Invité de l’émission Face à Buxant, le Ministre-Président Adrien Dolimont est revenu sur les réformes fiscales engagées par le Gouvernement wallon et sur leur avenir dans un contexte budgétaire plus exigeant. Si les modalités devront être analysées à la lumière de la trajectoire des finances publiques, une chose est certaine : il n’est pas question de renoncer à l’objectif. Évaluer pour ajuster si nécessaire, oui. Abandonner des réformes destinées à redonner du pouvoir d’achat aux Wallons, non.

Le retour à l’équilibre budgétaire est une nécessité. Mais il ne constitue pas une fin en soi. Pour le Gouvernement wallon, il s’agit avant tout de retrouver des marges de manœuvre afin de pouvoir continuer à diminuer la pression fiscale qui pèse sur les citoyens.

À la question de savoir s’il fallait revenir sur certaines réformes fiscales dans un contexte budgétaire plus exigeant, Adrien Dolimont a rappelé une ligne de conduite simple : une bonne politique publique est une politique qui s’évalue.

C’est précisément dans cet esprit que la réforme des droits d’enregistrement sera évaluée. Les acquéreurs qui possèdent déjà une habitation disposent, sous conditions, d’un délai de trois ans à compter de l’acte d’acquisition du nouveau bien pour revendre l’ancien tout en conservant le bénéfice du taux réduit. Ce n’est donc qu’à l’issue de cette période qu’un premier bilan complet pourra être dressé. Les retours du terrain, les effets concrets de la réforme ainsi que les éventuels effets d’aubaine seront analysés objectivement. Si des ajustements s’imposent, ils seront décidés sur la base des faits, et non des impressions.

La même logique vaut pour les droits de succession. Les modalités de la réforme prévue en 2028 pourront, elles aussi, être réanalysées à la lumière de la trajectoire budgétaire. En revanche, son objectif reste pleinement d’actualité.

Aujourd’hui encore, la Wallonie applique des droits de succession parmi les plus élevés d’Europe, avec des taux pouvant atteindre 80 % dans certains cas. Pour le Gouvernement, cette fiscalité présente un caractère excessif, voire confiscatoire. Il est normal que le patrimoine constitué au terme d’une vie de travail puisse être transmis dans de meilleures conditions.

C’est précisément pour cette raison que le Gouvernement a décidé, en début de législature, de réduire de moitié les taux des droits de succession à partir de 2028. Si les pourcentages devaient être adaptés afin de tenir compte de l’évolution des finances publiques, la volonté de diminuer cet impôt reste pleinement d’actualité. L’objectif demeure le même : permettre aux Wallons de transmettre davantage du fruit d’une vie de travail à leurs proches plutôt que de le voir partir en impôts.

Cette vision est cohérente avec l’ensemble de l’action du Gouvernement. Assainir les finances publiques ne consiste pas à accumuler des économies pour elles-mêmes. Il s’agit de rendre l’action publique plus efficace, de supprimer les dépenses inutiles et de dégager des marges afin de pouvoir progressivement rendre du pouvoir d’achat aux Wallons.

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