Cette semaine, le Mouvement Réformateur fait halte à Courcelles, commune dynamique du Hainaut au riche passé industriel et en pleine mutation. À sa tête, la bourgmestre Caroline Taquin, figure bien connue de la scène politique locale et régionale, incarne à la fois l’expérience et le renouveau. Forte d’un ancrage solide et d’une vision claire pour sa commune, elle s’attache à renforcer la sécurité, soutenir le développement économique, moderniser les infrastructures et améliorer le cadre de vie des Courcellois.

 

Caroline, tu es une figure bien connue du Mouvement Réformateur et de la vie politique hennuyère. Engagée depuis de nombreuses années, tu as progressivement construit un parcours solide qui t’a menée à la fonction de bourgmestre de Courcelles. Peux-tu revenir sur ton parcours personnel et politique, sur ton engagement au sein de la famille libérale, et sur ce qui t’anime aujourd’hui dans ton rôle à la tête de la commune ?

Mon engagement politique est né d’une conviction simple : on peut changer les choses concrètement, même là où personne ne l’attend. Institutrice primaire de formation, je me suis lancée en politique en 2006, j’ai choisi mon parti sur base de son programme et de ses valeurs. J’ai mené immédiatement deux vocations de front.

Ce qui m’a forgée, c’est le terrain. Courcelles était verrouillée depuis plus d’un demi-siècle par le PS. En 2012, nous avons renversé cette hégémonie en portant un message clair : de la gestion rigoureuse, de la transparence, et des résultats visibles dans la vie quotidienne des citoyens et une présence partout, tout le temps avec un groupe soudé et dévoué. Majorité absolue en 2018, progression encore en 2024. Cette trajectoire m’a convaincue que les valeurs libérales et réformatrices peuvent convaincre partout à condition de les incarner, pas seulement de les proclamer.

Entre 2019 et 2024, j’ai exercé un mandat de députée fédérale, vice-présidente de la commission de l’Intérieur, engagée sur la santé et la sécurité. Depuis juin 2024, je siège au Parlement wallon et de la FWB tout en restant bourgmestre. Ce cumul n’est pas un confort, loin de là mais c’est un pont permanent entre le terrain communal et les décisions qui se prennent aux niveaux supérieurs.

Ce qui m’anime aujourd’hui ? Que chaque Courcellois puisse vivre dans une commune sûre, propre, active, où ses enfants sont bien accueillis et où il peut travailler ou entreprendre sans obstacles inutiles. Que nos communes puissent compter sur une région forte sans compromission avec une gauche qui entretenait une culture de la dépendance.

Courcelles est une commune marquée par son passé industriel, mais aussi par une volonté affirmée de se réinventer. Entre revitalisation économique, soutien aux indépendants, sécurité, propreté publique et modernisation des infrastructures, les défis sont nombreux. Peux-tu nous présenter les grandes priorités de cette mandature, les projets en cours, et la manière dont vous travaillez, avec ton équipe, pour répondre concrètement aux attentes des citoyens ? 

Depuis 2012, notre méthode est constante : des priorités claires, une gestion rigoureuse, et des réalisations que les citoyens peuvent voir et toucher.

L’éducation est notre investissement le plus structurant. Une nouvelle école fondamentale est d’ailleurs en construction avec immersion anglaise, salle de sport polyvalente et des infrastructures modernes adaptées aux besoins d’aujourd’hui. Parce qu’une commune qui investit dans ses écoles investit dans son avenir, et dans celui de chaque famille qui y vit.

La sécurité est une priorité non négociable. Je préside personnellement la zone de Police des Trieux et j’y veille avec constance. Nous avons poursuivi le déploiement du plan caméras de surveillance et maintenu un soutien structurel fort à la police locale. La lutte contre la délinquance, la drogue, les vols et les violences intrafamiliales sont des combats du quotidien qui exigent des moyens, de la présence et une tolérance zéro. La tranquillité publique n’est pas un luxe, c’est une condition de base pour qu’une commune soit attractive et que ses habitants s’y sentent véritablement chez eux.

Les travaux et infrastructures rythment chaque année de mandat : voiries, trottoirs, bâtiments, écoles, égouttages sont rénovés quartier après quartier, sans oublier les infrastructures sportives et culturelles, les espaces verts, notre patrimoine, nos terrils. Les citoyens doivent pouvoir constater, de leurs propres yeux, que leur commune avance.

L’emploi et le développement économique ne se décrètent pas, ils se construisent condition par condition. Courcelles dispose de nombreux commerces et entreprises. Nous menons une revitalisation active du centre-ville via une opération FEDER pour soigner et développer le commerce, la culture, le sport, des activités et de la vie. Nous travaillons main dans la main avec le CPAS et les opérateurs d’insertion pour que les Courcellois les plus éloignés de l’emploi trouvent un chemin concret vers le marché du travail. Et nous veillons à ce que les indépendants et petits commerçants locaux ne se heurtent pas à une administration qui complique là où elle devrait faciliter. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est ce qui fonctionne.

La vie associative, enfin, est le liant de tout le reste. À Courcelles, les associations sportives, culturelles et sociales sont soutenues activement parce qu’elles font ce qu’aucune administration ne peut faire seule : créer du lien, de la fierté locale, du vivre-ensemble. Mon principe est simple : plus les citoyens investissent les espaces publics et la vie locale, moins ceux-ci se dégradent physiquement et socialement. Une commune vivante est une commune qui se protège elle-même.

Courcelles se distingue également par son tissu associatif, sa vie locale et son identité forte, au cœur du bassin carolorégien. Entre attractivité résidentielle, développement économique et qualité de vie, la commune doit trouver un équilibre pour continuer à se développer harmonieusement, étant voisine de Charleroi. Comment envisages-tu l’avenir de Courcelles dans les prochaines années, et quels leviers souhaites-tu activer pour renforcer son attractivité tout en préservant son identité ? 

Courcelles illustre un défi que beaucoup de communes wallonnes partagent : comment se réinventer sans se renier ? La réponse que nous apportons depuis plus de dix ans, c’est qu’attractivité et identité ne s’opposent pas, elles se construisent ensemble, sur le même socle.

Ce socle, c’est la qualité de vie au quotidien. Des écoles où l’on veut inscrire ses enfants. Des rues entretenues. Des quartiers sûrs. Des clubs sportifs qui fonctionnent, des associations qui vivent, des commerces qui restent ouverts. Ce sont ces réalités concrètes qui font qu’un habitant choisit de rester, qu’un jeune ménage choisit de s’installer, qu’un indépendant choisit d’ouvrir son commerce ici plutôt qu’ailleurs.

Courcelles a sa propre identité, ses propres dynamiques, ses propres ressources humaines et associatives. Notre rôle est de les valoriser, pas de les effacer au profit d’une logique d’agglomération qui ferait perdre aux habitants le sentiment d’appartenir à quelque chose.

Dans les prochaines années, je veux une commune où l’on crée de l’emploi local, où les jeunes trouvent des perspectives, où les aînés sont soutenus, et où la vie associative continue de tisser ce lien social que rien ne remplace. Ce n’est pas une vision abstraite, c’est un programme de travail, quartier par quartier, projet par projet.

Et c’est finalement le message que je porterais à l’ensemble des élus MR : la confiance des citoyens se mérite et se gagne dans le travail, le concret, la durée, la cohérence entre ce qu’on annonce et ce qu’on fait.

En 2026, je célèbre 20 années de conseil communal à Courcelles, 20 années de dévouement, de sacrifices que je ne regrette pas. Est-ce que j’ai reçu des coups ? Oui, beaucoup et chacun m’a rendue plus forte et déterminée. Merci à mes détracteurs pour ça et merci à tous ceux qui m’ont soutenue et me soutiennent encore aujourd’hui.