé sont passées de 26 à 43 milliards d’euros. Quant à la charge des intérêts, elle devrait augmenter de 5 milliards d’euros dans les années à venir, pour atteindre 17 milliards. Que ferait un ménage ordinaire dans une telle situation? Il réduirait ses dépenses. Ce ne sera pas facile, mais c’est bien par là qu’il faut commencer.» Il rappelle au passage ce qui a été convenu dans l’accord de gouvernement. «Les nouvelles recettes ne devront en aucun cas représenter plus d’un neuvième de l’effort d’assainissement total. Nous n’y ajouterons pas le moindre euro.» C’est donc du côté des dépenses que l’essentiel de l’effort devra être réalisé, selon le vice-premier MR, qui appelle chacun à prendre ses responsabilités. «Je suis le seul ministre à tenir le cap budgétaire fixé par l’accord de gouvernement. Tous les autres ministres ont pris du retard. Si chacun parvient à mettre en œuvre les réformes qui lui ont été attribuées, nous aurons déjà dégagé plusieurs milliards.» Malgré les sondages défavorables au MR, Clarinval ne craint pas la sanction de l’électeur. «Avant les dernières élections, les sondages nous créditaient de 20%. Or nous avons finalement obtenu 30%. Je ne suis donc pas plus inquiet que cela. Nous devons continuer à nous concentrer sur des réformes qui améliorent le pouvoir d’achat des citoyens et la compétitivité des entreprises. Nous devons également mieux faire passer notre message auprès de l’opinion. Une fois que les gens ressentiront les effets positifs de nos politiques, ils nous en sauront gré.»
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