À l’heure où l’agriculture européenne doit relever les défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la compétitivité internationale, les nouvelles techniques génomiques (NGT) représentent une opportunité majeure pour notre continent. Les députés du Mouvement Réformateur voteront avec conviction en faveur du texte issu du trilogue sur les NGT afin de permettre enfin à l’Union européenne de se doter d’un cadre moderne, fondé sur la science et l’innovation.
Contrairement à une idée largement répandue, les NGT ne sont pas des OGM transgéniques tels qu’ils étaient développés dans les années 1990. Elles permettent d’obtenir des modifications génétiques extrêmement précises, sans nécessairement introduire d’ADN provenant d’une autre espèce. Dans de nombreux cas, les caractéristiques obtenues pourraient apparaître naturellement ou être obtenues par sélection conventionnelle, mais au terme de nombreuses années de travail. La nature elle-même modifie en permanence le génome des plantes. Dans un champ de blé, des milliers de mutations apparaissent spontanément sous l’effet des mécanismes biologiques et de l’environnement. Les NGT permettent simplement de reproduire de manière ciblée et rapide des mutations qui pourraient exister naturellement.
« Le débat sur la brevetabilité ne doit pas servir de prétexte au blocage de l’innovation. Le droit européen est clair : ce qui existe dans la nature ne peut être breveté en tant que tel. Les questions de propriété intellectuelle relèvent d’un cadre juridique spécifique qui peut être adapté par le législateur sans remettre en cause le développement des NGT. Refuser ces technologies n’éliminera pas les brevets existants ; cela reviendra simplement à priver les chercheurs publics, les PME semencières et les agriculteurs européens d’outils déjà utilisés par leurs concurrents à travers le monde. » explique Benoît Cassart, député européen et agriculteur.
« Les bénéfices des NGT sont considérables. Elles permettent de développer des cultures plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et aux ravageurs, de réduire les pertes agricoles, de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires et de renforcer la résilience de nos systèmes alimentaires face au changement climatique. Pendant que l’Europe hésite, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Argentine, le Brésil, le Japon ou encore l’Australie avancent déjà dans l’utilisation de ces technologies. Notre continent ne peut pas se permettre de prendre davantage de retard. Cette situation est d’autant plus paradoxale que l’Union européenne importe chaque année d’importantes quantités de soja et de maïs issus de cultures génétiquement modifiées produites à l’étranger, tout en refusant à ses propres agriculteurs l’accès à certaines innovations. Nous ne pouvons pas continuer à importer l’innovation que nous refusons de produire nous-mêmes. » a rajouté.
Il est également paradoxal que l’Europe demeure aussi prudente vis-à-vis d’une révolution scientifique dont les fondements ont été développés en Allemagne grâce aux travaux d’Emmanuelle Charpentier, chercheuse française, et de Jennifer Doudna, chercheuse américaine, récompensées par le Prix Nobel de chimie pour leurs découvertes sur l’édition génomique.
« Pour le MR, l’enjeu n’est pas de choisir entre compétitivité et durabilité. L’enjeu est de concilier les deux. L’Europe doit faire confiance à sa recherche, à ses scientifiques, à ses agriculteurs et à sa capacité d’innovation. » a conclu Benoît Cassart
Les députés MR ont voté, ce mercredi, le compromis issu du trilogue afin de permettre enfin l’autorisation et le déploiement des nouvelles techniques génomiques dans l’Union européenne.



