Face au manque de places en institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ), Valérie Bluge, députée MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, demande de développer la surveillance électronique pour certains mineurs en conflit avec la loi. Une réponse complémentaire, associant contrôle, responsabilisation et accompagnement éducatif renforcé, que la ministre Valérie Lescrenier confirme étudier.
Des décisions de justice qui doivent être exécutées
Les violences survenues à Bruxelles lors de la manifestation du 9 octobre ont remis en lumière une fois de trop la saturation des IPPJ. Le parquet a annoncé la remise en liberté de 16 mineurs soupçonnés de faits graves. Pour huit d’entre eux, un placement en IPPJ avait été requis, mais certaines décisions n’ont pas pu être exécutées faute de places disponibles.
« La police fait son travail, les magistrats prennent des décisions, mais celles-ci restent parfois inexécutées. Cette situation fragilise la confiance dans la justice et prive ces jeunes d’une prise en charge immédiate », dénonce la députée libérale.
Pour Valérie Bluge, une réponse rapide, proportionnée et effective est indispensable, tant pour protéger les citoyens et les victimes que pour permettre aux jeunes concernés de sortir de la délinquance.
Contrôler, responsabiliser et accompagner
La députée propose de s’appuyer sur l’expérience flamande, où la surveillance électronique est expérimentée depuis juin 2024 pour certains mineurs. Ce dispositif ne se limite pas au port d’un bracelet : il prévoit un contrôle des horaires, des obligations scolaires ou de formation, un suivi éducatif intensif et une implication des parents. Au moins deux contacts sont organisés chaque semaine, dont un en présentiel avec le jeune et sa famille.
« La surveillance électronique ne remplace pas les IPPJ. Elle peut constituer une réponse complémentaire pour certains jeunes, en associant contrôle, responsabilisation et accompagnement éducatif », souligne Valérie Bluge.
La mesure s’inscrirait dans un cadre strict. En cas de manquement grave, le juge pourrait notamment décider d’un placement en institution.
Un projet pilote à concrétiser
Valérie Bluge demande à la ministre de mettre en place un projet pilote avec les administrations, les magistrats de la jeunesse et les acteurs de terrain, sur la base de critères judiciaires stricts.
Depuis lors la Ministre a annoncé examiner cette possibilité et déposer le dossier au gouvernement le 23 octobre.
Le MR sera attentif au bon suivi afin d’améliorer la sécurité des citoyens.