Sur les hauteurs chargées d’histoire de Blegny, devant plus de 2000 militants rassemblés, le président du Mouvement Réformateur Georges-Louis Bouchez a délaissé les slogans convenus pour imposer un récit plus profond : celui d’un pays qui doit réapprendre à croire en sa force.

Loin d’un simple appel à la détaxe, son discours a pris la forme d’un électrochoc, réhabilitant l’optimisme, la fierté du travail et la nécessité d’une croissance assumée comme moteur de progrès. Face à ce qu’il décrit comme une spirale de pessimisme et de dépenses incontrôlées, il a tracé une ligne claire : responsabiliser, réformer et redonner de l’oxygène à celles et ceux qui créent la richesse, ceux qui se lèvent le matin pour travailler.

Le président a opposé deux visions du pays : celle de la résignation et celle de l’ambition. Et c’est cette dernière qu’il a choisi d’incarner, en appelant à un sursaut collectif pour transformer les défis en leviers d’action.

 

Discours du président du MR Georges-Louis Bouchez
1er mai 2026
Blegny – Mine

 

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis tellement heureux de vous retrouver si nombreux sur ce magnifique site de Blegny. Alors il faut bien dire Blegny, sans accent. Le bourgmestre m’a expliqué qu’à la fusion des communes, ils ont fait une erreur au Moniteur Belge, omme quoi ça arrive, et ils ont mis un accent sur le E. Donc il faut se battre pour dire Blegny. En tout cas, c’est la volonté de Jérôme Cochart qu’on peut à nouveau applaudir bien fort pour le défi qu’il a rempli.

Je suis d’autant plus heureux d’être ici compte tenu de l’histoire du site. Certains nous ont dit qu’en fait, elle n’était pas à nous. J’ai vu une députée socialiste presque la larme à l’œil, vous pouvez retrouver les images sur Internet, vous expliquer que son grand-père était mineur. Eh bien, ça tombe bien, Christie, je suis aussi le petit-fils d’un mineur ! Et je voudrais dire que venir d’un milieu populaire ne vous oblige pas à la jalousie sociale, ne vous oblige pas à la haine de la réussite, ne vous oblige pas à la lutte des classes. Les valeurs populaires, c’est au contraire celle du travail, cells de la responsabilité, celle de ne pas se plaindre, celle qui veut lutter contre l’assistanat. Alors oui, chers amis libéraux, ici à Blegny, on est plus que jamais à notre place.

Aucun d’entre nous ici ne sait ce que ça a pu être de descendre si bas. Vous aurez l’occasion de le faire tout à l’heure puisque vous êtes plus de 800 à être inscrits pour descendre dans la mine. Vous verrez qu’il ne vaut mieux pas être trop grand et à quel point les gens étaient compressés pour aller travailler toute une journée au fond. Aucun d’entre nous ne l’a vécu, sauf un. Il y en a un qui est présent ici parmi nous et je vous demande de l’applaudir bien fort. Il a commencé à travailler à 14 ans, sur ce site, en 1955. C’est un homme exceptionnel.

(Témoignage de Michel qui raconte comment il a commencé à travailler dans la mine contre l’avis de sa mère, pour lui permettre à elle de pouvoir arrêter de travailler).

Merci 1000 fois Michel ! Je voudrais vraiment insister sur un élément du témoignage de Michel : c’est l’optimisme. Cela manque tant aujourd’hui dans la société. Si vous regardez le débat médiatique, tout est une catastrophe. Il y a plus rien qui va. Alors qu’on n’a jamais autant de confort. C’est complètement fou. Beaucoup sont responsables : les syndicats, les politiques, tous les acteurs du monde médiatique, parfois la presse aussi. Regardez le nombre de points d’exclamation dans les titres de presse. Il y a un journal en particulier qui est spécialiste.  Ca me stresse. Les points d’exclamation, ça veut dire qu’il se passe à un truc grave. Mais quand vous avez 20 points d’exclamation sur la journée, c’est que c’est la fin du monde. Il faut arrêter avec ça. Il faut rompre avec cette vision misérabiliste, cette vision dramatique. Oui, on a des problèmes. Oui, on a des défis. Mais regardez nos atouts : le niveau d’éducation le plus élevé de l’histoire de l’humanité, la plus longue espérance de vie, le plus haut, le plus haut niveau de richesse partagée, être au cœur de l’Europe dans une situation où il est quand même plutôt agréable de vivre ici par rapport à beaucoup d’autres endroits du monde… Cet optimisme, on doit le porter. Parce que si tous les matins, quand vous vous levez, vous vous dites que ça va pas, je peux vous dire qu’à la fin de journée, ça n’ira pas. Si par contre, on se lève le matin avec optimisme, alors on peut réaliser de grandes choses et ça, ça doit être le message des libéraux.

Alors bien sûr, il ne faut pas l’optimisme béat, on doit travailler pour l’alimenter. Travailler, c’est aussi faire en sorte de réhabiliter un concept qui, comme l’optimisme, a été complètement oublié, c’est celui de la croissance, sans laquelle notre système ne peut pas fonctionner. Ça fait au moins 15 ans que la classe politique ne vous parle plus de croissance. Certains vous parlent même, du côté de Liège, Charleroi, de Mons, de décroissance. Alors je vais juste vous donner un chiffre. Avant le début de ce gouvernement, le coût annuel des pensions était de 61 milliards d’euros. En 2030, les pensions coûteront 79 milliards d’euros. Si vous avez retenu vos bases de mathématiques, ce qui manifestement n’est pas le cas de certains de nos contradicteurs politiques, comment puis-je faire pour pouvoir assumer une charge qui est 18 milliards d’euros plus chère en à peine 7 ans si je n’ai pas de croissance ? Comment augmenter les salaires si je n’ai pas de croissance ? Comment faire face au défi climatique et celui de la transition ? Si je n’ai pas de croissance, comment faire pour soutenir les travailleuses et les travailleurs ? C’est la raison pour laquelle le Mouvement Réformateur va déposer aux différents niveaux de pouvoir un Big Deal de la croissance. Parce que ces dernières années, on nous a parlé beaucoup du Green Deal. Bien sûr que le climat est un enjeu essentiel, mais comment financer ce changement sans avoir les ressources financières. Aujourd’hui, cette croissance pouvoir s’appuyer sur une énergie abondante et bon marché. Cette énergie aujourd’hui, elle est composée avec plus de 60% taxes. Mais on nous explique que c’est la fatalité, que c’est le climat international, on nous dit en fait qu’on va mettre l’énergie chère pour que les gens fassent la transition. Aujourd’hui, la situation de nos concitoyens est assez simple. Vous avez une voiture thermique, l’essence est chère. Vous voulez passer à une voiture électrique ? Pas de bol, la voiture est chère et l’électricité aussi. Cette richesse nous permettra de relever nos défis. Ce n’est pas dans l’air du temps, certains vont nous fustiger mais on doit inverser les erreurs stratégiques faites depuis 25 ans en matière énergétique. L’énergie, c’est la base de notre civilisation et de notre développement économique et de notre bien être.

Cette croissance doit aussi nous aider à relever le défi budgétaire. On nous le présente comme insurmontable. Nous avons pris des engagements, fait des promesses, notamment sur le pouvoir d’achat. Ce n’est pas une simple promesse de campagne. Nous y travaillons et obtenons des résultats. Dans quelques jours, la réforme fiscale fédérale sera votée. En Wallonie, la baisse des droits d’enregistrement contribue à l’amélioration du pouvoir d’achat. Nous allons baisser de moitié les droits de succession. Nous avons décidé d’étendre les flexi-jobs et les jobs étudiants, ce qui permet d’améliorer son revenu. Alors bien sûr, il y a les fameux 500€. Le PS a trouvé le slogan. Je comprends l’impatience, je l’entends. Mais nous sommes en Belgique, les choses prennent du temps. Le budget n’est pas en bon état, les discussions politiques sont certainement beaucoup trop nombreuses et longues. Mais notre détermination permet de surmonter ces obstacles. Alors oui, cette réforme fiscale va rendre de l’argent tout en luttant contre les abus. Mais aujourd’hui, je veux le réaffirmer avec force, contrairement à nos opposants politiques, le Mouvement Réformateur n’est pas le parti de l’allocation sociale, mais le parti du travail.

Alors je vous le disais, on a 2 défis, on a le défi budgétaire et le défi du pouvoir d’achat. Certains estiment parmi les analystes que c’est impossible de faire les 2. Pourquoi ? Parce qu’en Belgique, on a toujours fait comme ça. Quand on avait un trou budgétaire, on mettait de l’impôt, de l’impôt et de l’impôt. Aujourd’hui, on n’est plus les seuls à dire que notre niveau de dépenses publiques est complètement intenable. Les agences de notation qui se sont exprimées ces 10 derniers jours ont établi également que notre pays était l’un des pays qui, dans le monde, a un des niveaux de dépenses publiques les plus élevés, avec 55% de notre PIB. Pour quel résultat ? Est-ce que vous trouvez que nos routes sont en meilleur État qu’aux Pays-Bas ? Est-ce que vous pensez que notre enseignement est de meilleure qualité ? Est-ce vous trouvez que notre justice est plus efficace ? Pourtant, si on ramène les Pays-Bas à la taille de la Belgique, nous dépenserions 60 milliards d’euros de moins chaque année. Parce qu’aux Pays-Bas, il y a moins de structures politiques, parce qu’aux Pays-Bas il y a moins de structures administratives, parce qu’aux Pays-Bas on ne triche pas sur la maladie, parce qu’aux Pays-Bas, on distribue pas des chèques n’importe comment. Alors Mesdames et Messieurs, je vais vous le dire très simplement, si on veut plus de pouvoir d’achat, c’est simple. Il faut moins d’État pour plus de pouvoir d’achat.

Alors évidemment, j’entends déjà la gauche. Vous allez être moins bien soignés, il y aura moins de policiers, les services publics ne seront plus accessibles, pour autant que les services publics le soient. Mais moins d’État, c’est avant tout lutter contre les abus en termes de politique sociale, comme les faux malades. Trois rapports officiels de l’ INAMI nous démontrent que, pour les échantillons qui ont été testés, on est à plus de 50% de cas qui sont des personnes mises en arrêt de travail à durée indéterminée alors que ces personnes pourraient reprendre une fonction semblable ou adaptée. C’est inacceptable. C’est aussi inacceptable d’avoir 3 fois plus de bâtiments de justice que dans les pays voisins. C’est inacceptable de continuer à avoir tant de structures publiques et d’avoir, rien qu’en Wallonie, 3,6 milliards d’euros chaque année de dépenses en plus que la Flandre. C’est inacceptable de faire croire aux gens que leurs bien-être passe par l’entretien d’un système qui, en fait, vise tout simplement à permettre à certaines formations politiques, mais aussi syndicats ou mutuelles, de prospérer. C’est inacceptable, Mesdames et Messieurs, que dans notre pays nous ayons des milliards d’euros d’argent public qui sont aujourd’hui gérés par des caisses privées et en plus marquées idéologiquement. C’est inacceptable, Mesdames et Messieurs, que nous ayons dû rendre 80 millions d’euros au syndicats. Savez-vous pourquoi ? Parce que nous n’avons pas assez de chômeurs. Oui, Mesdames et Messieurs, le gouvernement Vivaldi avait décidé, avec Pierre-Yves Dermagne, socialiste, de donner 80 millions d’euros aux copains, parce que les copains n’avaient plus assez de chômeurs à gérer. Qui doute encore que le chômage est le business model des syndicats et la maladie celui des mutuelles ? Combien de temps allons-nous nous voiler la face ? C’est là que les réformes doivent être faites. Parce que je suis d’accord avec le PS : il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres. J’aime bien Robin des Bois. Mais aujourd’hui, être Robin des Bois, c’est prendre à l’État pour rendre aux gens, et ces gens sont les travailleuses et les travailleurs.

Moins d’État pour plus de pouvoir d’achat doit nous amener à rencontrer nos objectifs budgétaires. J’entends aujourd’hui Pablo de Charleroi. Parce qu’il est très fan de l’Espagne. Vous avez remarqué ? Pablo, c’est Paul. Je l’appelle Pablo parce qu’il parle tout le temps de l’Espagne. L’Espagne, ce pays qu’il trouve formidable, ce pays où la pension est à 67 ans, sans possibilité de partir avant, ce pays où le salaire minimum est 2 fois plus faible qu’en Belgique, ce pays où la corruption est présente partout dans le gouvernement, ça doit lui rappeler des souvenirs. Est-ce sérieux d’accorder de l’espace médiatique à quelqu’un  qui nous a expliqué il y a 10 ans qu’on ne devait pas signer l’accord commercial avec le Canada, le fameux CETA, qui aujourd’hui a rapporté plus de 2 milliards d’euros à la Wallonie ? Ce même Monsieur qui expliquait encore en 2021 que le nucléaire, je cite, « la page, était tournée ». Manifestement, il n’a pas pris le bon livre, ce monsieur. Qui a fait de Charleroi ce qu’est Charleroi ? Et qu’on s’entende bien, parce que je suis fatigué par les caricatures, j’aime profondément Charleroi. J’aime tellement Charleroi que mon fils y est né. Mais je déteste par contre ce qu’on a fait de Charleroi. Alors franchement, quand on met sa ville en faillite, quelle est la légitimité de venir donner des leçons à ceux qui doivent rattraper 50 ans de gabegie socialiste en Wallonie ? 40 ans de gâchis socialiste à Bruxelles et on voudrait qu’en quelques mois tout soit résolu ? Alors j’entends souvent les camarades me dire :  « mais les libéraux étaient toujours là, toujours avec eux, sauf une fois ». La seule fois où n’était pas avec le PS, le déficit budgétaire a été réduit à -0,7. C’était la Suédoise. Je vous invite vraiment à reprendre les articles de presse de l’époque parce que, à moins 0,7, on avait le sentiment qu’on avait pris les billets et qu’on les avait jetés par la fenêtre. Aujourd’hui, pour vous donner un ordre de grandeur, on est à moins -5, pas 0,5, 5 et ça, ce n’est pas notre bilan. Je refuse d’entendre ça. Qui a voulu, comme il le propose aujourd’hui, continuer à injecter de l’argent sans limite ? Qui n’a pas voulu réformer le chômage, comme l’a fait David Clarinval ? Qui n’a jamais voulu réformer la question des malades de longue durée ? Qui n’a jamais souhaité réduire le train de vie de l’État ? C’était nous peut-être ? Alors maintenant, figurez-vous que, c’est la dernière blague à la mode, Il s’intéresse aux entreprises et aux chiffres des faillites. Est-ce qu’il y a quelqu’un dans la salle qui pense qu’une faillite d’entreprise arrive du jour au lendemain ? Aujourd’hui, ces résultats, ce sont les résultats des gouvernements précédents, d’un plan de relance wallon qui n’était pas financé et qui coûte 5 milliards d’euros, d’une injection d’argent sans distinction. De l’octroi trop généreux du statut BIM, des tarifs sociaux à tout va… Parce que l’argent de l’État n’était jamais suffisant pour pouvoir garantir ses bastions électoraux. Alors oui, je vous le dis, c’est vrai, en 14 mois, on n’a pas encore réussi à tout résoudre. C’est vrai qu’en 14 mois de gouvernement fédéral et en 20 mois de gouvernement régional, on n’a pas encore su tout remettre en ordre. Mais je voudrais juste vous attirer l’attention sur un point. C’est qu’il reste aujourd’hui 36 mois. Ça veut dire pour ceux qui aiment le football, on n’en est qu’à la 30e minute de la vie de ces gouvernements. Il en reste 60 et peut-être des arrêts de jeu.

Alors Mesdames et Messieurs, ce que je veux vous dire par rapport à ça, c’est qu’encore une fois, je comprends l’impatience et moi aussi je veux qu’on aille plus vite. Mais je suis certain que les prochains mois vont être décisifs. Et je vous demande déjà de regarder tous les buts qui ont été mis pendant ces 30 minutes écoulées et surtout de travailler pour que les 60 minutes restantes ressemblent au match PSG Bayern de Munich, parce qu’après 30 minutes il y avait déjà beaucoup de buts marqués et on va encore en marquer beaucoup.

Alors pour réaliser ce travail, on va avoir besoin des équipes. A la manœuvre, il y a des ministres, il y a des présidents de Parlement. Alors avant de conclure mon discours, je voudrais vraiment les mettre en évidence. Parce que la situation n’est pas simple. Encore une fois, ils sont courageux, ils ont la volonté, ils prennent leurs responsabilités. Ils subissent mes appels quotidiennement. Rien que pour ça, ils méritent des grands applaudissements. Je vais maintenant tous les appeler à me rejoindre sur scène. On aura aussi besoin de chaque parlementaire, de chaque élu local, les bourgmestres, les échevins, les conseillers communaux et CPAS, et surtout de chacun d’entre vous. Soyez fiers d’être des libéraux !