Durant la soirée, le MR et ses personnalités ont aussi évoqué le soutien aux PME, la taxation des mutuelles ou encore les conditions d’octroi de la nationalité belge.
La tournée des vœux du MR s’arrêtait à Eupen ce lundi 5 janvier, pour les vœux du PFF, le parti libéral germanophone.
En ouverture, le président national des Jeunes MR Cédric De Buf et la présidente des Jeunes PFF Maëlle Locht ont pris la parole en délivrant un message optimiste : « Arrêtons de faire peur aux jeunes. Leur futur est plein d’opportunités, notamment grâce à la révolution de l’intelligence artificielle. Misons sur l’innovation plutôt que sur la punition. Croyons en un projet positif pour l’avenir ».
Ensuite, le ministre germanophone de la Culture, des Sports, du Tourisme et des Médias Gregor Freches a tenu un discours résolument libéral axé sur le développement économique local : « Notre économie dépend de beaucoup de facteurs, mais ici, ce que nous avons vraiment en main, c’est l’horeca et le tourisme, véritables moteurs de croissance locale en Wallonie. Nous venons de lancer une stratégie touristique pour allonger la durée moyenne de séjour dans les Cantons de l’Est, en passant de 2,4 à 3,4 jours par visiteur, dans la lignée de la tendance à la hausse déjà observée dans la région. Un jour de présence en plus, ce sont des milliers de nuitées supplémentaires, qui se traduisent par des millions d’euros injectés dans nos hôtels, restaurants, commerces et attractions, et donc dans l’emploi local ».
Voilà qui faisait une transition parfaite avec le jeu de questions-réponses proposé par la ministre des PME et Indépendants Eléonore Simonet, qui vient de présenter son plan PME. Elle a déclaré : « Je veux faciliter la vie des PME et des indépendants : accès simplifié aux marchés publics et aux financements, suppression de petites taxes inutiles, simplification administrative et meilleur statut social, en particulier pour les femmes indépendantes. Cela signifie plus de congés et une meilleure protection en cas de maladie, tout en préservant la flexibilité au travail qui fait la force de l’entrepreneuriat, sans hausse des cotisations sociales pour ceux qui prennent des risques et créent de l’emploi. Le MR veut rendre l’entrepreneuriat plus attractif en Belgique. Il faut plus d’opportunités et moins d’obstacles, sans augmenter les dépenses publiques, afin de soutenir durablement nos indépendants et nos PME ».
Le président du MR Georges-Louis Bouchez a conclu la séance académique en évoquant d’abord l’Intelligence Artificielle, qui était au cœur d’une conférence de presse organisée le matin même pour partager les propositions du MR en la matière. « Seulement 5% des investissements mondiaux en capital-risque vont vers l’intelligence artificielle en Europe, contre 52% aux États-Unis et 40% en Chine : voilà la réalité du rapport de force technologique mondial », a expliqué Georges-Louis Bouchez. « Comment voulez-vous que l’Europe garde une place dans le monde lorsque d’autres maîtriseront l’ensemble de ces technologies et que nous serons dépendants de leur bon vouloir pour y avoir accès ? Le jour où la Chine et les États-Unis domineront totalement l’IA, on sera bien malins de faire des tweets pour condamner le président Trump ou vouloir sanctionner Pékin : nous n’aurons tout simplement plus rien à dire ».
Il est aussi revenu sur sa proposition de taxation des mutuelles faite la veille à La Louvière. « Après avoir dénoncé les 6 milliards € de patrimoine des mutuelles et les 400 millions d’impôts éludés, celles-ci expliquent dans la presse qu’elles devront augmenter les cotisations des gens, alors que quand la gauche veut taxer les banques et que les frais bancaires augmentent tous les mois, là ça ne leur pose pas problème. Les gens croient que c’est leur mutuelle qui les rembourse, alors qu’elle n’est qu’un attelage administratif de plus en plus inutile à l’ère de l’intelligence artificielle, dans un système où mutuelles et syndicats défendent avant tout leur business model de la précarité : plus il y a de malades ou de chômeurs, plus ils touchent de frais de gestion ».
L’événement ayant lieu en Communauté germanophone, Georges-Louis Bouchez a également évoqué la suppression du Sénat. « Il faut avancer sur la suppression du Sénat, mais cette réforme peut avoir une conséquence extrêmement dommageable pour la communauté germanophone : elle perdrait sa représentation garantie au niveau fédéral, ce qui serait contraire à l’esprit même de notre État de droit fondé sur l’équilibre entre toutes ses communautés. Je me suis engagé auprès de Gregor Freches à obtenir une représentation garantie de la communauté germanophone au Parlement fédéral, car vous êtes l’une des entités les plus efficaces en termes d’emploi, de gestion publique et d’enseignement. La Belgique, ce sont 3 langues qui doivent toutes être présentes au cœur de nos institutions », a déclaré le président du MR.
Enfin, Georges-Louis Bouchez a rappelé son engagement à renforcer le sentiment d’appartenance à la Belgique. « Nous déposerons un texte au Parlement pour durcir les conditions d’accès à la nationalité, car aujourd’hui on peut rater son parcours d’intégration et malgré tout devenir belge, ce qui n’est pas acceptable pour un pays qui veut rester ouvert mais aussi respecté. Être belge, ce n’est pas un droit, c’est un honneur : c’est faire partie d’un des pays les plus progressistes et les plus prospères du monde, qui porte un projet et un idéal libéral, et ce texte veut à la fois récompenser ceux qui viennent ici pour construire la Belgique et envoyer un signal clair à ceux qui la considèrent comme un paillasson », a-t-il conclu.
Découvrez le discours du président à Eupen




