
C’est à Lasne que nous allons poser nos valises cette semaine, à la rencontre de Virginie Hermans-Poncelet, héritière très récente du mayorat suite au départ de Laurence Rotthier pour la Province en tant que deuxième meilleur score de la commune en 2024.
Sportive dans l’âme, endurante dans le travail, elle entend être présente sur le terrain et surtout disponible pour sa commune.
Virginie, fraîchement nommée bourgmestre, ton parcours remonte déjà à 2018, où tu avais été élue 4e échevine. Tu as précédemment été active dans le privé également. Ton enthousiasme est à souligner. Peux-tu revenir un peu sur ton parcours, tant de ton côté qu’au sein de la famille libérale ?
Je suis née et j’ai grandi à Lasne, village auquel je suis profondément attachée. C’est ici que je me suis construite et que j’ai ensuite fondé ma propre famille. Cet enracinement local est au cœur de mon engagement.
A la suite de mes études universitaires en sciences économiques à l’UCL, j’ai travaillé dans le domaine informatique. Parallèlement à mon parcours professionnel, je me suis investie dans la vie associative, notamment dans le domaine de la sensibilisation à la sécurité routière. Sportive de nature, j’ai développé à travers le sport le goût de l’effort, le dépassement de soi et l’importance du collectif, des valeurs bien utiles dans mes nouvelles fonctions.
Mon parcours politique a débuté en 2018, de manière assez directe puisque je suis passée de citoyenne engagée à échevine en rejoignant le Collège communal. A travers mes attributions scabinales, j’y ai découvert la gestion d’une commune, notamment via la compétence de l’Enseignement qui a été une véritable école de responsabilité, de gestion humaine et de prise de décision.
Au sein de la famille libérale, j’ai trouvé bien plus qu’un cadre politique, une manière d’agir qui correspond profondément à ce que je suis. Je crois à la responsabilité individuelle autant qu’à la responsabilité collective, à la liberté qui s’accompagne d’engagement et également à un pouvoir qui n’a de sens que s’il est utile et concret. Le libéralisme que je défends est un libéralisme de terrain : celui qui encourage l’initiative et privilégie des solutions pragmatiques plutôt qu’idéologiques.
Aujourd’hui, j’aborde mes nouvelles fonctions avec entrain, lucidité et humilité. J’ai l’ambition de vouloir bien faire, mais pas la prétention de savoir tout faire. Je sais pouvoir compter sur mes collègues politiques et les collaborateurs de mon administration à la fois impliqués et compétents, dont l’expertise est précieuse au quotidien. A ce stade, mon enthousiasme de départ reste intact, même s’il s’accompagne d’une capacité de recul et d’une vision transversale indispensables à la fonction de bourgmestre.
Tu sembles avoir beaucoup de projets pour Lasne, et les multiples compétences dont tu t’enquiers t’offriront certainement la possibilité de réaliser pas mal de choses : pilotage stratégique et transversal de la commune, enseignement, jeunesse, communication… Peux-tu nous éclairer sur ta vision de l’avenir de ta commune ?
Ma vision pour Lasne s’inscrit dans la continuité du travail accompli, tout en préparant activement la suite.
Sur le plan territorial, nous devons préserver ce qui fait notre identité tels que notre cadre de vie, notre caractère semi-rural et notre qualité environnementale, tout en répondant aux défis d’aujourd’hui et de demain. Cela implique une gestion rigoureuse dans une situation budgétaire exigeante. C’est dans cet esprit que s’inscrivent nos outils de planification, notamment le Master Plan, qui visera à redéfinir le centre de Lasne, ainsi que le Schéma de Développement Communal, qui permettra de structurer les différentes centralités de la commune, de mieux organiser les fonctions du territoire et d’assurer un développement cohérent et maîtrisé.
Sur le plan humain, ma priorité est de renforcer le lien entre les habitants et entre les générations, afin que chacun trouve pleinement sa place au sein de notre commune. Cela passe par une présence de terrain, une écoute active, une communication claire mais aussi par le développement d’une offre d’activités et de loisirs accessible à tous, quels que soient les âges, à travers le sport, la culture et les actions de solidarité entre autres. Les festivités locales, moments privilégiés de rencontre et de partage, continueront à jouer un rôle essentiel pour rassembler les citoyens et faire vivre pleinement notre village. J’accorde également une attention particulière à l’Enseignement, avec un réseau d’écoles fondamentales varié et de grande qualité, en poursuivant le développement de coopérations entre les écoles autour de thématiques universelles au bénéfice des enfants.
Lasne a la chance de pouvoir compter sur une population fidèle et attachée à son milieu de vie privilégié. Cette réalité nous invite aussi à anticiper l’avenir, tant en nous penchant sur la question du logement pour les jeunes, afin de leur permettre de s’ancrer à leur tour dans notre commune, qu’en portant une attention particulière à nos aînés, notamment en développant des alternatives favorisant leur accompagnement et leur qualité de vie.
Lasne est une commune connue dans toute la Belgique, car l’attrait qu’elle suscite pour les nouveaux acquéreurs bruxellois, de par sa tranquillité et la beauté de ses quartiers, n’est plus à défendre. Cette commune particulière dispose de beaucoup d’atouts et d’une population dynamique. Comment envisages-tu sa place dans le Brabant wallon ?
Lasne occupe une place singulière dans le Brabant wallon. Son attractivité dépasse largement ses frontières, notamment en raison de la qualité de vie qu’elle offre et de son environnement préservé et vivant, ainsi que de ses plus de 200 km de promenades balisées à travers nos sentiers et chemins qui participent pleinement à son identité et à son art de vivre.
Cette attractivité est une réelle opportunité, mais elle implique aussi la responsabilité de maîtriser notre développement pour préserver ce qui fait notre identité. Il ne s’agit pas de figer Lasne, mais pas davantage de céder à un développement déraisonnable ; l’enjeu est de veiller à une évolution harmonieuse, respectueuse de son patrimoine et de son équilibre.
En outre, nous avons également fait le choix de mener une politique de fiscalité modérée, parmi les plus basses de Wallonie, tout en garantissant des services de qualité aux citoyens. C’est un équilibre exigeant, mais que nous nous efforçons de maintenir, malgré le contexte actuel instable.
Lasne doit continuer à affirmer sa spécificité, tout en s’inscrivant pleinement dans les dynamiques du Brabant wallon. Les enjeux actuels qu’ils concernent la mobilité, l’aménagement du territoire ou l’environnement dépassent les frontières communales et nécessitent une collaboration étroite avec les communes voisines. La protection de l’environnement est, à cet égard, une priorité forte. Lasne a d’ailleurs été pionnière en étant l’une des premières communes à se doter d’un échevinat de l’environnement, et nous poursuivons aujourd’hui une politique active et concrète en la matière.
C’est dans cet équilibre entre préservation, développement maîtrisé et coopération que Lasne continuera à trouver pleinement sa place au sein du Brabant wallon.




