A Liège, les vœux du MR ont été l’occasion de dénoncer la violence contre les événements du parti ainsi que de préciser les grands axes politique de ce début 2026, en matière de mutuelles ou de surpopulation carcérale notamment.

L’ambiance est toujours très chaude lors des vœux du MR à Liège, que ce soit dans la salle ou à l’extérieur, où des manifestants sont présents chaque année. Cette fois, il avait pourtant été question que l’événement ne puisse pas se tenir au Palais des Congrès pour des raisons de sécurité, mais il y a bien eu lieu. Comme l’a souligné le président provincial liégeois Mathieu Bihet, « le Palais des Congrès de Liège est un lieu symbolique, un lieu de tradition, un lieu qui dit quelque chose d’essentiel : le MR est chez lui à Liège, comme il l’est partout où la démocratie s’exerce librement ».

Mathieu Bihet a d’abord rendu hommage à son prédécesseur Pierre-Yves Jeholet. « Grâce lui, le MR est devenu la 1e force politique de la province, comptabilisant près de 40 mayorats et près de 500 élus. Ce succès n’est ni un hasard, ni un accident : il est le fruit d’un investissement total, d’une ligne politique claire, d’accords ambitieux conclus avec détermination et d’une vision assumée pour notre province, pour la Wallonie et pour le pays ».

Il est ensuite revenu sur les violences dont le MR a fait l’objet ces derniers mois à Liège : « ces derniers mois, plusieurs rassemblements du MR à Liège ont été perturbés et entachés de violences par des groupuscules d’extrême-gauche qui se prétendent antifascistes mais qui, en réalité, se mettent eux-mêmes hors-jeu du champ démocratique. Ils font partie de ce petit club à gauche qui refuse le résultat des urnes. Le MR n’a pas à se cacher. Le MR n’a pas à s’excuser d’exister. Le MR n’a pas à renoncer à occuper l’espace public et démocratique ! Nous le disons sans ambiguïté : le respect de l’autorité, de l’État de droit et de celles et ceux qui le font vivre n’est pas négociable. Et s’il y a, à l’extérieur, des manifestants décidés à troubler la fête, qu’ils le sachent : on ne rejoue pas indéfiniment le résultat des élections. La démocratie a parlé. Elle s’impose à tous.

Celui qui est aussi ministre fédéral de l’Energie est également revenu sur quelques grands acquis du MR : « Être libéral, être un réformateur, c’est une méthode. Nous ne promettons pas tout à tout le monde. Mais nous faisons ce pour quoi nous avons été élus. La fin du chômage illimité dans le temps : on l’a dit, on l’a fait. Le retour du nucléaire : on l’a dit, on l’a fait. La réforme fiscale et l’augmentation de la quotité exemptée d’impôts : on l’a dit, on l’a fait. La diminution des droits d’enregistrement : on l’a dit, on l’a fait. L’augmentation de l’exigence dans notre enseignement : on l’a dit, on l’a fait. C’est cela, la méthode libérale : des réformes et de l’efficacité.

Cédric de Buf, président national des Jeunes MR, et Olivier Humblet, président des Jeunes MR de la province de Liège, ont ensuite pris la parole, en rendant hommage à la ville où ils ont étudié : « Liège est une ville universitaire, une ville de savoirs, de pluralisme et de débat. Nous refusons que les campus deviennent des espaces restreints et idéologiquement fermés. Nous voulons débattre sans intimidation. Nous avons le droit de commémorer la mémoire de Jean Gol. Nous avons le droit de débattre sur les campus et d’y apporter une vision libérale, moderne et responsable. En particulier à propos d’Intelligence Artificielle, de climat et de justice sociale. L’Intelligence artificelle : pas de fantasme ni de peur, mais une manière de définir les opportunités de demain. Le climat : pas de slogans ou de punitions, mais des solutions crédibles et efficaces. La justice sociale : à travers la reconnaissance du travail et de l’effort. A gauche, certains feraient bien de s’inspirer de la phrase de Kennedy et de la paraphraser : Ne vous demandez pas ce que la société peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la société ».

Eléonore Simonet, ministre fédérale des PME et Indépendants, est ensuite montée sur scène pour répondre à quelques questions et mettre en avant quelques-uns de ses projets. « Dès 2026, les commerces pourront ouvrir tous les jours, y compris le dimanche, jusqu’à 21 h, s’ils le souhaitent. Une mesure de liberté économique pour soutenir à la fois les indépendants et les travailleurs. Ce n’est pas un retour en arrière, c’est un équilibre retrouvé entre droits et responsabilités, entre employeurs et employés. C’est une vision libérale, moderne et humaine du travail ». Elle a également évoqué la flexibilisation du marché du travail qui permet d’adapter notre économie aux réalités du terrain : « L’extension des flexi-jobs à tous les secteurs dès le 1er avril est une réforme majeure : plus d’équité, plus de liberté, plus d’opportunités. Le plafond de revenus passe de 12 000 € à 18 000 €, offrant un vrai coup de pouce à ceux qui veulent travailler davantage. Et ce n’est pas tout : suppression de l’interdiction du travail de nuit, augmentation des heures supplémentaires volontaires jusqu’à 450 heures, retour de la période d’essai,  limitation des délais de préavis à 1 an, accompagnement de 100 000 malades de longue durée vers le travail sont autant de mesures qui vont dynamiser le monde du travail.

Le président du MR a conclu la séance académique avec son discours. Il a d’abord évoqué les incidents qui se déroulaient à l’extérieur. « Je viens de lire dans la presse que, manifestement, ils ont écrit « Bouchez au bûcher »… Ils ont également mis le feu à une effigie censée me représenter. Et figurez-vous que ces gens se présentent comme des antifascistes. Ces mêmes personnes prétendent incarner la démocratie et le camp du bien… mais se permettent de brûler l’effigie d’un opposant politique. Il y a là comme une inversion des rôles. C’est tout de même particulier quand ceux qui disent défendre la démocratie adoptent les procédés des fascistes et quand ceux qui prétendent aimer le débat public cherchent à le faire taire ».

Georges-Louis Bouchez a aussi rappelé pourquoi il était important de se réunir à Liège : « Pourquoi refusons‑nous de changer d’endroit ? Pour une raison simple : si nous entrons dans cette logique, nous, les libéraux, renoncerions à des libertés fondamentales ! L’absence de solidarité des autres formations politiques démocratiques et l’absence d’indignation dans une partie de la presse est inacceptable ! Car ils pensent qu’aujourd’hui, cela ne concerne que le MR. Mais demain, ce sera Les Engagés. Plus tard, peut‑être des modérés du PS. Et, ensuite, simplement des libres penseurs ».

Le président du MR est ensuite revenu sur les réformes nécessaires menées à tous les niveaux : « chaque enfant qui naît aujourd’hui en Belgique porte déjà une dette de 50 à 60 000 €. Une somme que nos enfants devront rembourser, tout en assurant leur propre avenir et la solidarité de leur génération. Le MR veut garantir que nos enfants puissent encore compter sur un système social solide. Le vrai parti social, ce n’est pas celui qui vide les caisses jusqu’au dernier centime, mais celui qui s’assure qu’elles seront encore pleines pour les décennies à venir. Le vrai parti social, ce n’est pas celui qui promet l’argent magique, mais celui qui rappelle que l’État, c’est chacune et chacun d’entre nous. Que nous devons tous contribuer selon nos moyens et recevoir au moment où la vie nous frappe, sans attendre que les autres travaillent à notre place. Le vrai parti social, Mesdames et Messieurs, le vrai parti des travailleuses et des travailleurs, c’est le MR ».

Georges-Louis Bouchez a ensuite salué l’action du ministre de l’Energie Mathieu Bihet, qui a mis fin à la sortie du nucléaire et qui garantit l’avenir de notre avenir énergétique.

Il a dénoncé les caricatures de l’action du MR dans la presse. « J’ai été heurté de lire des articles, chaque jour plus impatients, nourris par une opposition avide de drames et de caricatures, cherchant à montrer que nous serions des personnes inhumaines. On annonçait des files interminables dans les CPAS, des heures d’attente… Et finalement, les choses sont prises en main, elles se passent en douceur. Je le répète : cette mesure n’a pas été prise pour faire mal aux gens. Car il ne faut pas se tromper, ce qui fait vraiment mal, c’est l’inactivité ».

Même réflexe vis-à-vis de la communication de la semaine sur les mutuelles, déjà déformées par l’opposition. Le MR n’a jamais dit qu’il fallait taxer l’assurance obligatoire. Nous parlons bien des produits d’assurance complémentaires, ceux pour lesquels les mutuelles sont en concurrence directe avec des organismes privés, comme DKV. Ces organismes vendent exactement les mêmes produits. Pourtant, pendant que par exemple la DKV paie plus de 100 millions € d’impôts, les mutuelles, elles, paient 0. Est‑ce que c’est normal ? »

En matière de sécurité, Georges-Louis Bouchez a rappelé les priorités du MR pour lutter contre la surpopulation carcérale. « Il est inacceptable que, dans nos prisons, 43 % des détenus ne soient pas de nationalité belge. C’est le double de la moyenne européenne. Certains vont crier au fascisme ou à l’extrême droite. Mais est‑ce être d’extrême droite que de citer un chiffre officiel et de dire qu’il doit nous interroger ? Ce chiffre doit nous amener à réfléchir à notre politique migratoire et à notre rapport à l’immigration. La Belgique est, et doit rester, une terre d’accueil. Un pays qui permet l’intégration des femmes et des hommes qui fuient la guerre ou cherchent un avenir meilleur en travaillant et en participant à notre société. Mais nous devons être fermes à l’égard de celles et ceux qui sont venus pour profiter du système, pour commettre des abus, pour entrer de manière illégale sur notre territoire ».

En conclusion, il a appelé au courage face à l’adversité. « Soyons courageux. Parce que le courage, c’est la seule chose qui permet de réaliser et de faire la différence. Alors bien sûr, il y a le confort des mots creux… ceux des libéraux KIDIBUL. Ils se disent libéraux, mais parlent comme la gauche. Très spécial. Je les vois, ceux‑là, jouer la facilité plutôt que le courage des convictions. Quand je suis devenu président du MR, le mot libéral était presqu’interdit. Aujourd’hui, ils se revendiquent tous du libéralisme. Mais les vrais libéraux, les courageux, les constants, les fidèles à nos valeurs… ils sont ici, ce soir. Ce sont eux qui portent et mettent en œuvre ce que nous avons toujours défendu ».

La tournée des vœux se poursuit ce jeudi 8 janvier à Bruxelles.