Ce samedi 24 octobre, c’est au tour des groupes politiques de réagir à la déclaration de politique générale du Gouvernement bruxellois. Le MR Bruxelles a tenu une nouvelle fois à souligner le manque d’ambition de la Région et l’absence d’une réelle stratégie de relance suite à la crise Covid.

 

La Région bruxelloise est sans équivoque la région la plus touchée du pays avec un taux de surmortalité 2 fois plus élevé que la moyenne belge. Sur le plan économique, les secteurs du tourisme, de la culture et de l’événementiel – le cœur battant de Bruxelles – sont à l’arrêt.

Notre plus grande force est le rôle international de Bruxelles qui représente 20% de son économie et 23% de son emploi. Mais ce rôle est devenu, avec le Covid, notre talon d’Achille. Au niveau de l’Horeca, avec près de 40% de faillites annoncées dans le secteur, Bruxelles risque l’embolie.

Pour le MR Bruxelles, ceci n’est pas un plan de relance.

Alexia Bertrand, Cheffe de groupe a dénoncé à la tribune : « Ce n’est pas de la relance que de maintenir les activités essentielles et habituelles des hôpitaux, tout en gardant une capacité de réponse au Covid. Ce n’est pas non plus de la relance que d’identifier des solutions pour les personnes et les familles sans abri, de faire des prises en charge à domicile et encore moins de donner de l’aide alimentaire. C’est l’essence même du contrat social. Ce sont les missions de base du gouvernement. Celles-là mêmes qui ne sont pas remplies depuis 15 ans”.

Elle évoque le surréalisme à la belge au sujet de la dette de 1,5 milliards d’euros : « ce qui est inconscient, ce n’est pas de créer de la dette. Ce qui inconscient, c’est de créer de la dette sans relance, sans mettre en place les politiques qui généreront de nouvelles recettes pour permettre de rembourser la dette, de financer les besoins sociaux et de santé croissants. »

Alexia Bertrand ajoute : « Aujourd’hui, la dette du gouvernement leur permet surtout de financer les mêmes politiques sociales sans qu’elle ne soit soutenue par une nouvelle impulsion économique. L’impulsion qui crée des emplois, du pouvoir d’achat et fait émerger une classe moyenne qui aujourd’hui, est menacée de disparaître. Le Bruxelles que nous propose le gouvernement n’est pas celui qu’on est en droit d’espérer et encore une fois, Bruxelles attend. »

Viviane Teitelbaum, elle, a tenu à se pencher sur l’aspect de la précarité : « Cela fait des années que la crise sociale et la pauvreté ne font que s’aggraver à Bruxelles. Cette crise sanitaire a fait exploser la bombe à retardement sur laquelle est assise notre Région depuis de trop nombreuses années en termes d’urgence sociale, de précarité. Par ailleurs, la déclaration du Gouvernement qui contient 36 pages n’a qu’une seule référence explicite aux personnes âgées alors que 64 % des décès liés au Covid en Belgique ont eu lieu dans les MR-MRS. »

Face à la crise présente et à venir, Clémentine Barzin s’est penchée sur la partie emploi de la déclaration de politique générale : « Le chômage a déjà commencé à remonter en Région bruxelloise, avec 2.579 chercheurs d’emploi de plus en septembre par rapport à l’année dernière. Nous demandons une stratégie pour l’emploi : où est donc l’analyse de l’impact en termes d’emploi, secteur par secteur, de la crise du covid; des types de compétences ainsi remises sur le marché de l’emploi ; et, d’un autre côté, des fonctions présentant aujourd’hui des offres, de sorte à pouvoir renforcer, développer ou faciliter l’accès aux formations les plus porteuses ? » Avant d’insister : « Aujourd’hui, il demeure des métiers en pénurie à Bruxelles, notamment dans le secteur de la construction. Pourquoi ne pas cibler les formations en lien avec ces métiers pour le revenu de formation ? Il faut aussi renforcer et étendre les formations à distance en langues et numérique, pour permettre aux Bruxellois de rebondir plus vite ».

David Weytsman a conclu la réponse du groupe MR par un focus sur la mobilité : « La Mobilité peut offrir des solutions aux enjeux sanitaires, économiques et sociaux que nous vivons. Le gouvernement ne s’en saisit pas ! Au contraire, nombreuses mesures ont rendu notre Villerégion moins accessible et hypothèquent, ce faisant, la relance économique. Je regrette le manque  d’engagements vis-à-vis des piétons – en particulier pour les personnes à mobilité réduite – des deux roues motorisées ou des taxis qui méritent plus que quelques primes. À l’heure où la Région wallonne annonce mobiliser des entreprises privées pour augmenter l’offre en heure de pointe, la Région bruxelloise, elle, reste paralysée… Nous dénonçons fermement une nouvelle taxe, au kilomètre, qui viendra peser sur les travailleurs et entreprises. Un non-sens économique. »