À la suite d’images générées par l’IA Grok de X, déshabillant des femmes et des mineurs sans consentement, la députée fédérale MR Victoria Vandeberg est intervenue en séance plénière de la Chambre ce jeudi pour réclamer une réaction rapide et coordonnée.
Le scandale Grok sur X montre à quel point chacun peut aujourd’hui perdre en quelques secondes le contrôle de son image, être sexualisé, humilié, y compris lorsqu’il s’agit de mineurs.
En séance plénière, la députée fédérale MR a rappelé qu’une enquête de l’ONG AI Forensics , révélait que, sur la semaine du 25 décembre, plus de la moitié des 20 000 images générées par l’IA Grok sur X représentaient des personnes partiellement dénudées. 81 % concernaient des femmes et sur certaines il s’agissait même de mineurs.
« Aujourd’hui, n’importe quelle femme, n’importe quelle jeune fille, peut perdre le contrôle de son image en un instant, la voir détournée, falsifiée, parfois humiliée, sans aucun contrôle sur ce qu’elle devient, » dénonce la députée MR Victoria Vandeberg.
Face à cette déferlante de deepfakes sexuels, la France a déjà ouvert une enquête judiciaire par la voie de la Ministre déléguée chargée à l’intelligence artificielle et du numérique tandis que l’Allemagne, l’Inde, la Malaisie ou encore le Brésil prennent des mesures pour encadrer ces usages abusifs de l’intelligence artificielle.
Le réseau X a lui-même reconnu des « failles » ayant permis la génération d’images à caractère sexuel de mineurs, sous la pression des autorités et de l’opinion publique.
« Nous ne pouvons être passif face à ce détournement de l’IA et agir rapidement car ces pratiques détruisent des vies, portent atteinte à la dignité et constituent des infractions pénales à part entière, » poursuit Victoria Vandeberg.
Le MR rappelle que deux leviers existent et permettent d’agir immédiatement :
- Sur le plan pénal, un cas similaire touchant des citoyens belges peut conduire à la saisine du procureur du Roi pour poursuivre les montages sexuels non consentis, la sexualisation de mineurs, le harcèlement, les propos haineux ou racistes.
- Sur le plan régulatoire, l’IBPT dispose du pouvoir d’enquêter sur les manquements systémiques des grandes plateformes, par exemple concernant des mesures de protection des mineurs sur leur services, d’imposer des mesures correctrices et, le cas échéant, des amendes importantes (via l’UE).
Le groupe MR à la Chambre demande dès lors : la potentielle saisine du parquet en cas de signalement de deepfakes sexuels ou de contenus pédopornographiques générés par IA visant des personnes identifiables en Belgique, l’ouverture par l’IBPT et les autorités DSA compétentes d’un dossier formel sur X et Grok, ainsi qu’une feuille de route claire du Gouvernement pour adapter et appliquer notre cadre légal.
Être pionnier du numérique, ce n’est pas écrire une loi et passer à autre chose : c’est la mettre à jour, la faire appliquer et la faire respecter, pour protéger concrètement nos citoyennes et nos citoyens.




