Le Conseil du MR tire la sonnette d’alarme : il faut immédiatement activer le cliquet inversé sur les carburants pour protéger les consommateurs. Sans réaction, le MR ne pourra plus faire comme si de rien n’était et devra agir en conséquence. L’État ne peut pas tirer profit de la facture énergétique : toute augmentation de recettes doit être rendue aux citoyens.
Au-delà de cette urgence, il faut ouvrir les yeux de l’Europe et agir fort face au défi de l’approvisionnement : les prix de l’énergie explosent et, à ce rythme, l’approvisionnement de l’UE à long terme n’est plus garanti. Le MR a bâti son action sur un triptyque clair – prospérité, souveraineté, décarbonation – et constate que la trajectoire européenne va dans la direction inverse. Il faut en priorité viser la prospérité. Celle-ci nécessite une énergie abondante et peu onéreuse, quelle qu’en soit la source, en y incluant des objectifs climatiques. La prospérité est la condition sine qua non de l’innovation technologique, la décarbonation en sera une conséquence bénéfique.
Nous exigeons un sursaut réel au niveau de l’UE. Les choix de ces dernières années nous ont enfermés dans une dépendance industrielle et un surcoût énergétique de plus en plus fréquents. Cette soumission est dangereuse. Il faut casser ce modèle et reconstruire une politique d’investissement massive dans nos propres filières, sur la base d’une énergie bon marché et accessible grâce aussi à des partenaires de confiance.
Aujourd’hui, l’UE est à nu sur le plan géopolitique, son tissu productif se délite à grande vitesse et elle reste incapable d’investir sérieusement dans les filières industrielles dont celles de la décarbonation. Surréglementation, fiscalité punitive, énergie structurellement chère et objectifs européens dispersés – parfois même contradictoires – bloquent purement et simplement toute réindustrialisation.
Or, la réindustrialisation de nos secteurs stratégiques (énergies bas carbone, matières premières, numérique, défense, chimie) est une condition de survie pour notre souveraineté, mais elle est entravée par des normes asphyxiantes et une énergie trop chère. Nous devons rouvrir toutes les options de diversification de nos approvisionnements y compris fossiles, mener une transition efficace et reporter sans attendre les législations qui laminent le pouvoir d’achat et la compétitivité (RED III transport, ETS II), afin de les réévaluer à l’aune de notre objectif prioritaire de réindustrialisation.
L’entrée en vigueur de l’ETS II et de RED III signifie un prix structurel de 2€/litre, soit entre 7 et 10 milliards de taxes sur le pétrole et le gaz à partir de 2028.
Le MR refuse de coincer les ménages et les entreprises sans alternatives crédibles, au moment où les réseaux électriques peinent à suivre. Le moment est grave et la transition prendra du temps. Temps durant lequel nous devrons garantir le niveau de vie de nos concitoyens mais aussi l’avenir de nos entreprises. Des décisions majeures s’imposent.
Nous demandons une position claire de la Belgique auprès de l’UE.
Une énergie abondante et peu chère est la clé de la croissance et du bien-être. L’Europe l’a oublié et il est l’heure de s’en souvenir si l’on ne veut pas sombrer.




