À Libramont-Chevigny, le Président du Parlement de Wallonie Willy Borsus a pris la parole lors des vœux du Mouvement Réformateur en province de Luxembourg, saluant « la famille libérale rassemblée autour de valeurs de travail, de liberté et de responsabilité ».
Il a d’abord félicité Libramont pour son accession au statut de ville « à Libramont, tout est bon », avant d’adresser un message fort au monde agricole : « Si le monde agricole connaît la concurrence, encore faut-il que celle-ci soit équilibrée, avec les mêmes règles et les mêmes armes. »
Revenant sur les débats autour du Mercosur, il a appelé le Parlement européen à refuser tout accord qui affaiblirait les producteurs locaux :
« Si nos marchés sont envahis par des produits qui détruisent nos filières, ce sera un échec collectif. » Reconnaissant la légitimité de la colère agricole, il a rappelé que « ce sont nos agriculteurs qui, chaque matin, assurent notre autonomie alimentaire et la sécurité de nos approvisionnements ».
Sur le plan institutionnel et économique, Willy Borsus a mis en avant « la vague de réformes sans précédent » menée par les gouvernements MR depuis le début de la législature : valorisation du travail et de l’effort, réforme du chômage limitée à deux ans, baisse des droits d’enregistrement, simplifications administratives et défense du nucléaire. « Je n’avais jamais vu, en si peu de temps, une telle succession de réformes structurelles. » Il a souligné que ces mesures, parfois débattues mais « indispensables », visent à restaurer les fondamentaux de la société et à garantir des perspectives pour les générations futures.
Enfin, le ministre a condamné avec fermeté la violence politique, faisant référence aux incidents récents à Liège : « On peut débattre, contester, argumenter, mais jamais intimider. La liberté d’expression ne s’exerce pas sous la menace. »
Il a conclu en citant Voltaire: « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire », et en rappelant la nécessité du respect démocratique comme socle du vivre-ensemble.
Dans une ambiance conviviale, il a souhaité à tous une belle année 2026 sous le signe de l’action, de la solidarité et de la fierté libérale, avant de lancer : « Les services de déneigement ne commencent qu’à 5 heures, profitons-en pour lever un dernier verre d’Orval à la liberté ! »
Retrouvez l’intégralité du discours de Willy Borsus, Président du Parlement de la Wallonie aux vœux du MR en Luxembourg
Bonsoir à toutes et à tous, chers collègues mandataires, chers amis militants. Merci Benoît pour tes propos empreints de bon sens comme à l’accoutumée, empreints également d’une analyse profonde et d’une connaissance qu’il a tout autant de notre famille politique, de nos convictions et de nos mandataires.
Je voudrais tout d’abord féliciter la bourgmestre de Libramont, La dernière fois que nous nous sommes rencontrés ici même, Libramont était encore une commune. Depuis lors, mesdames et messieurs, Libramont a été élevé au rang de ville par le Parlement wallon unanime, reconnaissant ainsi les nombreux atouts, qualités, l’activité et l’ensemble des perspectives de cette ville qui nous accueille aujourd’hui. Déclinant désormais cette expression étonnante, à Libramont, tout est bon, comme dans le cochon. Félicitations, Madame la Bourgmestre. d’une ville désormais.
Plus sérieusement, mesdames et messieurs, je voudrais, à l’instar de la rencontre qui vient d’avoir lieu avec notre président, Georges-Louis Bouchez, avec Benoît, avec nos parlementaires et un certain nombre de représentants, je voudrais, je suis certain à cet égard, que je me fais votre porte-parole, exprimer un message à l’attention du monde agricole. Le monde agricole présent ici, présent devant notre assemblée, ce monde agricole que nous connaissons, puisqu’il fait partie de nos racines, puisque nous connaissons leur travail.
Nous mesurons à quel point, lorsque à 6 heures du matin, en moins 12 degrés, il y a deux jours, la lumière s’allume en Haute-Ardenne ou ailleurs, en Luxembourg ou en province de Namur, ou plus largement en Wallonie, c’est un agriculteur qui débute son travail. Lorsque nous voyons les phares à l’automne illuminer la nuit, c’est un agriculteur qui probablement finit son silo de maïs ou rentre ses boules. On mesure aujourd’hui à quel point, avec ce débat sur le Mercosur, on a un rendez-vous particulier par rapport et face au monde agricole. Si le monde agricole est bien sûr coutumier, familier, habitué de la compétition, de la concurrence, il est évident que celle-ci ne peut s’exercer que de façon équilibrée, avec les mêmes règles, avec les mêmes armes.
Et si demain nos marchés européens sont envahis par la viande de bœuf, par la viande de volaille, par l’éthanol, par le sucre, faisant s’écrouler des pans entiers de notre activité rurale, économique, agronomique, il est évident que ce sera un échec collectif. Dès lors, c’est avec beaucoup d’insistance que je me permets de relayer le message du monde rural qui est le nôtre, ce message aujourd’hui destiné au Parlement européen qui devra prendre une décision importante sous forme de ratification ou de rejet dans les prochaines semaines.
Parce qu’on le sait, mesdames et messieurs, nous souhaitons vraiment traduire ce message à votre attention parce que nous mesurons à quel point votre rôle est essentiel en termes d’autonomie alimentaire, en termes de sécurité de nos approvisionnements pour le futur. Vous avez été là pendant le Covid, vous avez été là à tout moment dans notre histoire.
Nous n’oublions pas notre message est donc un message non seulement de soutien, mais aussi de respect et, si vous me permettez, un message d’affection pour votre métier et pour ce que vous représentez. Je vais le faire de façon succincte parce que les orateurs qui vont me succéder vont l’aborder de façon plus argumentée encore et détaillée. Indiquer à quel point, mesdames et messieurs, vous l’observez, vous le constatez comme moi, depuis l’installation des différentes majorités fédérales, communautaires, régionales, résolument, nous avons pris et nous avons traduit en un grand nombre de réformes.
Nous avons pris l’engagement de traduire rapidement en décisions politiques, finalement, des pans entiers de notre programme, des engagements concrets que nous avions pris devant nos électeurs et devant la population, mais aussi ces engagements qui avaient permis, comme Benoît l’a rappelé, que nous devenions non seulement dans l’espace francophone la première famille politique, mais ici même, dans notre province, la première famille politique dans la plupart des scrutins électoraux.
Ces réformes, mesdames et messieurs, moi qui ai quand même maintenant quelques années de travail politique, je n’avais jamais connu aussi rapidement une vague, des vagues de réformes aussi importantes. Jugez-en plutôt : Valérie Glatigny est devant moi. Rien qu’à la communauté française, on pourrait lister pendant de longues minutes les réformes, mais notons le retour, évidemment, de cette valeur travail, effort, reconnaissance des enseignants, des directions. Le test clé, calculer, lire, écrire pour les compétences de base, l’interdiction du GSM, le fait de relever les seuils de réussite de 50 à 60%, par exemple. Monsieur le ministre président, le fait de diminuer les droits d’enregistrement immédiatement à 3% pour la maison principale, la diminution à terme des droits de succession, des simplifications administratives à l’initiative de Jacqueline Galland et bien d’autres réformes encore.
Et au niveau fédéral, alors là, Monsieur le chef de groupe, monsieur le ministre, alors là, je dois dire que ça a déménagé, si vous me permettez l’expression. Bien sûr, les dispositions concernant le marché du travail, la limitation à deux années des allocations de chômage dans le temps qui allait provoquer un cataclysme absolu, que l’on cherche toujours en tout cas dans notre province, les dispositions concernant le retour du nucléaire dans notre panel énergétique sont aujourd’hui une réalité, mais tant d’autres décisions encore. concernant par exemple le travail étudiant, la flexibilité des heures supplémentaires, les flexi-jobs, d’autres dispositions, Bernard, concernant la présence de nos forces de police en rue, la lutte contre un certain nombre d’organismes ou de structures dont l’objectif est de combattre nos valeurs plutôt que d’y souscrire et tant d’autres réformes encore, qui me font dire, mesdames et messieurs, que notre famille politique a pleinement pris conscience des enjeux qui sont les nôtres.
Lorsqu’on voit l’état de notre pays, qui a d’immenses qualités, nous en sommes d’accord. Mais pouvons-nous fermer les yeux, par exemple, sur le fait que nous avons 527 000 personnes qui sont des malades de longue durée en Belgique ? record des pays européens. Mais qu’est-ce qui fait que chez nous, en Belgique, il y aurait tant de raisons qui viendraient justifier un chiffre aussi disproportionné par rapport aux autres pays européens ? Plus de 300 000 chômeurs complets indemnisés à l’échelle du pays. Je ne parle que des personnes qui sont indemnisées. Il y a plus de chômeurs complets indemnisés En Belgique, que d’habitants dans notre province de Luxembourg. Comment fait-il que le taux d’emploi reste à 66-67% si on prend les trimestres en Wallonie, dramatiquement bas ? Mesdames et messieurs, ces constats sont évidents. Les réformes qui sont aujourd’hui sur la table, fussent-elles débattues, fussent-elles discutées, fussent-elles contestées, vous en conviendrez, des réformes indispensables.
Et le train des réformes va se poursuivre parce que l’engagement collectif qui est le nôtre C’est un engagement de remettre les fondamentaux de notre société, de nos régions, de nos communautés et de notre pays, de remettre ces fondamentaux en bon ordre, de manière à ce que l’on puisse offrir un certain nombre de perspectives, non seulement à nos concitoyens, non seulement aux concitoyens que vous représentez, mais aussi à l’évidence aux générations futures. Je ne serai pas plus long, mais je voudrais terminer par une considération qui me paraît importante. Vous avez vu ces images, notamment à Liège, où on brûle l’effigie de Georges Louis. Vous avez vu ces démonstrations violentes à Liège précédemment, où on s’en prend à un certain nombre de militants venus simplement rendre hommage et célébrer Jean-Gaulle. Vous avez vu dans un grand nombre d’autres manifestations, non seulement l’expression d’avis différents ou d’opinions contradictoires, mais surtout… la volonté d’influencer, en ce compris de façon violente, les choix qui sont posés, que nous posons, les choix qui sont décidés par les élus légitimement désignés par la population.
Ça, mesdames et messieurs, c’est inacceptable. On prête à Voltaire, et c’était au XVIIIe siècle, puisqu’il est mort en 1778, cette très belle phrase. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites ». mais je me battrai toujours pour que vous puissiez l’exprimer. Eh bien, mesdames et messieurs, Plusieurs siècles plus tard, je crois pouvoir dire que cette expression est extraordinairement d’actualité. Et même si nous sommes prêts à débattre, à être corrélés, à être contestés, jamais, jamais, à l’encontre de qui que ce soit, chez nous, ailleurs, nous n’accepterons des attitudes violentes, des attitudes intimidantes, des attitudes qui quittent le débat légitime et démocratique. Je ne serai pas plus long parce que j’ai un petit compteur ici, vous ne le voyez pas, mais il semble être passé au rouge, ce qui de façon générale dans la vie n’est pas l’idéal.
Politiquement, ce serait véritablement un échec. Je voudrais donc clôturer ces quelques mots en vous redisant toute mon amitié, en vous souhaitant à vous, à vos proches, à vos familles, à vos sections, à vos activités, une très très belle année et vraiment en vous redisant tout le plaisir. que j’ai, que nous avons, de nous retrouver ici, en cette belle ville de Libramont. Et nous ne manquerons pas de prolonger, après avoir écouté les discours avec une infinie attention, de prolonger un peu la soirée, parce qu’on m’annonce, et Mme Crucifi, la bourgmestre, me l’indique, que les services de déneigement se mettront en route à partir de 5 heures demain matin, nous permettant d’être à l’aise pour prendre un dernier verre, un Orval peut-être, entre nous et entre amis.
Vive les libéraux ! Merci et bonne année !




