En séance plénière de la Chambre, une proposition de loi visant à préserver le repos d’accouchement de 15 semaines a été votée sans attendre l’avis des partenaires sociaux.

Jusqu’à présent, les futures mamans mises en chômage temporaire en fin de grossesse perdaient une partie de leur congé postnatal. Pour le groupe MR, cette situation constituait une réelle injustice à laquelle il fallait mettre fin. Mais pas dans n’importe quelles conditions.

Le dossier, complexe et discuté avec les partenaires sociaux, était sur le point d’aboutir. En effet, un accord de principe était annoncé via à un avis intermédiaire du CNT. Les partenaires s’étaient engagés à élaborer d’ici à la fin du mois de juin, un report phasé de semaines d’incapacité pendant la période prénatale vers le congé de maternité postnatal.

Pourquoi ne pas avoir attendu quelques semaines supplémentaires afin de permettre aux entreprises de s’y préparer correctement ? « Je le regrette sincèrement car nous aurions pu avoir un accord unanime sur un sujet que le MR partage totalement. Mais dans les faits, ce coup de force aura des répercussions catastrophiques pour les entreprises déjà malmenées par la crise sanitaire, » explique la députée fédérale Florence Reuter.

La FEB, dans un dernier courrier adressé à la Commission des Affaires sociales de la Chambre, s’engageait à respecter le timing prévu et ce, malgré la crise. Le vote, en seconde lecture, empêche la possibilité de transmettre l’avis des partenaires sociaux qui préconisait, entre autres, un phasage de la mesure.

« Par ailleurs, cela risque de desservir les femmes elles-mêmes sur le marché du travail et renforcer davantage la discrimination envers les femmes. C’est tout le contraire de l’effet escompté ! » estime Florence Reuter.

Le MR, particulièrement engagé pour le droit des femmes, continuera sa lutte contre la discrimination à l’embauche des femmes et des futures mamans notamment via une proposition de loi qui permet le partage des semaines facultatives du congé postnatal.