Cap sur la province du Brabant wallon cette semaine. Le 26 mars dernier, Mme Laurence Rotthier a prêté serment en tant que députée provinciale, passant le relais de l’écharpe mayorale à Mme Virginie Hermans-Poncelet.

Après plus de vingt-cinq ans d’engagement au niveau communal, elle relève aujourd’hui un nouveau défi qu’elle aborde avec sérénité et une réelle curiosité. Entretien.

 

Laurence, toutes mes félicitations pour ton nouveau poste ! Il s’agit clairement de l’aboutissement d’un long parcours d’engagement politique au niveau communal à Lasne : échevin pendant douze ans, puis bourgmestre durant près de quatorze ans, tu as récemment rejoint le collège provincial en remplacement de M. Christophe Dister. Peux-tu revenir sur ton parcours ?

Bien sûr. Je me souviens encore du jour où j’ai poussé, pour la première fois, la porte de la maison communale en tant qu’élue. J’étais tellement excitée à l’idée de découvrir mes nouvelles responsabilités et de participer activement à la vie, à la gestion et à l’avenir de mon village. Pendant 12 ans, j’ai eu la chance d’être en charge de matières essentielles comme l’enseignement, la jeunesse, l’environnement… Douze années qui m’ont énormément appris, humainement et professionnellement, sur la complexité et la richesse de la gestion publique. Puis, en 2012, j’ai été élue bourgmestre. Et très vite, j’ai compris que rien ne nous prépare réellement à cette fonction. Aucun jour passé à la maison communale n’a ressemblé à un autre. Il y a des projets qui prennent vie, des inaugurations, des mariages, des événements sportifs, culturels, des fêtes de village… des instants historiques inoubliables comme le bicentenaire de la Bataille de Waterloo. Il y a les moments où malheureusement les mots ne suffisent pas, ceux où il faut faire face aux inondations, aux incendies, aux accidents graves, à la crise du covid, à la guerre en Ukraine et ses conséquences … Il y a aussi des jours où il faut prendre des décisions qui ne font pas l’unanimité, qui ne vont pas plaire à tous mais qu’on assume avec responsabilité. Au fil des années, j’ai vu ma commune évoluer, grandir, se transformer… Chaque jour, je suis restée fidèle à moi-même, en cherchant à rassembler, à créer du lien, à fédérer et à unir les énergies autour de projets communs et de valeurs partagées.

Après avoir mené tant de projets pour Lasne, tu reprends les compétences de M. Dister, à savoir l’enseignement, les sports, FormationBW, le Domaine du Château d’Hélécine ainsi que la présidence de la zone de secours. Toi qui avais débuté comme échevin de l’Enseignement, c’est en quelque sorte un beau retour aux sources. Peux-tu nous faire part de tes projets dans ce domaine ainsi que dans tes autres compétences ?

Je suis très heureuse de renouer avec mes premiers amours : l’enseignement. Il est peut-être encore un peu tôt pour détailler des projets précis, mais depuis ma prise de fonction, j’ai entamé un tour des écoles provinciales afin de rencontrer les directions, les équipes pédagogiques, techniques, et de découvrir les infrastructures. L’enseignement BW c’est plus de 5.000 élèves répartis dans plusieurs établissements situés à Nivelles, Court St Etienne, Wavre, Tubize et Jodoigne. Ces visites donnent lieu à des échanges particulièrement riches et me permettent de mieux appréhender un enseignement secondaire, à la fois de transition et surtout qualifiant, que je connaissais encore peu. C’est une véritable découverte. Je mesure aujourd’hui toute la richesse et la diversité des options proposées par l’enseignement provincial, en lien direct avec les besoins de notre territoire. L’un des projets sera certainement d’accorder une attention toute particulière à la revalorisation des filières qualifiantes ainsi qu’à l’image d’Enseignement BW et ce en lien avec les réformes en cours.  L’objectif sera aussi de mieux faire comprendre aux jeunes et à leurs parents que ces filières offrent de réelles opportunités, notamment celle de se former en vue de créer leur propre entreprise.

Je suis également en charge des sports. Dès mon arrivée, j’ai eu l’opportunité d’assister à l’inauguration du stade de hockey de Wavre, dont la Province est partenaire. Ce nouvel équipement constitue un magnifique outil. Ce sera pour moi, une belle occasion de vivre de près la Coupe du monde 2026, mais aussi de mettre en valeur cette discipline à travers les différents événements qui seront organisés autour du hockey.

Je suis également présidente de la zone de secours du Brabant wallon. C’est, là aussi, une belle opportunité de poursuivre mon engagement en matière de sécurité, dans la continuité de ce que j’ai pu mener au sein de la zone de police de la Mazerine, où j’exerçais déjà la présidence.  Pour terminer, je suis en charge de FormationBW ainsi que du Domaine provincial du Château d’Hélécine, des matières que je m’apprête à découvrir dans les prochains jours.

Passer de la gestion d’une commune à la gestion quotidienne d’une province doit être assez impressionnant. Dans un contexte de réforme des provinces, entamée par le gouvernement, comment abordes-tu l’avenir à l’aube de cette réforme ?

Très sereinement. Le passage à une échelle plus large est certes nouveau, mais aussi stimulant que riche en défis. J’aborde la réforme comme une opportunité de réaffirmer le rôle supracommunal de la Province. Toute compétence est bien entendu potentiellement transférable à condition que les réorganisations envisagées apportent une réelle plus-value. De mon expérience de bourgmestre, je constate toutefois que certaines réformes, notamment celle des fusions des zones de police ou de secours, n’ont pas toujours généré les économies escomptées. Cela invite à avancer avec pragmatisme et sérieux dans l’examen de cette réforme.