À la suite des violences survenues à Liège et à Bruxelles, le groupe MR à la Chambre demande des mesures concrètes pour empêcher les réseaux sociaux, TikTok en particulier, de devenir des caisses de résonance aux actes inciviques et délictueux.
Alors que de nouveaux appels à se rassembler circulent pour ce samedi 24 octobre à Bruxelles, la députée fédérale MR Victoria Vandeberg a interrogé la ministre du Numérique, Vanessa Matz en séance plénière.
Promettre de brûler une poubelle en échange de likes, filmer des dégradations pour accumuler les vues, transformer des affrontements en spectacle : la surenchère numérique a des conséquences bien réelles pour les commerçants, les habitants et les policiers.
« La course aux likes ne peut pas devenir une course à la violence. Les réseaux sociaux ne sont pas des espaces hors du droit et les plateformes ne peuvent pas se contenter de regarder leurs algorithmes propager des appels aux dégradations. Mais les renvoyer à leurs responsabilités ne dispense pas le gouvernement d’assumer les siennes », souligne Victoria Vandeberg.
Suite aux manifestations du 17 octobre, et en prévision du 24 octobre, le gouvernement français entend brider – sans bloquer – l’usage des réseaux sociaux. TikTok France assure avoir modifié certains de ces paramètres de recherche liés aux manifestations. L’entreprise indique avoir activé son protocole relatif aux événements critiques, mobilisé une équipe dédiée, bloqué des termes incitant à la violence, désactivé la saisie semi-automatique pour les recherches liées aux manifestations et limité les recommandations de recherche. La plateforme annonce aussi des suppressions de vidéos, suspensions de directs et exclusions de comptes.
Un exemple à suivre chez nous ? La ministre Vanessa Matz a annoncé avoir sollicité l’IBPT et vouloir convoquer les plateformes concernées. Le groupe MR attend désormais un calendrier précis, des engagements vérifiables et un dispositif opérationnel. Avec les nouveaux appels à se rassembler ce samedi à Bruxelles, la réponse ne peut pas se limiter à une réunion dont la date et les résultats resteraient incertains.
« Quel dispositif permettra, dès ce samedi, de signaler et de faire traiter sans délai les contenus qui encouragent la violence ou appellent à commettre des dégradations ? Quand les plateformes seront-elles réunies et quels engagements concrets la ministre compte-t-elle obtenir ? Face à la violence virale, nous attendons une réaction qui ne soit pas virtuelle », insiste la députée libérale.
Le groupe MR demande également une coopération renforcée entre les plateformes, les autorités compétentes et les services d’enquête : des interlocuteurs identifiés, des procédures de signalement rapides et des mesures pour limiter l’amplification des contenus encourageant les violences, dans le respect du cadre légal et des libertés fondamentales. Il ne s’agit pas d’empêcher de manifester, d’informer ou de débattre, mais de ne pas laisser des outils de communication devenir des accélérateurs de dégradations.
« Une minorité ne peut pas imposer son image à toute une génération. Les jeunes qui refusent ces violences doivent aussi être entendus. Ils attendent, comme les habitants et les commerçants, que chacun prenne ses responsabilités : ceux qui commettent les faits, ceux qui les encouragent, les plateformes qui les amplifient et les autorités chargées d’agir », conclut Victoria Vandeberg.