Dans le cadre de la Vision pour l’Agriculture et l’Alimentation, la Commission européenne a annoncé son ambition de présenter une stratégie européenne dédiée à l’élevage. En amont de cette initiative, la commission de l’Agriculture du Parlement européen a pris les devants en élaborant un rapport d’initiative intitulé : « Comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE compte tenu de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire, la résilience des agriculteurs et de répondre aux défis posés par les maladies animales ».

Ce rapport vise à formuler des recommandations concrètes à la Commission européenne afin de répondre aux défis majeurs auxquels le secteur est confronté.

 Un secteur à un tournant critique

« Le secteur européen de l’élevage traverse aujourd’hui une période charnière. En l’espace de dix ans, l’Union européenne a perdu près de trois millions d’exploitations agricoles, dont une majorité dans l’élevage, tandis que le cheptel ne cesse de diminuer dans l’ensemble des filières.

Dans le même temps, les crises sanitaires se multiplient à travers l’Europe, alors même que les coûts de production et la charge administrative augmentent fortement. À cela s’ajoute un défi majeur : le renouvellement des générations » alerte Benoît Cassart, rapporteur pour le groupe Renew Europe, président-initiateur de l’intergroupe sur l’élevage durable. Et il continue, « face à cette situation, il est urgent d’agir. Ce rapport d’initiative dresse un état des lieux lucide des défis économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires et commerciaux auxquels le secteur est confronté, tout en proposant des solutions structurantes pour assurer son avenir. Nous attendons maintenant des actions concrètes et rapides de la part de la Commission européenne. Nous attirons aussi l’attention sur les dangers d’une renationalisation de la politique agricole commune (PAC) pour le secteur de l’élevage. »

Des propositions fortes et transpartisanes

Plus de 70 compromis ont été négociés et soutenus par plusieurs groupes politiques (PPE, S&D, Renew et ECR), témoignant d’une large convergence au Parlement européen.

Parmi les principales recommandations :

  • La création d’un Groupe à haut niveau sur l’élevage, réunissant l’ensemble des parties prenantes, afin de proposer des solutions concrètes aux défis du secteur ;
  • La nécessité de stopper la décapitalisation du secteur et de valoriser le rôle essentiel de l’élevage pour la biodiversité, les sols et les paysages ;
  • Le soutien au renouvellement des générations, notamment via un meilleur accès à la terre, au crédit et aux systèmes de remplacement ;
  • Le maintien des aides couplées dans la Politique agricole commune (PAC) pour soutenir le revenu des éleveurs ;
  • L’élaboration d’une stratégie européenne sur les protéines végétales pour réduire la dépendance aux importations ;
  • Le lancement d’un plan d’amélioration génétique du cheptel européen ;
  • Une meilleure cohérence entre politiques environnementales, agricoles et commerciales, notamment via les clauses miroirs ;
  • L’accélération des autorisations pour les alternatives aux fertilisants chimiques comme RENURE ;
  • La reconnaissance du rôle de l’élevage dans l’économie circulaire, notamment via le biogaz et le biométhane ;
  • La mise en place de financements pour compenser les pertes liées aux attaques de prédateurs ;
  • Le renforcement des mesures de prévention, de surveillance et de réponse face aux maladies animales ;
  • Le développement et le déploiement de vaccins innovants, ainsi que la facilitation de leur accès au niveau européen.

 Le rapport a été adopté avec 40 vote(s) en faveur, 0 abstention(s) et 8 votes contre.

 Prochaines étapes

Le vote final sur ce rapport d’initiative aura lieu lors de la plénière d’avril.