Face aux interrogations suscitées par les réformes de l’enseignement, la Ministre de l’Education Valérie Glatigny rappelle les garanties mises en place pour préserver l’emploi des enseignants temporaires et améliorer les conditions d’exercice du métier. Avec une priorité constante : assurer la réussite des élèves et préparer sereinement la rentrée 2026-2027.
Les débats autour des réformes afin d’assurer le financement de notre enseignement suscitent de nombreuses réactions. La Ministre de l’Education Valérie Glatigny entend les inquiétudes exprimées par une partie des acteurs de l’enseignement. Mais elle rappelle également recevoir quotidiennement de nombreux messages de soutien, tant de citoyens que d’enseignants, qui partagent les objectifs poursuivis par les réformes engagées.
Ce qui nous préoccupe, c’est la perte d’apprentissage des élèves
Comme elle l’a rappelé au Parlement : « Ce qui me fait peur, ce qui nous fait peur, ce n’est certainement pas les mouvements de protestation. Nous ne sommes pas sourds, et nous comprenons la colère, nous comprenons les émotions. Ce qui me fait peur, ce qui nous fait peur, c’est lorsque certains acteurs conduisent au blocage des activités pédagogiques de fin d’année. C’est la perte d’apprentissage qui nous inquiète. Je remercie chaleureusement les enseignants qui restent mobilisés pour poursuivre les cours et valider les apprentissages de leurs élèves. »
Car au-delà des débats, l’enjeu principal demeure la réussite des élèves. Chaque journée d’apprentissage compte, et mérite d’être préservée.
Préserver l’emploi et sécuriser les parcours
L’une des principales préoccupations exprimées ces dernières semaines concerne l’augmentation de deux périodes de la charge des enseignants du secondaire supérieur, et les éventuelles pertes d’heures pour les enseignants temporaires, dès lors que les enseignants nommés « prendraient » leurs heures pour passer de 20 à 22 périodes en face-classe.
Sur ce point, les chiffres permettent d’apporter un éclairage rassurant. Lors de la prochaine année scolaire, 2.170 équivalents temps plein seront libérés dans le secondaire supérieur à la suite de départs naturels. À l’échelle de l’ensemble du secondaire, ce sont près de 4.000 équivalents temps plein qui seront concernés, alors que la mesure de la charge doit permettre d’économiser un coût équivalent à 1.300 équivalents temps plein.
Ces chiffres démontrent qu’il n’y aura pas de pertes d’emplois sèches. Les départs naturels (pensions, DPPR…) permettront d’absorber les effets de la réforme tout en garantissant la continuité des parcours professionnels. Les mécanismes de réaffectation déjà en place dans les écoles, les pouvoirs organisateurs et les commissions continueront par ailleurs à jouer pleinement leur rôle pour accompagner les situations de perte partielle de charge.
Des mesures supplémentaires pour protéger les enseignants
Nous comprenons les interrogations que peuvent susciter ces évolutions. La Ministre a dès lors souhaité renforcer les garanties existantes par des mesures d’accompagnement spécifiques pour l’année scolaire 2026-2027.
Une première mesure, déjà reprise dans le cadre du décret-programme 2, prévoit le gel des réaffectations. Cette disposition permettra de protéger les enseignants temporaires en évitant qu’ils ne perdent leur charge à la suite des demandes de compléments de charge par des enseignants nommés. Concrètement, si un enseignant temporaire perdrait sa charge parce qu’elle est attribuée à un enseignant nommé au terme du processus de réaffectation, (fin octobre), leur situation serait gelée pour toute l’année 26-27 : l’enseignant temporaire comme l’enseignant nommé conserveraient leurs heures.
Une seconde mesure vise spécifiquement les temporaires prioritaires. Son objectif est clair : garantir que les enseignants nommés comme les temporaires prioritaires puissent conserver un emploi à la rentrée prochaine. Cette mesure fera l’objet d’une évaluation en décembre 2026.
Des réformes qui soutiennent le métier
Les réformes engagées ne se limitent pas à des mesures budgétaires. Elles s’accompagnent d’actions concrètes destinées à renforcer l’attractivité du métier et à lutter contre la pénurie, des réinvestissements déjà en œuvre dès 2027.
Pour les jeunes enseignants, un allégement de deux périodes face-classe durant la première année, ainsi que la mise en place d’un mentorat destiné à faciliter l’entrée dans la profession.
Un allégement de 2 périodes face-classe aussi pour les à partir de 60 ans, afin de dégager du temps pour des missions collectives au bénéfice des écoles et des équipes éducatives.
Le projet « CDI-E », actuellement en concertation avec les acteurs de l’enseignement, poursuit également un objectif essentiel : offrir davantage de stabilité aux enseignants débutants grâce à une charge complète dès leur entrée dans le métier. Une réponse concrète alors qu’aujourd’hui encore, un jeune diplômé sur trois quitte la profession dans les cinq premières années.
Enfin, une revalorisation salariale de 5 % pour les nouveaux diplômés est prévue afin de reconnaître l’allongement de leur formation. Une tension barémique renforcée de 25%, entre enseignants et directions est également prévue afin de mieux reconnaître les responsabilités exercées.
Simplifier le quotidien des équipes éducatives
Les réformes engagées visent également à permettre aux enseignants de consacrer davantage de temps à leur mission première : transmettre les savoirs et accompagner les élèves.
C’est dans cette optique que plusieurs mesures de simplification administrative sont prévues. Les plans de pilotage seront allégés et l’obligation de rapportage dans le cadre du travail collaboratif (60 heures par an) sera suspendue pendant un an.
La diminution du nombre de détachés pédagogiques vise à lutter contre la pénurie de professeurs : renforcer la présence des enseignants et des directions au sein des écoles et des classes.
Préparer l’avenir avec responsabilité
La Fédération Wallonie-Bruxelles fait face à une situation budgétaire très délicate qu’il serait irresponsable d’ignorer. Préserver durablement notre capacité à financer l’enseignement, éviter de transmettre une dette toujours plus lourde aux générations futures et garantir le paiement des salaires d’ici 2029 constituent des impératifs auxquels il n’est pas possible de se soustraire. Cacher la poussière sous le tapis n’est pas une option.
Les réformes engagées poursuivent donc un double objectif : retrouver la maîtrise de notre budget pour réinvestir l’argent, qui sert actuellement à rembourser notre dette, dans nos écoles, pour augmenter la qualité de notre enseignement.



