La Commissaire européenne à l’Égalité, à l’État de préparation et à la Gestion des crises, Hadja Lahbib, a présenté cette semaine la réponse officielle de la Commission européenne à l’Initiative citoyenne européenne « Interdiction des pratiques de conversion dans l’Union européenne », qui a recueilli plus d’un million de signatures à travers l’UE.

Une recommandation historique

Ce 13 mai 2026, la Commission européenne a annoncé son intention d’adopter d’ici 2027 une recommandation appelant tous les États membres à interdire les pratiques de conversion. C’est la première fois dans son histoire que l’Union européenne adopte un acte juridique ciblant spécifiquement la protection des droits des personnes LGBTQIA+.

La Commissaire Lahbib : « Médication forcée. Décharges électriques. Isolement. Abus sexuels. Viol. On appelait ça des “thérapies”. Ce n’est pas une thérapie. C’est de la torture. Ces pratiques entraînent de graves troubles mentaux, trouble de la personnalité qui peuvent mener à une dépression grave. Il n’y a rien à guérir. Et ces pratiques n’ont aucune place dans notre Union. ».

Pourquoi une recommandation et non une directive contraignante ?

L’UE dispose de compétences limitées pour légiférer en matière. Ça veut dire qu’une directive européenne aurait une portée limitée, risquant d’exclure une partie de la communauté LGBTIQ+, la plus vulnérable et la plus touchée par ces pratiques terrifiants.

En outre, une directive européenne sur ce sujet aurait nécessité l’unanimité des 27 États membres au Conseil , une condition quasi impossible à remplir dans le contexte politique actuel, comme en témoigne la directive sur l’égalité de traitement, bloquée depuis 2008.

Une recommandation permet d’agir rapidement, de couvrir l’ensemble des personnes LGBTQIA, y compris sur les questions d’identité de genre et d’expression de genre  et de s’appuyer sur les bonnes pratiques des États membres qui ont déjà légiféré. De manière ambitieuse et complète. C’est l’instrument le plus rapide et le plus réaliste disponible.

Un combat qui continue

L’espace européen reste, à l’échelle mondiale, le territoire où les droits des personnes LGBTQIA sont les mieux protégés. Le contraste avec les États-Unis est saisissant. Le 31 mars 2026, la Cour suprême américaine a jugé inconstitutionnelle une loi du Colorado interdisant les pratiques de conversion pour les mineurs, au nom de la liberté d’expression. Dans un contexte où des protections fondamentales pour les personnes transgenres ont été supprimées, ce recul rappelle que les droits LGBTQIA ne sont jamais définitivement acquis.

La recommandation de la Commission européenne en est la confirmation. Mais il faudra aller plus loin et plus vite.