Une mère qui souhaite travailler davantage au printemps pour avoir plus de temps pour son enfant pendant les vacances d’été, sans perte de revenus. Un chocolatier qui croule sous les commandes à Pâques et à Noël, mais tourne au ralenti en juillet. Pour eux, et pour tous les autres travailleurs et employeurs belges, le projet du ministre de l’Emploi validé en Kern ce matin peut changer la donne.
Concrètement, plutôt que de calculer le temps de travail semaine par semaine, on lisse désormais le volume horaire sur l’année entière. C’est ce qu’on appelle les horaires « accordéon » : les employés travaillent plus quand c’est chargé et relâchent quand c’est plus calme. Les PME, en particulier, y voient une vraie bouffée d’oxygène pour mieux adapter leurs effectifs aux périodes de forte demande.
Des horaires en accordéon
Un travailleur à temps plein preste normalement 38 heures par semaine. Avec l’annualisation, il peut alterner. Rien ne change sur le fond, mais tout devient plus souple.
Cette réforme bénéficie à la fois aux travailleurs et aux employeurs. Du côté des travailleurs, elle permet d’adapter le rythme de travail aux réalités de la vie personnelle et professionnelle, que ce soit pour accompagner un enfant, prendre soin d’un parent vieillissant ou d’un autre membre de la famille. Du côté des employeurs, elle répond à un besoin réel dans des secteurs comme le tourisme, les loisirs, l’horticulture, l’événementiel ou les activités offshores, où les besoins en personnel varient fortement selon les saisons. L’annualisation leur permet d’adapter l’organisation du travail à ces fluctuations sans devoir recourir systématiquement au chômage temporaire, tout en fidélisant les travailleurs qualifiés.
Un volume lissé sur 12 mois, avec l’accord du travailleur et sans perte de salaire
Les principales modalités de cette réforme prévoient :
- Un calcul sur l’année : le volume horaire hebdomadaire est lissé sur 12 mois.
- L’accord du travailleur : le système ne s’applique qu’avec le consentement explicite du travailleur.
- Un revenu stable tous les mois : l’annualisation garantit le même salaire chaque mois, indépendamment du nombre d’heures prestées au cours d’une période donnée.
David Clarinval, ministre de l’Emploi : « Aujourd’hui, de nombreux travailleurs souhaitent pouvoir adapter leur rythme de travail à leur vie réelle : leurs enfants, leurs projets ou les périodes plus chargées de leur quotidien. Avec l’annualisation du temps de travail, nous donnons davantage de liberté d’organisation, sans perte de salaire et avec l’accord du travailleur. Cette réforme apporte aussi aux entreprises la souplesse dont elles ont besoin pour faire mieux face aux pics d’activité. C’est une réforme de confiance, d’équilibre et de flexibilité, au bénéfice à la fois des travailleurs et des employeurs. »




