La santé mentale laissée de côté

La santé mentale n’a pas suffisamment été prise en compte dans la gestion de la crise Covid-19. Une prise en charge globale de la santé, tant physique que mentale, est pourtant indispensable. Le MR souhaite que la santé mentale devienne une cause nationale et souhaite porter des propositions destinées à l’ensemble de la population mais aussi plus spécifiquement pour les jeunes, les indépendants et les familles plus précaires, particulièrement touchés.

Les spécialistes observent deux phénomènes majeurs en résultat à cette crise qui dure bien plus longtemps qu’anticipé : soit un confinement psychologique où l’on finit par s’enfermer chaque jour un peu plus, soit nous faisons preuve de réactance, à savoir le rejet pur et simple de toutes les mesures mettant ainsi en danger soi-même et nos proches. Que le curseur soit d’un côté ou de l’autre, les conséquences en sont lourdes. Le manque de perspectives et le cumul d’informations anxiogènes ajoutent au mal-être. C’est pour cela que le MR plaide pour une meilleure intégration des enjeux de santé mentale dans la gestion de la crise : non seulement tenir compte de la réalité psychologique pour augmenter l’adhésion aux mesures et donc ainsi, freiner l’évolution de la pandémie, mais en plus pour préparer notre monde d’après. Prétendre que nous n’aurons pas été abîmés par cette crise sanitaire qui dure depuis plus d’un est au mieux de la naïveté, au pire de l’aveuglement. Alors, on agit pour notre bien-être !

Nous avons décidé de concentrer notre action sur 3 groupes cibles :

01. Les jeunes

Liberté et contacts sociaux sont essentiels dans leur construction, ils ont été des victimes collatérales importantes de cette crise. Ils sont particulièrement en perte de repères : troubles psychologiques, dépression, angoisses, suicides, harcèlement, etc.

Les Ministres MR, Pierre-Yves Jeholet (Ministre Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles) et la Ministre Valérie Glatigny  (Ministre de l’Enseignement supérieur) défendent une prise en considération plus importante de cette problématique, notamment via l’agrandissement de la bulle de kot, l’augmentation de la prévention via les PMS, le retour en présentiel et la reprise des activités sportives sous conditions.

02. Les indépendants

Ils souffrent tant financièrement que psychologiquement. Il s’agira donc, à court terme, de les soutenir non seulement financièrement mais également moralement. Il s’agira également, à moyen terme, de leur donner le droit au rebond afin d’offrir une alternative aux faillites en masse qui se profilent.

Ainsi, l’entrepreneur en difficulté peut se réinventer en partant de de l’existant : développer sa résilience. Nous plaidons pour la mise en place d’une task-force holistique avec une équipe multidisciplinaire. Les lignes d’écoute et services de 1ère ligne mis en place doivent être renforcés.

03. Les familles précarisées

Également un public cible prioritaire à prendre en considération dans la gestion « psychique » de la crise. L’accès aux soins de santé, y compris de santé mentale, sont particulièrement compliqués pour les familles précarisées.

Il s’agira dès lors d’améliorer l’accessibilité des services existants pour des publics spécifiques, de faire baisser la consommation de médicaments psychotropes en améliorant l’accessibilité des psychothérapies sous formes diversifiées pour les publics les plus précaires et de réduire les listes d’attente pour ces dernières.

Nos propositions

Sur le court terme

  • Adapter la communication:
    • adresser des messages spécifiques à des publics spécifiques
    • arrêter les communications anxiogènes, alarmistes et autoritaires
    • lutter contre l’infodémie, c’est-à-dire promouvoir des comportements sains et atténuer les effets néfastes de la diffusion d’informations fausses et trompeuses
  • Faire de la promotion de la santé mentale
  • Investir dans la formation des travailleurs qui ont perdu leur emploi afin de pouvoir augmenter leur chance de trouver un travail post levée des mesures de protection
  • Favoriser l’empowerment (favoriser l’implication du citoyen, lui donner le pouvoir d’agir)
  • Renforcer « les points d’accès et d’information » pour orienter de manière optimale les personnes présentant des problèmes de santé mentale : renforcer les centres de planning familiaux, les relais santé, les CPAS etc. Cela nécessite une bonne distribution géographique.

Nos propositions

Sur le moyen et long terme

  • Pour que les prochaines politiques soient efficaces, il est important de connaitre d’abord le nombre de personnes ayant besoin de ces soins, le type de soins nécessaire et les prestataires pouvant offrir ces soins. Aujourd’hui, il n’existe pas de données fiables dans notre pays. On ne sait donc pas si les soins actuels sont suffisants et appropriés, il faut donc des systèmes d’enregistrement efficaces avec la prudence nécessaire
  • Les autorités fédérales et fédérales doivent poursuivre de manière conjointe les politiques de santé mentale. Dans ce cadre, nous soutenons dans le cadre du développement de la réforme Psy107 :
    • une modification mécanisme de financement de la réforme « Psy 107 » afin d’attribuer des moyens financiers structurels directement aux services ambulatoires et d’hébergement extrahospitalier
    • l’accompagnement d’un transfert de budget de l’État fédéral vers les entités fédérées. La notion de « retour sur investissement » entre les niveaux de pouvoir doit être davantage intégrée
  • Dans le secteur des soins de santé, la formation et le développement doivent être développé afin que le secteur soit prêt à intervenir dans des situations de crise
  • Permettre un accès direct à la 1ère ligne de soins psychologiques (le psychologue clinicien), cela implique que les patients puissent y accéder directement sans devoir passer par une prescription préalable. L’accès au psychiatre resterait conditionné à une prescription du MG ou d’un psychologue clinicien. Le remboursement sera limité à un certain nombre de séances (ex : 8 )

Proposition de résolution

Instaurer un plan stratégique «santé mentale» en Région bruxelloise

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