Le dossier des certificats verts est une véritable saga. Depuis son arrivée au gouvernement wallon, le MR a créé un groupe de travail pour enfin trouver une solution à ce problème. Ce groupe de travail propose maintenant la mise en place d’une taxe Energie Verte de 45 euros par an et par ménage wallon. Le MR s’y oppose.

Un héritage du passé

Les gouvernements wallons précédents portent une lourde responsabilité dans le fiasco des certificats verts. En particulier les ministres André Antoine (cdH) et Jean-Marc Nollet (Ecolo).

En 2007, André Antoine (cdH) octroie sept certificats verts, au lieu d’un seul, aux petits producteurs photovoltaïques.  Le système est attractif. En effet, à chaque fois qu’un mégawattheure (MWh) d’électricité est généré, son producteur reçoit un certificat vert. Le producteur peut revendre ce certificat vert à un prix minimal de 65 euros. Les rendements intéressants de l’investissement séduisent les ménages wallons. Ceux-ci installent donc massivement des panneaux sur leurs toits.

En 2011, la Commission Wallonne pour l’Energie (Cwape) tire la sonnette d’alarme au sujet d’une subsidiation excessive. Jean-Marc Nollet (Ecolo) attend avant de réformer le système. Il laisse ensuite deux mois aux ménages intéressés pour payer un acompte et bénéficier des conditions très avantageuses. Résultat, des milliers d’installations nouvelles viennent alimenter la bulle. Enfin, en 2013, face à l’afflux de certificats verts sur le marché, Jean-Marc Nollet décide de faire passer de 15 à 10 ans la durée d’octroi de certificats verts. Le ministre PS  Paul Furlan confirmera plus tard cette décision.

Le groupe de travail souhaite une taxe Energie Verte

En 2017, le MR revient au pouvoir en Wallonie. Jean-Luc Crucke (MR), nouveau ministre de l’Energie, crée un groupe de travail. Son objectif est d’aboutir à des recommandations en vue de résorber la dette des certificats verts. Le gouvernement wallon estime alors cette dette à environ 2 milliards d’euros au total. Ce groupe de travail réunit des acteurs aux intérêts divergents. On y retrouve par exemple Edora, représentant de la filière renouvelable mais aussi « Touche pas à mes certificats verts », qui représente les petits producteurs photovoltaïques.

Le groupe de travail a rendu ses conclusions. Il demande premièrement de mettre fin à l’attribution des certificats verts. Pour cela, le groupe demande une réflexion sur un nouveau mécanisme de soutien aux énergies renouvelables.

Autre proposition, plus polémique : une taxe photovoltaïque de 45 euros. Damien Ernst, président du groupe, défend cette idée. Cette taxe permettrait d’éponger le déficit du système des certificats verts. La contribution forfaitaire serait de 45 euros par an par ménage. Selon Damien Ernst, la contribution proposée permet de rapporter environ 133 millions par an et de résorber entièrement le déficit du mécanisme sur la période 2018-2021 »

Enfin, le groupe de travail recommande de regrouper sur la facture d’électricité les trois contributions vertes en une seule, nommée « transition énergétique ».  Cet argent servirait à soutenir les nouveaux projets renouvelables. Il servirait également pour réaliser des économies d’énergie dans les bâtiments publics  comme les écoles, les crèches ou les hôpitaux

Le MR est opposé à une taxe Energie Verte

Les conclusions du groupe de travail n’engagent pas le gouvernement. La CWAPE doit maintenant rendre un avis. Puis le gouvernement wallon tranchera, sans doute au mois de juillet. Mais le ministre MR de l’Energie Jean-Luc Crucke a déjà dit qu’il n’était pas favorable à une nouvelle taxe. Le ministre-président wallon MR Willy Borsus est du même avis.

Jean-Luc Crucke a notamment déclaré ceci. « Je suis un libéral. Dans la philosophie libérale, on ne considère pas que c’est en taxant qu’on trouve une solution. Ma responsabilité politique est de trouver d’autres solutions. A partir du mois de juillet, il n’y aura plus d’aides publiques pour les panneaux photovoltaïque. Le système est désormais rentable. Nous savons qu’il reste du chemin à faire avant d’atteindre nos objectifs climatiques en 2030. Mais cela ne doit pas passer par de nouveaux impôts. Il y a des conclusions très intéressantes dans les recommandations du groupe de travail. Et si l’idée de la taxe n’est pas retenue, il ne faut pas croire que nous ne proposerons rien. Je suis aussi ministre du Budget et j’ai donc les cartes en main pour trouver des sources alternatives de financement ».

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