La situation en Afghanistan est chaotique. Sophie Wilmès, ministre des Affaires étrangères, réagit et organise l’aide d’urgence. 

Il n’aura fallu que quelques semaines aux Talibans pour prendre possession de l’ensemble du territoire afghan, entraîner la fuite du gouvernement soutenu par les Etats-Unis et retrouver le pouvoir qu’ils avaient perdu depuis 2001, suite à l’intervention militaire américaine consécutive aux attentats du 11 septembre. Sur place, c’est la panique. Réputé pour sa cruauté, particulièrement à l’égard des femmes, les Talibans font peur. La population prend d’assaut l’aéroport pour tenter de fuir.

En Belgique, un comité ministériel restreint s’est réuni pour coordonner l’action du gouvernement afin d’assurer le rapatriement des Belges qui sont toujours sur place (principalement des binationaux) et de leurs familles, ainsi que des Afghans qui ont travaillé pour la Belgique (Défense, services européens). Des visas humanitaires leur seront probablement octroyés. Trois avions de transport militaire seront envoyés à Kaboul pour organiser ces opérations de retrait. Selon Sophie Wilmès, une centaine de personnes ont déjà pris contact avec l’ambassade de Belgique au Pakistan (notre pays n’a pas d’ambassade en Afghanistan)

Pour l’heure, il n’est pas question pour la Belgique de reconnaître officiellement le régime des talibans. Le gouvernement via Sophie Wilmès souhaite attendre une stabilisation de la situation pour prendre attitude. Elle estime également qu’il serait souhaitable d’adopter une position commune à l’échelle européenne. L’Europe a beaucoup soutenu l’Afghanistan financièrement, dans le cadre de son cheminement vers la démocratie. Ces aides pourraient être restreintes.

Une réunion européenne des ministres des Affaires Etrangères est également prévue. Aux côtés de 24 autres Etats-Membres de l’Union (la Bulgarie et la Hongrie n’ont pas signé), la Belgique a signé une déclaration proposant de l’aide au peuple afghan. Celles et ceux qui souhaitent partir doivent être autorisés à le faire. Il s’agit également de se préparer et d’anticiper un afflux de réfugiés. La Belgique a déjà fait savoir qu’elle ne procèderait plus aux retours de candidats à l’asile déboutés vers l’Afghanistan. La règle est ici respectée : notre pays n’expulse pas de personnes vers une région qui n’est pas sûre.