La Ministre fédérale du Budget, Sophie Wilmès, s’est exprimée ce matin devant les députés composant la commission parlementaire Finances/Budget concernant les allégations relayées par la presse au sujet d’éventuelles pressions qu’aurait exercées le gouvernement à l’encontre des membres du Comité de Monitoring. La présence de la Ministre intervient dans le cadre de la responsabilité politique qui incombe aux ministres ; principe consacré aux articles 100 et 101 de notre Constitution.

La Ministre tient à clarifier le statut du Comité de Monitoring par rapport à l’image qui en avait été faite dans les médias : « le Comité de Monitoring n’est pas une institution comparable à la Cour des Comptes, au Bureau fédéral du Plan ou à la Banque Nationale dont les statuts, les missions sont fixées à la fois par la règlementation belge et européenne. Il s’agit tout simplement d’une réunion de hauts-fonctionnaires chargés de recueillir l’ensemble des chiffres budgétaires des différentes administrations afin d’aider le gouvernement dans ses travaux. Dès lors, il est tout à fait normal et nécessaire au bon fonctionnement de nos institutions que les ministres – directement ou via leur cabinet – aient des contacts réguliers dans ce cadre ; sachant que certains responsables des administrations siègent au sein de ce Comité. Cela permet de développer une meilleure compréhension de la situation budgétaire et de nourrir le dialogue technique.»

S’agissant de la divergence d’opinion sur la présentation des chiffres dont le rapport du Comité de Monitoring fait état, la Ministre Sophie Wilmès tempère : « ce n’est pas la première fois que l’on constate une divergence d’opinion au sein du Comité de Monitoring. Le fait que cette divergence soit actée noir sur blanc dans le rapport démontre bien toute la latitude que possèdent les membres du Comité dans leur liberté d’expression. Ces fonctionnaires, aux sensibilités et aux parcours professionnels parfois différents, ont comme à chaque fois pu travailler en toute liberté, conscience et responsabilité. »

Le Comité de Monitoring indique qu’un effort de 2,66 milliards d’euros est nécessaire pour se conformer à la trajectoire définie dans le programme de stabilité, remis à la Commission européenne en avril dernier. Une analyse ligne par ligne du rapport est en cours par des groupes d’experts : « Dans son rapport, les membres du Comité de Monitoring prennent une série d’hypothèses qui, par essence, sont des suppositions. Je pense notamment à la non-prise en compte du versement, par Belfius, d’un dividende intérimaire alors que c’est le cas depuis plusieurs années. Ces hypothèses, parce qu’elles sont des suppositions, doivent impérativement être évaluées, au risque d’être parfois remises en cause. Cette démarche fait partie intégrante de l’ensemble du travail budgétaire. C’est aussi une preuve supplémentaire que le Comité de Monitoring n’est pas le gratte-papier du Gouvernement. Si tel était le cas, ce dernier n’aurait aucune raison de douter de ses propres postulats . »

En conclusion, la Ministre Sophie Wilmès a souligné que la collecte des données –  indispensable au travail du gouvernement – est un travail fastidieux et en a profité pour exprimer son plus grand respect et sa reconnaissance à toutes celles et ceux qui rendent cela possible au quotidien et certainement dans des moments plus ardus, comme les préparations de conclave.