Ce lundi 22 février 2021, la Vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, a participé avec ses homologues au Conseil des affaires étrangères qui s’est tenu à Bruxelles.

Russie

Cette réunion des ministres européens des Affaires étrangères fut la première depuis la mission officielle en Russie du Haut-représentant Josep Borrell qui a profité de cette occasion pour faire un compte-rendu détaillé de son déplacement, actant notamment une attitude générale de rejet de la part de Moscou en ce qui concerne toute collaboration avec l’Union européenne. Les derniers développements relatifs au respect des droits humains et fondamentaux – que ça soit dans le dossier de l’opposant politique Alexei Navalny, par rapport à la réforme de la Constitution, à la nouvelle loi sur les ONG étrangères ou encore à la répression des manifestations pacifiques – ainsi que la politique déstabilisatrice de Moscou sur la scène internationale continuent d’inquiéter très fortement les partenaires européens. C’est pourquoi, il a été décidé qu’une série de sanctions supplémentaires seront prises dans le cadre du nouveau régime horizontal sur les droits de l’homme adopté il y a plusieurs semaines. « La Belgique soutient cette décision » explique Sophie Wilmès. « Cette décision permet aussi d’afficher un front européen uni et solidaire face à la Russie. Par contre, si l’Europe ne peut pas transiger avec ses valeurs les plus fondamentales – et c’est bien le message adressé ici -, il est dans notre intérêt comme celui de la Russie de garder les canaux de communication ouverts en vue d’améliorer le dialogue. La Russie reste un acteur stratégique important dans notre voisinage. » Lors de la réunion, la Belgique a particulièrement insisté sur la nécessité d’intensifier l’appui à la société civile. « Il y a des citoyens russes qui réclament le droit à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion, au respect de l’État de droit. Ils doivent pouvoir compter sur notre soutien. Il y a également des coopérations entre chercheurs ou entre universitaires qui se passent bien et qui doivent pouvoir continuer. » conclut Sophie Wilmès.

Échanges avec le Secrétaire d’État américain, Anthony Blinken

La réunion des Ministres européens des Affaires étrangères a permis de tenir, pour la première fois également, une session d’échanges avec le nouveau Secrétaire d’État américain, Anthony Blinken. Sa présence en vidéoconférence confirme la volonté exprimée par l’Administration du Président Biden de coopérer de façon plus soutenue avec l’Union européenne et, de manière plus générale, de revenir à une vision multilatérale de la diplomatie. De nombreux sujets ont été débattus comme la question de la santé face à la pandémie du COVID-19, la lutte contre le dérèglement climatique, le renforcement des institutions internationales telles que l’OMC ou encore le respect des droits humains à travers le monde.

Par la voix de sa Vice-Première ministre et Ministre des Affaires étrangères, la Belgique a tenu à mettre également en exergue trois autres points.

Tout d’abord, notre pays accorde une attention particulière à la situation au Proche- et Moyen-Orient, particulièrement en ce qui concerne la lutte contre Daesh – en tant que partenaire actif de la Coalition – et le retrait annoncé des troupes d’Afghanistan.

Ensuite, la Belgique plaide pour un renforcement du partenariat transatlantique en Afrique afin de soutenir le continent face aux défis majeurs auxquels il se retrouve confronté. Cet appel a été reçu positivement du côté du Secrétaire d’État américain. Par ailleurs, concernant l’Afrique, lors de discussions avec les partenaires européens, la Belgique a réitéré son appel à un « pacte politique » avec les pays du Sahel pour plus de gouvernance et un retour de l’état et des services de base au Sahel. De manière plus générale, le dialogue avec l’Union africaine doit dès lors s’intensifier.

Enfin, suite à la rencontre organisée le matin même dans le cadre de la présidence belge du Benelux avec la procureure de la Cour pénale internationale, la Belgique a appelé une fois de plus à la levée des sanctions américaines à ce sujet, rappelant que notre pays considère cette institution comme un pilier central d’un ordre international basé sur le respect du droit.

Iran

La Belgique a encouragé un retour des États-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA). En effet, durant son mandat au Conseil de Sécurité, la Belgique a tout fait pour contribuer en tant que Facilitateur à la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations unies. Aujourd’hui, elle s’inquiète de la politique d’escalade dans laquelle semble s’engouffrer les autorités iraniennes. « Les dernières déclarations ne nous rassurent pas. Et même si un accord semble avoir été trouvé in-extremis hier pour un maintien d’un accès limité aux inspecteurs de l’AEIA, on sent que la transparence qui fonde le JCPoA est sous pression et avec elle, c’est toute la confiance mutuelle qui est mise à mal. Ce n’est qu’en respectant à nouveau les dispositions du JCPoA que l’Iran pourra profiter d’une normalisation de ses relations extérieures. » commente Sophie Wilmès.

Myanmar

Le Conseil condamne avec la plus grande fermeté le coup d’État militaire perpétré au Myanmar et en appelle à une désescalade de la situation, notamment par la fin immédiate de l’état d’urgence, le rétablissement du gouvernement et l’ouverture du parlement nouvellement élu. Les ministres ont également appelé à la libération des personnes arrêtées dans le cadre du coup d’État. Au vu de l’évolution de la situation, l’Union européenne se tient prête à adopter des sanctions.

Hong-Kong

Face à une situation n’évoluant pas favorablement depuis la Loi de Sécurité Nationale en juin 2020, les Ministres européens ont une nouvelle fois abordé le cas de Hong Kong. La Belgique partage les inquiétudes de ses partenaires et a demandé une attention plus particulière vis-à-vis de la justice et de la société civile. « Le pouvoir judiciaire résiste mais est mis sous une pression extrême par les autorités de Pékin. Son indépendance doit être garantie, c’est un fondamental démocratique. Dans le même temps, il est essentiel d’intensifier notre soutien à la société civile, en tenant dûment compte de la sécurité des personnes concernées. Cela peut se faire par une coordination accrue et des mesures concrètes, telles que le financement de projets, la mise en réseau des personnes et le soutien public quand c’est approprié. »