Aujourd’hui, près de 43% des détenus en Belgique sont étrangers, souvent sans titre de séjour, soit bien au-dessus de la moyenne européenne de 25%. Pendant des années, on a fermé les yeux, laissant se creuser une file de milliers de condamnés en attente de l’exécution de leur peine.
Avec le plan Arizona, le gouvernement met fin à cette situation et se fixe un objectif clair : revenir à la moyenne européenne de 25% de détenus étrangers en prison à la fin de la législature.
Un ensemble de mesures encadrées par le juge est prévu pour mettre fin au phénomène des détenus dormant à même le sol, sans sacrifier la sécurité. Mais ces mesures exceptionnelles ne seront activées que si les objectifs de renvois et de transfèrements de détenus étrangers sont effectivement atteints. L’augmentation des modalités d’exécution n’est donc pas un blanc-seing : elle est conditionnée à des résultats concrets en matière de retour.
Concrètement :
les peines de prison jusqu’à 18 mois seront exécutées sous surveillance électronique, de manière automatique, mais toujours sous le contrôle du juge de l’application des peines, avec exclusion des faits les plus graves (terrorisme, mœurs, violences graves, drogues) ;
pour les peines entre 18 mois et 10 ans, la surveillance électronique pourra être accordée 18 mois avant la fin de la peine, à condition qu’un tiers de celle-ci ait déjà été purgé, là aussi sous contrôle du juge ;
la libération anticipée pour cause de surpopulation est, au contraire, restreinte : elle ne sera plus possible que pour les peines de moins de trois ans et jusqu’à fin 2027, et reste exclue pour les infractions les plus graves.
L’activation de cet ensemble est conditionnée à des résultats mesurables en matière de retour des détenus étrangers. D’ici mai 2026, au moins 250 éloignements forcés et 50 transfèrements interétatiques devront avoir été réalisés. D’ici avril 2027, l’objectif est fixé à 2 000 opérations de retour forcé, dont au moins 275 vers le Maroc, 500 renvois de détenus européens, avec un accent particulier sur les pays voisins, et 150 transfèrements vers d’autres États, dont au moins 30 vers le Maroc. L’objectif est clair : Faire du retour des détenus étrangers le premier levier de lutte contre la surpopulation carcérale.
Capacités renforcées en Belgique et à l’étranger
En parallèle, la capacité de détention est renforcée, tant en centres fermés qu’en prisons. D’ici le 30 septembre 2026, 108 places supplémentaires seront créées dans les centres fermés, notamment à Vottem et au centre fermé 127bis, grâce à l’engagement de 110 équivalents temps plein supplémentaires et à des investissements en infrastructure.
Sur le plan pénitentiaire, un plan d’action plus large prévoit la création d’au moins 1 300 places de prison supplémentaires à court et moyen terme : 607 places en 2026, 420 en 2027 et 275 en 2028, via de nouvelles prisons, maisons de détention, unités modulaires et infrastructures médico-légales. Un nouveau Masterplan IV des prisons sera soumis au Conseil des ministres au plus tard le 29 mai 2026, afin d’ancrer ces choix dans une stratégie de long terme.
Comme le Danemark, la Belgique prépare aussi des accords pour développer une capacité de détention à l’étranger, spécifiquement pour les condamnés en séjour illégal. Les ministres compétents présenteront d’ici la fin de l’année 2026 des options de pays partenaires, assorties d’un cadre juridique clair et de conditions strictes de respect des normes internationales.
Sécurité renforcée dans les prisons et tolérance zéro
Pour que ces mesures soient crédibles, la sécurité dans les prisons est renforcée. Un plan de reconstitution des effectifs pénitentiaires est mis en œuvre, les procédures de recrutement sont accélérées et élargies à des citoyens d’autres États de l’UE maîtrisant une langue nationale, et des agents de sécurité privés viendront, dans des postes bien définis et sans contact direct avec les détenus, décharger le personnel des tâches non essentielles. Les premières applications sont prévues dans les prisons d’Anvers, puis à Saint-Gilles, ainsi que dans certains centres fermés.
Enfin, le gouvernement applique une tolérance zéro vis-à-vis du terrorisme, de la récidive et de l’impunité : l’apologie du terrorisme est incriminée, la surveillance électronique avec conditions est introduite en détention préventive, le suivi des condamnés pour terrorisme pourra être prolongé après la peine et la libération conditionnelle sera réservée aux personnes disposant d’un droit de séjour légal. Le principe « casseur-payeur » sera mis en œuvre pour que les auteurs de dégâts, en particulier sur des biens publics, soient effectivement tenus de réparer.
Avec ces mesures, le MR impose une ligne claire : ne plus subir la surpopulation carcérale, agir à toutes les étapes – de l’entrée à la sortie – et assumer des choix fermes sur le retour des détenus étrangers. Les peines seront exécutées, les détenus en séjour illégal seront renvoyés vers leur pays d’origine et la sécurité des citoyens comme la gestion de nos prisons en sortiront renforcées.




