Baisse des ventes papier, concurrence des grandes plateformes, difficultés de distribution, arrivée de l’intelligence artificielle : la presse écrite connaît de profonds bouleversements. Pour le MR, une priorité s’impose : donner un avenir à une information professionnelle, indépendante et pluraliste.
Sous l’impulsion de la ministre des Médias Jacqueline Galant, le groupe MR de la Fédération Wallonie-Bruxelles a pris l’initiative d’organiser de larges auditions sur la situation de la presse écrite. Le programme prévoit d’entendre 43 acteurs du secteur d’ici la fin février 2027 : experts, éditeurs, représentants des journalistes, pure playeurs, acteurs de la distribution et de la publicité ou encore régulateurs. L’objectif est d’établir un diagnostic de la situation, confronter les analyses et dégager des pistes de solution pour accompagner au mieux le secteur.
Adapter les aides aux réalités d’aujourd’hui
Il ne s’agit pas seulement d’une crise du papier. C’est toute la manière de produire, de financer et de consulter l’information qui évolue. Les aides à la presse, dont le principal dispositif repose sur un décret de 2004, doivent donc être évaluées et ensuite réformées à la lumière de ces transformations.
Pour le MR, les moyens publics doivent avant tout soutenir l’innovation et la production d’une information de qualité, vérifiée et pluraliste, dans le respect de l’indépendance des rédactions. L’enjeu n’est pas d’opposer le papier au numérique, mais de préparer l’avenir sans laisser de côté les citoyens moins à l’aise avec les nouveaux outils. La diversité des lignes éditoriales feront également l’objet d’une attention particulière, notamment dans le contexte de la fusion entre Rossel et IPM.
Ne pas abandonner la presse en pleine transition
La distribution des journaux constitue un autre point d’attention. Le crédit d’impôt fédéral qui accompagne sa réorganisation arrive à échéance le 31 décembre 2026, alors que la presse écrite n’a pas encore terminé sa mutation. Pour Olivier Maroy, député au Parlement de la Fédération-Wallonie, « on ne peut pas abandonner la presse écrite au milieu du gué, alors qu’elle est en pleine transition. »
Les auditions permettront aussi d’aborder la concurrence jugée déloyale par les éditeurs de presse entre l’offre écrite gratuite de la RTBF et celle des médias privés, qui cherchent à financer leurs contenus numériques par l’abonnement.
Au-delà des questions économiques, l’enjeu est démocratique. Face à la désinformation et aux contenus générés par l’intelligence artificielle, le journalisme professionnel et l’éducation aux médias sont essentiels. Comme le souligne Olivier Maroy : « Plus que jamais on a de journalistes professionnels qui analysent et qui décryptent. »