À l’heure où s’ouvre le conclave budgétaire fédéral, David Clarinval, vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi, a tenu à rappeler une évidence : on ne redresse pas un budget uniquement en réduisant les dépenses ou en augmentant les impôts. Dans un entretien accordé au Soir aux côtés du patron de la FEB, Pieter Timmermans, il plaide pour que la croissance devienne la « brique manquante » de l’équation budgétaire, au même titre que les économies et les mesures décidées mais non exécutées.
Les chiffres justifient cette priorité. Depuis l’an 2000, la croissance ralentit en Europe, et la Belgique, longtemps plus dynamique que ses voisins, n’a plus cet avantage. Une croissance de 0,5 % supplémentaire d’ici 2029 rapporterait 1,5 milliard d’euros, un objectif réaliste grâce à des mesures concrètes, déjà transmises aux partenaires de la coalition.
Parmi elles figurent un milliard d’euros de baisses supplémentaires de cotisations sociales pour alléger le coût du travail, la simplification administrative et un cadre fiscal qui récompense davantage la prise de risque. Autre enjeu : mieux orienter l’épargne des Européens vers le financement de nos propres entreprises. Aujourd’hui, 40 % des licornes européennes se tournent vers des fonds américains pour se développer, alimentés en partie par cette même épargne.
Sur les subsides aux entreprises : pas question d’y toucher. Dispense de précompte pour les chercheurs, travail de nuit et en équipe : ces dispositifs soutiennent la compétitivité. Les remettre en cause pénaliserait par exemple le secteur pharmaceutique, qui pèse 15 % des exportations belges. David Clarinval réaffirme aussi son opposition à une hausse de la TVA, qui coûterait aux ménages comme aux entreprises sans produire l’effet budgétaire espéré.
Il s’agit donc d’assainir sans sacrifier l’économie, soutenir celles et ceux qui entreprennent et créent de l’emploi et envoyer un signal positif à nos entreprises



